‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 69 sur 128 · A MADAME VALENTINE MONNIER · texte numérisé non relu

A MADAME VALENTINE MONNIER

V^UAND la nuit se retire et lentement achève Son cours silencieux dans le ciel pâlissant, Quand l'aube frissonnante à l'horizon soulève Les plis du voile où dort l'aurore qu'on pressent:

Chaque étoile, éteignant sa lumière plus brève, S'efiFace, et dans l'éther infini s'enfonçant, Porte aux mondes lointains, que l'on ne voit qu'en ri D'un éternel foyer le rayon incessant.

Une seule s'attarde et longtemps brille encore. Mêlant ses derniers feux aux lueurs de l'aurore. Et ne quitte le ciel que vaincue à moitié.

Cet astre au pur rayon qui lutte et qui persiste Et semble nous jeter un regard doux et triste, K'est-ce pas ton étoile, ô divine amitié?

Menton, février i88j.

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