‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 44 sur 128 · A M0\ FRERE · texte numérisé non relu

A M0\ FRERE

I , tu verras à Venise, Dans la cour du palais ducal, Ciselé d'une main exquise.

Deux puits revêtus de métal.

Sur trois marches de pierre humides S'élèvent leurs vasques d'airain.

Ce ne sont que cariatides, Sirène, monstre, dieu marin.

Plaques de bronze niellées, Arabesques à l'infini.

Qu'on pourrait croire ciselées Par Benvenuto Cellini.

C'est là que, sveltes, court vêtues, Tout le jour les porteuses d'eau, En découvrant leurs jambes nues, Plongent et retirent leur seau.

Puis elles repartent vermeilles Du côté de la Piazzetta.

Sans un regard pour les merveilles Qu'à pleines mains l'art y jeta.

Et pourtant, ô cour sans rivale !

Escalier des Géants, portail.

Palais à fenêtre ogivale, Pignons dentelés, noir vitrail.

Vieux transept de la basilique, Prison au toit de plomb, tombeau, Dôme, horloge, arcade gothique :

Quel lieu sur la terre est plus beau?

Au balcon de la haute loge, Malade et dévoré d'ennuis, Un pâle enfant, le fils du doge.

Se penche et regarde les puits.

Fiévreux, il attend qu'apparaisse Une forme au charmant contour Qui sur la margelle se baisse Et se relève tour à tour.

Enfin il voit sa bien-aimée, Pieds nus, chantant un gai refrain, Qui vient à l'heure accoutumée Puiser aux citernes d'airain.

Un instant la vie et sa flamme Étincellent dans son regard; Puis tout s'éteint : il perd son âme Dès que la jeune fille part.

Car c'est la jeune Bigolante Qui prit son cœur sans le vouloir; Et la plébéienne insolente Ne semble pas même le voir!

Sur un lit à colonnes torses Qu'abrite un baldaquin doré.

Le fils du doge gît sans forces, Le front morne et décoloré.

LA BIGOLANTE 147

A quinze ans î à l'âge où la vie Doit s'épanouir dans sa fleur, Où le corps et l'âme ravie Devraient ignorer la douleur 1

La dogaresse consternée Consulte et pleure vainement; Son fils, dans sa fièvre obstinée, Se meurt silencieusement.

— « Oh ! parle 1 Tu peux tout me dire. As-tu quelques chagrins secrets?

Va, tout ce que ton cœur désire, Tu l'auras, je te le promets. »

C'est ainsi que la pauvre mère Prie et pleure au chevet du lit.

L'enfant soulève sa paupière.

Rougit, soupire et puis pâlit.

Il murmure : « O mère chérie !

Je vais te dire, je voudrais Du balcon de la galerie Voir encor la cour du Palais. »

On le couvre de blanche laine.

De molle hermine et d'édredon; Un géant à la peau d'ébène L'emporte comme un nourrisson.

Sa mère, auprès de lui tremblante, Dit : « Rentrons, voici le serein.

— « Non, je veux voir la Bigolante Remplir ses seaux au puits d'airain. »

Elle vient enfin belle et fière, Sous son noir chapeau frioukis, Et monte les marches de pierre Sans voir les hôtes du palais.

— « C'est assez, mon fils, c'est trop même, Quittons l'air froid de cette cour...

— « Ah! ne vois-tu pas que je l'aime, .Et que je meurs de cet amour?... »

Il s'évanouit. La surprise Arrête la mère un instant :

— « Qu'on m'amène l'enfant qui puise 1 » Dit la dogaresse en sortant.

Dans la salle d'or constellée, Etonnée et l'oeil ébloui, La jeune fille est installée Près du jeune homme évanoui.

LA BIGOLAXTE I49

Le malade enfin se soulève ; Mais quand il voit ces traits chéris, Il se croit le jouet d'un rêve, Et referme ses yeux surpris.

