EP1TRE CONTRE MESSIEURS LES ECORN1FLEURS
Les voiià-t-il pas, échauffés Par l'intérêt et par l'usure, Qui me salissent de l'ordure Du change, de. contrats biffés, De grimoire, de tablature. De billets signés, parafés, Et de leur banque qui m'ennuie?
Les sottes gens ! la sotte vie !
Je me consume et je maigris Pour qu'un tour de nécromancie, Que le juste ciel leur dénie, Mette leurs billets al pari.
O plats revendeurs de carotte.
De la gloire à jamais proscrits!
Connaissez- vous les Aristote, Les Locke, ou du moins les La Motte?
Non, grâce à vos pesants esprits, Vous ne lisez point leurs écrits; Votre séquelle famélique Ne trouve de puissant attrait Qu'aux règles de l'arithmétique ; Pousser à quinze l'intérêt, Entasser, c'est votre logique.
Venez, messieurs du bois , venez; Les sages du Péloponnèse (Soit dit sans qu'il leur en déplaise) N'avaient l'esprit si raffiné Que vous, débitant votre thèse :
« L'argent donne au plus hébété , « Dites - vous , de l'habileté. »
Ah! messieurs, je me pâme d'aise Aux rayons de votre clarté:
Quelle abominable fadaise , Digne de l'immortalité!
Quel est ce seigneur débonnaire?
C'est le grand fléau des brasseurs;