RÉGIMENTS DE GARNISONS
Artillerie i bataillon
De l'Hôpital, à Mcmel 1
Wobeser, à Pillau 1
Sack, à Colberg 1 »
Persode, à Magdcbourg 1
Total des i^arnisons ... 5 bataillons.
Toute l'armée, tant infanterie que cavalerie, fut mise en quartier dans les villes, alin d'y introduire et d'y maintenir la discipline. Le Roi publia un règlement militaire qui instruisait chaque oflieier de son devoir; il y tenait la main lui-même; des officiers respectables par J'àgc et par le service, étaient à la tête de tous les corps, et ceux-là affermissaient la subordination par
» Margrave Frédéric.
b Prince d'Anhalt - Dcssau.
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leur exemple et par leur sévérité. Le Roi faisait tous les ans la revue des troupes; il leur faisait faire quelques évolutions: et comme il était lui-même l'inspecteur «le son armée, il n'y fut point trompé.
Dans les commencements «pi'on introduisit ces nouveaux exercices, les officiers ignoraient la méthode facile qu'on a trouvée depuis de les enseigner, et ils n'étaient rhétoricieus qu'à coups de bâton, ce qui rendit cet ouvrage long et difficile. On purgea, dans chaque régiment, le corps d'oflieiers de ces gens «lont la conduite ou la naissance ne répondait point au métier «le gens d'honneur qu'ils devaient faire; et depuis, la délicatesse des officiers ne souffrit parmi leurs compagnons que des gens sans reproche.
On rangeait les balaillous sur quatre files: mais ils chargeaient sur trois. Les bataillons contenaient quatre divisions, et chaque division, deux pelotons, la compagnie de grenadiers à part.
Le prince d'Anhalt, qui avait étudié la guerre comme un métier, s'était aperçu qu'on ne lirait pas des fusils tout l'avantage qu'on pouvait en attendre : il imagina des baguettes de 1er, et trouva le moyen «rapprendre aux soldats à charger avec une vitesse incroyable: depuis l'année iy33, le premier rang chargea, la bayonnette au bout du fusil.
L'exercice se faisait alors de la façon suivante : on commençait par le maniement des armes; ensuite on chargeait par pelotons et par «livisions: «m avançait lentement en faisant le même feu; «ni faisait la retraite à peu près également: après quoi, on formait deux quarrés. impraticables vis-à-vis des ennemis: et l'on finissait par un feu de haie très -inutile. Cependant toutes ces évolutions se faisaient <l«'jà avec tant «le pr«'*cision. «pie les mouvements «l'un bataillon étaient semblables au jeu «les ressorts «le la montre la mieux faite.
Le Roi abolit les manteaux, et raccourcît l'habillement dans l'infanterie: et, pour la rendre plus l« ; gèrc «lans sa marche, il affecta à chaque compagnie «leux chevaux «le bât, pour porter en campagne les tentes et les couvertures des soldats.
Le Roi institua par prévoyance, dans toutes ses provinces, des magasins d'abondance, qui servaient à soulager le peuple en
SOUS LE ROI FRÉDÉRIC - GUILLAUME I". i 9 3
temps de disette, et qui lui procuraient des magasins tout faits pour l'armée en temps de guerre.
Vers Tannée 1730. la fureur des grands hommes parvint à un point que la postérité aura peine à le croire : le prix commun «l'un homme de cinq pieds dix pouces du Rhin, était de sept cents écus; un homme de six pieds était payé mille écus; et. s'il était plus grand, le prix augmentait encore de beaucoup; il y avait plusieurs régiments qui n'avaient point d'hommes au-dessous de cinq pieds huit pouces: le plus petit homme de l'année avait cinq pieds six pouces, bien mesurés.