Puis il les rouvre, et, sans rien dire. Lentement s'accoude, et soudain, Pour voir si vraiment il délire, Au cher fantôme il tend la main.

O joie ! il sent une main brune, Brune, mais fine, où le soleil, L'eau des puits, l'air de la lagune Ont laissé leur baiser vermeil.

Il la prend, l'étreint et la pose Sur son cœur satisfait enfin; Alors de sa paupière close Jaillissent de longs pleurs sans fin.

— « Mon fils, qu'as-tu? lui dit sa mère, Calme-toi, n'es-tu pas heureux?

As-tu quelque autre peine amère ?

Dis-nous encor ce que tu veux!

— « Je ne veux rien, plus rien au monde. Ni même dans l'éternité.

Rien que cette ivresse profonde Que je savoure à son côté.

« Nous nous marierons 1 Quelle fête !

Et nous nous aimerons toujours! »

La jeune fille stupéfaite Se lève et répond sans détours,

En retirant sa main pressée Des mains du pâle enfant princier :

— « Monseigneur, je suis fiancée, Et j'aime Azo le gondolier. »

L'enfant crie : une rouge écume Monte à sa lèvre qui se tord...

Le cœur brisé par l'amertume,

Le fils du doge tombe mort.

A Saint-Marc, l'église ducale, Le fils du doge est enterré ; Sa mère sous la même dalle A rejoint son fils adoré.

Souvent, auprès du mausolée, On voit dans l'ombre du pilier Pleurer une forme voilée :

C'est la femme du gondolier.

IIGOLANTE

La Bigolante est toujours belle; Le temps n'a fait que l'effleurer.

Mais qu'elle est pâle ! Soutïre-t-elle ? Pourquoi vient-elle donc pleurer?

C'est que de la dalle glacée Un appel invincible sort; Toute autre image est effacée :

L'enfant a vaincu par la mort.

Elle l'aime, et la pauvre femme, Désormais blessée à son tour.

Languit et meurt pour la jeune âme Dont elle a dédaigné l'amour.

HELVETIui

Un pour tous !

vy pays des glaciers, des lacs, des hommes libres, Air pur où l'étranger vient retremper ses fibres, Sublime réservoir de neige et de granit, D'où s'épanchent sans fin les fleuves du vieux monde. O Suisse ! accepte ici ma tendresse profonde : Je t'admire, je t'aime, et mon cœur te bénit.

Ton front est couronné de neiges éternelles ; La foudre ou le soleil se joue en tes prunelles; L'avalanche rapide et tes mille torrents D'une agrafe d'argent retiennent ta ceinture : Les forêts ont tissé ta robe de verdure, Et tu baignes tes pieds dans tes lacs transparents.

Que de temps tu restas inconnue et secrète ! Un peuple de pasteurs fit enfin ta conquête ; Nul désert, nul sommet n'arrêta son élan. Comme un amant jaloux d'une beauté voilée, Il foula jusqu'aux pics où la neige étoilée Depuis l'aube des jours dort sous son voile blanc.

Adossée à tes monts, pacifique guerrière,

Entre l'Europe et toi Dieu mit une barrière :

Les Alpes sur tes flancs dressent leurs bastions.

Ainsi que l'Angleterre à l'abri dans son île.

De ton nid d'aigle, au loin, tu regardes, tranquille,

Passer le flot troublé des révolutions.

Jouis de ta beauté 1 L'art peut la rendre à peine :

Le pinceau n'atteint pas ta taille surhumaine;

Son cadre trop étroit veut un moindre milieu.

La parole essaierait en vain de te décrire ;

Ta grandeur déconcerte, hélas ! même la lyre.

C'est que l'art vient de l'homme, et toi, tu viens de Dieu.

