‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 5)Chapitre 17 sur 81 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

(Sehweidnitz) ce 9 (novembre 1758).

Madame,

Pourvu que mon neveu ne s'appelle ni Jacques , ni Xavier, ni Joseph, qu'importe? S'il était mon fils, je l'appellerais Charfes- Émile:* niais cela est indifférent. J'ai l'honneur d'être, etc.

Wulkow k <8 „<>,•,! ,-59).

Madame,

Je n'ai que le temps de vous assurer de ma parfaite amitié, de vous dire que nous nous portons tous fort bien , et de vous prier de rendre les incluses à leurs adresses. Je suis tout à vous.

PrctzschendorC. i" janvier 1760.

Madame .

Je vous suis fort obligé des vœux que vous faites à l'occasion du renouvellement de l'année. J'en fais de fort sincères pour votre conservation et pour tout ce qui vous peut être agréable. Notre

» Ces noms étaient ceux du Prince électoral, fils du Grand Électeur, né à Berlin le 6 février i635 , et mort à Strasbourg le 37 novembre 1674.

I» Ce mot est presque illisible dans l'autographe. On peut lire Mutskow , Wulshow ou Wulkow. Le 8 août. Frédéric écrivit de Wulkow au comte de Finckenstein. Yovez t. XXV, p. 3oô.

situation n'est guère riante, et n'a pas l'air de le devenir. Nous serons obligés d'avoir pendant tout l'hiver un pied dans l'étrier, et par conséquent il n'y aura point de repos. Je suis avec une parfaite estime, etc.

(Bunzchvitz) ce aa (août 1761).

La communication n'est pas encore aussi libre que vous le croyez, et la campagne pourrait bien durer jusqu'au commencement de décembre. J'ai été fort consolé par les nouvelles que j ai reçues de Wolfenbûttel ; il faut espérer que le ciel nous assistera, et qu'à la fin nos calamités trouveront leur terme. J'ai beaucoup plaint la mort de mon neveu, a dont j'ai été informé il n'y a pas longtemps. Je plains la Duchesse -mère, qu'une maladie a retenue à Wolfenbûttel; elle aura eu beaucoup à souffrir pendant ce siège. *> Je ne sais pas encore ce que je deviendrai cet hiver, ni de quel côté il faudra que je me tourne. Je vous prie cependant d'être persuadée de la parfaite estime avec laquelle je suis, etc.

f)o. A LA MÊME.

(Rrrftlau) ce i4 (niar* 176a).

Madame.

«l'ai appris avec douleur la mort de madame votre mère. c Je vous en fais mes condoléances. Elle était âgée et maladive; elle

• Voyei U XII. p. 3o.

»> Voyei t. V. p. i45 et i4G.

' La duchesse Antoinette- Amélie de Brunswic mourut le 6 mars 176a.

se trouve à présent à l'abri de tous les malheurs qui font le partage de l'humanité, et nous tous tant que nous sommes, nous prenons le même chemin, l'un un peu plus tôt, l'autre un peu plus tard. Un jour nous serons tous là -bas, quand chacun aura fini le rôle qu'il est obligé de faire dans le monde.

Après tous les malheurs et les mauvaises nouvelles qui depuis six années nous ont été journalières, il serait en vérité temps que nous en reçussions de plus agréables. Je souhaite que ce temps vienne bientôt, en vous assurant de toute l'estime avec laquelle je suis , etc.

Leipxig, i" février 1763.

Madame,

Voici encore deux garnitures de porcelaine pour Schonhausen. " Vous pouvez y aller à présent vous-même, madame, quand vous le voudrez , avec toute la famille. La paix sera signée dans peu de jours; la seule chose que je vous prie d'observer, c'est de ne pas partir tous en même temps, mais de vous arranger de façon que ce voyage soit successif, parce qu'il n'y a pas assez de chevaux dans le pays pour fournir à la fois à tout ce train. Vous voudrez bien encore prendre le chemin le plus court, par Spandow, pour épargner et ménager le pays autant qu'il est possible. Cependant nous ne serons guère de retour, nous autres, que vers le mois d'avril, à cause des vivres qui manquent, et que nous ne pouvons transporter qu'au moment que les rivières seront ouvertes.