Pour mettre de l'ordre dans ces eurôlemeuts , qui se faisaient dans le pays avec confusion, et qui donnaient lieu à mille procès entre les régiments, dès l'année 1733 le Roi partagea toutes les provinces en cantons : ces cantons furent assignés aux régiments, d'où ils pouvaient tirer en temps de paix trente hommes par an, et en temps de guerre jusqu'à cent; ce qui rendit l'armée immortelle , en lui fournissant un fonds assuré , par lequel elle s'est sans cesse renouvelée depuis.
La eavaleric, de même que l'infanterie, était composée de très-grands hommes, montés sur des chevaux énormes; c'étaient des colosses sur des éléphants, qui ne savaient ni manœuvrer ni combattre : il ne se faisait aucune revue sans que quelque cavalier tombât par terre par maladresse; ils n'étaient pas maîtres de leius chevaux, et leurs officiers n'avaient aucune notion du service de la eavaleric, nulle idée de la guerre, aucune connaissance du terrain, ni théorie ni pratique des évolutions qu'il convient à la cavalerie de faire dans un jour de combat. Ces bons officiers étaient des économes qui regardaient leurs compagnies comme des fermes, qu'ils faisaient valoir le plus qu'ils pouvaient.
Outre les choses que nous venons de dire, la longue paix avait abâtardi le service. Au commencement du règne de Frédéric-Guillaume, on avait raffiné sur l'ordre des régiments et sur la discipline; mais comme il n'y avait plus rien à faire de ce côté-là , les spéculations s'étaient tournées sur ces sortes de choses qui ne donnent que dans la vue : le soldat vernissait son fusil et sa fourniture; le cavalier, sa bride, sa selle, et même ses bottes; les crins des chevaux étaient tressés avec des rubans; et, à la fin, I. i3
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la propreté, qui de soi-même est utile, dégénéra en abus ridicule. Si la paix avait duré au delà de l'année 1740, il est k croire que nous en serions à présent au fard et aux mouches; mais ce qui était plus déplorable encore, c'est que les grandes parties de la guerre étaient tout à fait négligées, et que notre génie se rétrécissait de jour en jour davantage par les petits détails.
Malgré tous ces abus, l'infanterie était bonne; il y régnait une discipline sévère et un grand ordre : mais la cavalerie était absolument négligée; le Roi, qui s'était trouvé k la bataille de Malplaquet, avait vu repousser par trois fois celle des Impériaux; et, dans les sièges de Menin, de Tournai, et de Stralsund, où il se trouva, il n'y avait aucune occasion pour la cavalerie de briller. Le prince d'Anhalt était k peu près dans des préjugés semblables : il ne pouvait pardonner k la cavalerie de Styrum la défaite de la première bataille de Ilochstadt;* et il s'imaginait que cette espèce de milice était si journalière, qu'on ne pouvait pas compter dessus. Ces malheureux préjugés furent si funestes k notre cavalerie, qu'elle demeura sans discipline, et qu'elle ne fut par conséquent d'aucun usage, lorsque dans la suite on voulut s'en servir.
Les officiers d'infanterie s'appliquèrent beaucoup k leur métier: ceux de la cavalerie, presque tous répandus dans les petites villes, avaient moins d'intelligence et de vivacité que les autres. Parmi les généraux, il y avait plus de braves gens que de gens de tète; le prince d'Anhalt était d'eux tous l'unique capable de commander une armée : il le savait, et il tirait tout le parti qu'il pouvait de sa supériorité, afin de se faire rechercher davantage, et de primer sur les autres.
Pendant le règne du Roi , les fortifications de Magdebourg et de Wésel s'achevèrent, et celles de Stettin furent commencées sous la conduite du colonel Walrave, mais dirigées par le prince d'Anhalt.
» La cavalerie prussienne se distingua à la première rencontre qni ent lieu près de Hochstadt, sous les ordres du général de Natzmer; elle se comporta d'une manière 'plus brillante encore à la bataille de Iîlenheiin. sous les ordres du prince héréditaire Frédéric de Hesse - Casse! ; mais le prince de Dessau a été accusé d'avoir négligé la cavalerie, qui néanmoins contribua beaucoup à sa victoire de Kesst-lsdorf.