‹ Œuvres de FourierChapitre 10 sur 350 · XXVI DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XXVI DISCOURS PRÉLIMINAIRE

ont été résolues plusieurs années après; cette théorie a été exposée, pour la première fois, dans un Ouvrage manuscrit remis à Tlnstitut de France à la fin de l'année 1807, et dont il a été publié un extrait dans le Bulletin des Sciences (Société philomathique, année 1808, p, 1 12-1 iG). Nous avons joint à ce Mémoire et remis successivement des Notes assez étendues, concernant la convergence des séries, la diffusion de la chaleur dans un prisme infini, son émission dans les espaces vides d'air, les constructions propres à rendre sensibles les théorèmes principaux, et l'analyse du mouvement périodique à la surface du globe terrestre. Notre second Mémoire sur la propagation de la chaleur a été déposé aux Archives de l'Institut, le 28 septembre i8ii. Il est formé du précédent et des Notes déjà remises ; on y a omis des constructions géométriques et des détails d'Analyse qui n'avaient pas un rapport nécessaire avec la question physique, et l'on a ajouté l'équation générale qui exprime l'état de la surface. Ce second Ouvrage a été livré k l'impression dans le cours de 1821, pour être inséré dans la Collection de l'Académie des Sciences. Il est imprimé sans aucun changement ni addition; le texte est littéralement conforme au Manuscrit déposé, qui fait partie des Archives de l'Institut.

On pourra trouver dans ce Mémoire et dans les écrits qui l'ont précédé un premier exposé des applications que ne contient pas notre Ouvrage actuel; elles seront traitées dans les Mémoires subséquents avec plus d'étendue, et, s'il nous est possible, avec plus de clarté. Les résultats de notre travail concernant ces mêmes questions sont aussi indiqués dans divers articles déjà rendus publics. L'extrait inséré dans les Annales de Chimie et de Physique fait connaître l'ensemble de nos recherches (t. III, p. 35o-376, année 1816). Nous avons publié dans ces Annales deux Notes séparées, concernant la chaleur rayonnante (t. IV, p. 128-145, année 1817, et t. VI, p. 259-3o3, année 1817).

DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xxvii

Divers autres articles du même Recueil présentent les résultats les plus constants de la théorie et des observations; l'utilité etTétendue des connaissances thermologiques ne pouvaient être mieux appréciées que par les célèbres rédacteurs de ces Annales (*).

On trouvera dans le Bulletin des Sciences (Société philomathique, année 1818, p. i-ii, et année 1820, p. 58-70) l'extrait d'un Mémoire sur la température constante ou variable des habitations, et l'exposé des principales conséquences de notre analyse des températures terrestres.

M. Alexandre de Humboldt, dont les recherches embrassent toutes les grandes questions de la Philosophie naturelle, a considéré, sous un point de vue nouveau et très important, les observations des températures propres aux divers climats : Mémoire sur les lignes isothermes (^Société d'Arcueil, t. III, p. 4^2x602, année 1817); Mémoire sur la limite inférieure des neiges perpétuelles (Annales de Chimie et de Physique , t. V, p. 102-112, année 1817, et t. XIV, p. 5-57, année 1820).

Quant aux équations différentielles du mouvement de la chaleur dans les liquides, il en a été fait mention dans l'histoire annuelle de l'Académie des Sciences. Cet extrait de notre Mémoire en montre clairement l'objet et le principe (Analyse des travaux de l' Académie des Sciences, par M. Delambre, année 1820) (^).

L'examen des forces répulsives queja chaleur produit, et qui déterminent les propriétés statiques des gaz, n'appartient pas au sujet analytique que nous avons considéré. Cette question, liée à la théorie de la chaleur rayonnante, vient d'être traitée par l'illustre auteur de la Mécanique céleste, à qui toutes les branches principales de l'Analyse mathématique doivent des découvertes importantes (Connaissance des Temps pour les années 1 824 ^^ J 825).

( * ) Gay-Lussac et Arago. G. D.

(*) Ce Mémoire a été imprimé en i833; il sera publié dans le Tome II. G. D.

xxviii DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

Les théories nouvelles expliquées dans notre Ouvrage sont réunies pour toujours aux Sciences mathématiques et reposent comme elles sur des fondements invariables; elles conserveront tous les éléments qu'elles possèdent aujourd'hui, et elles acquerront continuellement plus d'étendue. On perfectionnera les instruments et Ton multipliera les expériences. L'analyse que nous avons formée sera déduite de méthodes plus générales, c'est-à-dire plus simples et plus fécondes, communes à plusieurs classes de phénomènes. On déterminera, pour les substances solides ou liquides, pour les vapeurs et pour les gaz permanents, toutes les qualités spécifiques relatives à la chaleur, et les variations des coefficients qui les expriment. On observera, dans les divers lieux du globe, les températures du sol à diverses profondeurs, l'intensité de la chaleur solaire et ses effets, ou constants ou variables, dans l'atmosphère, dans l'Océan et les lacs; et l'on connaîtra cette température constante du Ciel, qui est propre aux régions planétaires. La théorie elle-même dirigera toutes ces mesures et en assignera la précision. Elle ne peut faire désormais aucun progrès considérable qui ne soit fondé sur ces expériences; car l'Analyse mathématique peut déduire, des phénomènes généraux et simples, l'expression des lois de la Nature; mais l'application spéciale de ces lois à des effets très composés exige une longue suite d'observations exactes.

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