Je suis avec bien de l'estime, etc.

• Voye* t. XV1I1, p. i4g; t. XIX , p. 1S7 et i58; et t. XXIV, p. 37a.

(Dahlcn) 3 mars 1763.

Je ne reviendrai pas encore de sitôt à Berlin; cela ne sera, selon les apparences, que la fin de ce mois ou les premiers jours d'avril. Si vous le voulez bien, je souperai chez vous, et vous pouvez prier tous mes frères, belles-sœurs, sœurs, neveux et nièces; la bonne madame Camas en sera bien , j'espère. Je suis avec toute l'estime , etc.

Wcsel, 10 juin 1763.

Madame,

Je vous rends grâce du présent que vous avez daigné me faire. Sans -Souci ne voudra pas rester en reste avec Schbnhauscn, et il tâchera de se venger à la première occasion. J'ai vu tout ce qui reste de votre famille, en passant à Saldern; vos sœurs, le Duc et tout le népotisme jouissent d'une parfaite santé. Je suis avec toute l'estime possible , etc.

(Juillet 1765.)

Madame ,

Si la Chudleigh « veut être présentée , elle doit s'adresser au ministre d'Angleterre , pour qu'on sache sous quel nom la recevoir ; • Voyex t. XIII, p. 91 , et t. XXIV, p. 90.

mais le mieux 6crait de ne la pas voir du tout. Je suis avec bien de l'estime, etc.

(Juillet 1766.)

Madame.

Ocst une perte réelle que madame de Camas,* tant par son mérite, ses grandes qualités, que par l'air de dignité et de décence qu'elle entretenait à la cour. Si je pouvais la ressusciter, je le ferais sur-le-champ. Après tout, il faut la remplacer; je ne connais que madame de Kanncnbcrg qui soit propre à cet emploi: vous pouvez lui en écrire , et , si elle l'accepte , la faire venir. Je suis, madame, etc.

m. A LA MÊME.

Le i4 octobre 1767.

Madamk.

I^e prince d'Orange m'a demandé de son propre mouvement que mademoiselle de Schwerin pût accompagner son épouse; je n'ai pu refuser ni à lui, ni à ma nièce, cette satisfaction - là , et d'ailleurs la noblesse est si féconde en filles dans ce pays-ci, que vous trouverez douze dames d'honneur pour une que vous cherchez. Je suis avec beaucoup d'estime, etc.

* Morte le a juillet 1766.

Ce 11 (été 1769).

Madame,

J'ai d'abord donné des ordres pour que la princesse * ail touL ce qu'il lui faut à Jasenitz, ^ et vous pouvez, lui écrire que si elle continue à s'observer, et surtout à éviter tout ce qui peut causer du scandale, je tâcherai de la mettre un peu mieux à son aise. Tout ce que j'apprends me fait espérer un amendement, cl dès lors la pitié et la parenté exigent qu'on la mette un peu plus à sou aise. Je suis avec toute l'estime , etc.

(Septembre 1771)

Madame ,

Si les affaires étaient dans une situation aussi avantageuse que vous vous les figurez, je me ferais un plaisir d'augmenter vos finances; mais considérez, je vous prie, que nous sortons d'une guerre onéreuse , que les eaux ont fait cette année des ravages si considérables , qu'il faut de grosses sommes pour réparer ces dommages, et surtout que nous sommes obligés de ramasser toutes nos forces pour nous préparer à une guerre que la maison d'Autriche nous prépare, et qui éclatera toujours plus tôt qu'il ne faudra, c Ce sont les raisons qui m'obligent de mettre la plus

• Voyext. M,p. i6eta3; t. VU, p. 43; el t. XIII, p. n.

k Le château de Jasenitz est un ancien couvent situe près de Stettin.

c 11 y eut de grandes inondations au mois de juillet 1 77 1 1 A la même époque, les Autrichiens menaçaient de faire la guerre à la Prusse et à la Russie. Voyez L VI, p. 35 et suivantes, ainsi que la lettre de Frédéric à son frère le prince Henri, du 37 septembre 1 77 1 .

