‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 14 sur 104 · PROLOGUE DE COMÉDIE · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE COMÉDIE

Minerve couronna tant de divers talents En y réunissant sa divine sagesse.

Mais que redoutez - vous ? Ce n'est pas tous les ans Que le ciel peut former pour l'exemple des grands Un modèle parfait d'une auguste princesse; Et quand par ses bienfaits signalés, éclatants, Le ciel aux mortels s'intéresse, On peut leur céder sans bassesse.

Mklpomknk.

Cédons à ses vertus, malgré moi j'y consens.

Calliope.

Ses mains d'un vaste Etat ont gouverné les rênes, Tous ses sujets étaient heureux ;

Elle essuyait leurs pleurs, elle allégeait leurs peines. Elle était l'objet de leurs vœux ,

Et ces mains , dont la force étayait un empire ,

A l'égal d'Amphion en maniant la lyre ,

Savaient apprivoiser les sauvages humains ;

Thèbes aurait pu voir par ses accords divins

Ses murs longtemps détruits soudain se reproduire. Dans ses vers aisés et coulants, Je dois vous l'avouer sans feindre, On trouve de ces traits frappants Auxquels nous ne pouvons atteindre.

Melpomkng.

Et pourquoi donc nous obliger A comparaître devant elle?

Des beautés que notre art recèle Rien pour elle n'est étranger.

Ah ! si je m'en croyais

Cam-iopk.

Imitez donc mon zèle , Ce jour se doit solenniser;

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