Il nous a montré là sa puissance sans bornes. Il dit au cyclamen : Fleuris sous les pics mornes! Au glacier : Mire-toi dans l'eau du lac dormant ! Au mélèze éperdu : Penche-toi sur l'abîme ! Au mont Blanc : Vers le ciel monte en dôme sublime. Et que le grandiose ait un aspect charmant 1

Heureux le voyageur, l'amant ou le poète, Qui contemple de près ta majesté muette, Plonge ses yeux lassés dans tes lacs toujours bleus. Ou rafraîchit sa lèvre à tes claires fontaines, Ou d'un roc escarpé voit les Alpes lointaines S'enfuir à l'horizon en sommets onduleux !

Heureux, et plus encor, celui que Dieu fit naître Sur ton sol fortuné, dans quelque lieu champêtre, Pour y vivre et mourir libre parmi les siens ! Ah! si jamais l'exil m'arrachait de la France, C'est là que je voudrais abriter ma souflFrance Et donner à mon cœur ses vrais concitoyens!

Champ d'asile, place choisie

Où les meilleurs et les plus grands,

Les amants de la poésie

Et les ennemis des tyrans.

Loin des foules toujours serviles,

Fuyaient le tumulte des villes,

Staël, Rousseau, Voltaire, Byronl

Tu t'embellis de leur mémoire.

Et leur gloire ajoute à ta gloire

Un impérissable fleuron.

HEL^'ETIA 155

Tes beautés n'ont pas de pareilles.

Pour en former les traits divers,

Dieu choisit toutes les merveilles

Dont il a semé l'univers.

Sur tes monts et dans tes v.illées,

Il les a toutes rassemblées,

Du sublime jusqu'au joli :

Ainsi cet empereur de Rome

Prit tous les chefs-d'œuvre de l'homme

Pour son jardin de Tivoli.

Ici, dans leur paix inconnue.

Les pics neigeux planent dans l'air;

Leur tête dépasse la nue,

Et leur flanc voit ramper l'éclair.

Là-bas, comme des coupes pleines,

Les lacs se creusent dans les plaines;

Là le Giesbach tombe et mugit;

Plus loin, derrière le Salève,

Le soir, le mont Blanc se soulève

Pour voir la Jungfrau qui rougit.

Lieux charmants, quand vous reverrai-je?

Beau pays d'où mon souvenir,

Ainsi qu'un oiseau pris au piège,

A tant de peine à revenir !

Genève, Lausanne, Lucerne,

Zurich, Berne, où l'esprit moderne

S'est librement épanoui; Clarens, nid caché, paix profonde, Oberland, Eden du vieux monde, Interlak, Rosenlaùi 1

Et vous dont j'ai gravi la cime, Forêts où mon pied s'égara; Schaffhouse, où le Rhin qui s'abîme Fait rêver au Niagara ; Mont Saint-Bernard d'où l'Italie.

Comme une carte qu'on déplie, Se déroule au regard charmé; Et toi, grandiose Engadine, Fleur de beauté, brise divine.

Dont mon cœur reste parfumé!

Et l'âme en ces beaux lieux respire satisfaite. Nulle part l'indigent, venant troubler la fête.

Ne s'impose à l'œil atrristé.

Partout le gai travail, la propreté, l'aisance. Et cet air de bonheur que donne ta présence,

O sainte et saine liberté !

C'est que la liberté, mère des sacrifices,

Au lieu du faste impur et des grandeurs factices

Qui s'écroulent au premier choc. Donne seule aux États une base immuable. Les despotes d'un jour bâtissent sur le sable;

Le peuple bâtit sur le roc.

Le peuple est éternel comme l'eau d'une source : Les générations se suivant dans leur course

Accumulent leur long travail; Un monde peut sortir de ces efforts sans trêve. Voyez ! avec le temps, le madrépore élève

Tout un continent de corail.

Tu t'es ainsi fondée, assise par assise;

Ton peuple, cinq cents ans fidèle à ta devise,

N'eut pour but que le bien commun.

Et, quoique à l'étranger de son sang trop prodigue, Il étendit toujours sa frontière ou sa ligne

Au cri d'un pour tous, tous pour un!

Dès ton adolescence, ô Suisse ! tu fus grande, Et ta première histoire est presque une légende.

Du Griitli le pacte immortel Sur l'océan des jours comme une arche surnage, Et l'écho de tes lacs redira d'âge en âge

La flèche de Guillaume Tell.

Comme Hercule au berceau, ta main rude et loyale Etouffa les replis de l'hj-dre impériale :

Sempach préludait à Granson, La Bourgogne à son tour plia sous tes étreintes. C'était pour te défendre. . . O guerres vraiment saintes !

Gloire sans tache et sans rançon !

Ce fut l'aube des temps modernes; et l'histoire, De ces vils paysans célébrant la victoire,

Apprit au monde féodal Qu'un noble cœur peut battre aussi bien sous la bure, Et qu'au fond la justice est la meilleure armure.

Et le trop de puissance un mal.

Ainsi Dieu te fit belle, et toi, tu te fis libre! Et, conservant toujours ton heureux équilibre.

Tu vas en paix vers l'avenir.

Ce lot est assez beau : qu'ajouterais-je encore? Les prés ont assez bu, le ruisseau peut se clore,

Et cet hvmne devrait finir...

Non! Non! le meilleur reste à dire, Mon cœur est encore trop plein.

Je ne puis apaiser ma lyre

En l'étouffant contre mon sein.

Ma course n'est pas achevée; Autre est l'œuvre que j'ai rêvée :

Je veux accomplir mon dessein.

Sans doute ta beauté m'enchante,

Et j'honore ta liberté ;

Mais si dans ce four je te chante,

Si cet hymne fut mérité,

Si je t'admire et si je t'aime,

C'est pour un autre don suprême,

O Suisse! c'est pour ta bonté!

Ah ! la bonté ! source divine, Inconnue au monde moqueur!

Vertu cachée où se devine La main qui forma notre cœur!

La moindre larme qu'on essuie Vaut cent fois le trône où s'appuie La froide main d'un dur vainqueur.

Oui, tu fus dévouée et bonne envers la France

A l'heure de ses grands revers, Quand tout l'abandonnait, tout, même l'espérance,

l6o POÈMES ÉPARS

Tes bras lui restèrent ouverts.

O bon Samaritain des nations ! toi seule,

Arrachant sa proie au vainqueur, Pauvres soldats blessés qu'allait broyer la meule,

Tu les emportas sur ton cœur; Tu leur fis de tes bras la prison la plus douce,

Et, les réchauffant dans ton sein.

Tu donnas aux vaincus, à ceux que tout repousse,

Place au foyer et part au pain.

Val Travers! Val Travers! port de salut, refuge,

Où cet exode s'assura, Abri dans la tourmente, arche dans le déluge,

Oasis du sombre Jura, C'est toi qui recueillis, qui sauvas cette armée,

(Notre dernière armée, hélas !) Troupe errante, éperdue, épuisée, affamée,

S'entre-choquant sur le verglas.

Traînant ses pieds meurtris dans la neige durcie...

Car l'hiver, cruel jusqu'au bout.

Fit de cette campagne en France une Russie;

Et tout fut notre ennemi, tout!

Alors, pour bien montrer que cette guerre infâme.

Du passé trop sanglant retour.

N'avait pas étouffé dans tout peuple et toute âme

Le rayon divin de l'amour.

Pour qu'en cet océan d'incendie et de crime

Notre regard épouvanté Pût se poser au moins sur quelque pure cime.

Refuge de l'humanité,

HELVETIA l6l

Dieu permit que la Suisse, assise à la frontière,

Vînt recueillir ces délaissés.

Les prît à son foyer, et, douce, hospitalière.

Pansât tous ces pauvres blessés.

Avec une tendresse et de mère et de femme,

En soignant leurs membres meurtris.

Elle n'oubliait pas les blessures de l'âme

Et nous les renvoyait guéris.

Guéris des préjugés, guéris de l'ignorance.

Accrus dans leur saine raison, Rendus meilleurs enfin par l'exil, la souffrance

Et la douceur de leur prison.

Est-ce tout? NonI — Plus tard, quand l'affreuse famine

Menaçait la Franche-Comté, La Suisse, sans rien dire, en fermière, en voisine.

Toujours simple dans sa bonté, Passa notre frontière et s'en vint, les mains pleines ;

Nourrir tout ce peuple accablé, Et pour ensemencer le désert de nos plaines,

Lui donner son orge et son blé !

Ah! que ce grain béni garde, touchant emblème.

Les dons du sol qui l'a porté, Et qu'il fasse germer dans nos champs qu'il ressème

La liberté, l'humanité !

l62 POÈMES ÉPARS

Tout est dit maintenant, ô Suisse vénérée 1

J'ai déchargé mon cœur d'une dette sacrée,

Et peut-être allégé celle de mon pays.

Ah ! si la France heureuse un jour pouvait te rendre...

Non! Puisses-tu n'avoir jamais à te défendre

Sur tes fils massacrés et tes champs envahis !

Reste toujours heureuse et grande ! — Oui, j'ai dit grande

On est grand par le cœur. La Suisse et la Hollande

L'ont prouvé toutes deux en défendant leurs droits.

Athène et la Judée étaient-elles petites?

La force n'y fait rien, pas plus que les limites.

On peut être puissant et petit à la fois.

Continue à montrer à l'Europe attardée La force du bon droit, la grandeur de l'idée. Que la liberté seule a des fruits savoureux. Que par ses sages lois toujours tu te gouvernes, Et que c'est à ce prix que les peuples modernes Peuvent être puissants et s'estimer heureux.

Montre-leur qu'en ton sein, sur tes monts, dans tes villes, Tu nourris, sans danger des discordes civiles. Trois peuples diflférents réunis pour le bien. Leurs usages, leurs dieux, leurs langues sont contraires : Qu'importe ! ils sont contents et vivent tous en frères ; Car c'est la liberté qui fait leur sur lien.

Ah! puisse un jour l'Europe, imitant ton exemple, N'être dans l'avenir qu'une Suisse plus ample, Nouveaux États-Unis des vieux peuples chrétiens! Immense république, où nations et races, De leurs trop longs discords répudiant les traces, Formeraient des cantons libres comme les tiens!

Si c'est une chimère, elle est belle! L'histoire Doit-elle errer toujours dans un cercle illusoire, Comme Samson tournant la meule en sa prison? Des siècles plus actifs sont à l'œuvre pour elle : Le nôtre va finir; l'axe incline et révèle Un meilleur avenir, un plus large horizon.

Et quand ces jours viendront, c'est toi seule, Helvétie, Toi qui les fis comprendre et fus leur prophétie, Q.ui conduiras le chœur de nos amphictyons. Pacifique et sereine en tes Alpes tranquilles, Où notre liberté peut voir ses Thermopyles, Tu jugeras d'en haut toutes les nations.

Septembre iSj2.

QUA'K.T) OX EST JEVKjE

v^u AND on est jeune, on rit souvent de toute chose; La vieillesse nous semble ou grotesque ou morose, Et l'on n'éprouve pas encore à son aspect Ce suprême degré de l'amour, le respect. On ne soupçonne pas ce que cachent ces rides De jeunesse de cœur, de tendresses timides, De désirs refoulés, d'espoirs trop tôt déçus : Dieu voit le fond ; l'enfant ne voit que le dessus. C'est plus tard, quand la vie est un peu mieux connue. Quand le cœur a souôert, quand la tête est chenue. Quand l'homme aimant encor n'inspire plus l'amour, Qu'il pense à faire enfin sur lui-même un retour. Alors naïvement égoïste ou plus sage, Il se prend à songer aux profits de son âge, Et demande aux enfants ce respect du vieillard Qu'il ignorait jadis et qu'il connut trop tard.

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