4o I. CORRESPONDANCE DE FRÉDÉRIC

grande économie dans les dépenses, et de commencer par moimême à retrancher tout ce qui peut être superflu. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

Ce 18 (juillet 177a).

Il dépendra de votre volonté daller ou de ne pas aller à Berlin , pourvu que ma sœur» puisse avoir le plaisir de vous voir. Elle ira de là à Rhcinsbcrg. A l'égard de madame de Stettin, pourvu qu'elle ne donne plus de scandale public, je lui tiendrai ma parole, et j'ai écrit, afin qu'elle puisse trouver tous les comestibles nécessaires dans le château que je lui ai fait préparer. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

Madame,

Je n'ai point oublié la promesse que je vous ai faile, avant la guerre, d'acquitter vos dettes. Les temps n'ont pas permis de le faire jusqu'ici, et il s'est trouvé des objets de dépenses plus essentiels, auxquels il a fallu donner la préférence. Pour cette année, je ferai payer une partie de la somme, et si je vis, j'acquitterai le reste Tannée prochaine. Je suis avec estime , etc.

• La reine de Suède, dont l'anniversaire fut célébré à Berlin le a4 juillet, en présence de la reine Kli»abcth.

AVEC LA REINE SA FEMME. 4i

(Décembre 1773.)

Madame,

J'ai été fort fâché hier de vous voir dans l'état où vous étiez. G0™™6 Je jugc de votre maladie, je crois que la cause en vient d'un sang acre et corrosif. 11 faut de toute nécessité que le médecin vous donne des breuvages faits d'herbes vulnéraires et de simples, pour corriger le sang, et alors votre plaie se fermera bientôt, et vous serez guérie. Mais il ne faut pas perdre de temps à prendre ce remède; il faut vous nourrir beaucoup de légumes, qui sont tous bons pour le sang, et avec ce régime je suis persuadé que vous vous guérirez. Mais si le médecin ne vous donne pas de ces potions, vous risquez d'un jour à l'autre que l'inflammation se mette à la jambe, et alors le danger pourrait devenir sérieux. L'avis que je vous donne est décisif pour votre guérison. Je vous prie d'en parler au médecin; en attendant, je fais des vœux pour votre convalescence , vous assurant de l'estime parfaite avec laquelle je suis, etc.

(Février 1774O

Madame,

Le prince Frédéric» m'a beaucoup tranquillisé en m'apprenant que votre maladie vous avait quittée, et que vous êtes hors de tout danger. Vous, madame de Kannenberg et moi, ainsi que tous ceux qui frisent les quatre-vingts ans, disparaîtrons un beau jour où l'on s'y attend le moins; il ne faut poùit empiéter sur les

• Le prince Frédéric» Auguste de Bruu»\wc-OeI».

4a I. CORRESPONDANCE DE FRÉDÉRIC

droits de la postérité, et lui céder la place quand son tour vient à nous succéder.

Je suis avec la plus haute estime « etc.

Le 17 mars 1774.

Madame,

Je vous suis bien obligé de la part que vous prenez à ma santé, qui commence un peu à se remettre. La reine de Danemark votre sœur* est fort inquiète sur votre santé; elle m'écrit, et désire fort que vous la rassuriez vous-même. 11 ne vous en coûtera, madame, quunc lettre, et votre sœur mérite bien cette attention. Je suis avec bien de l'estime, etc.

(Avril 1774)

Madame,

Je vous suis fort obligé des attentions que vous avez pour moi. Ma maladie a été ce qu'on nomme Blattcrrose sur tout le corps, avec beaucoup de fièvre. A présent le mal est presque passé. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

* Les Archives royales de Berlin conservent les lettres écrites par la reine Julie -Marie de Danemark à sa sœur la reine de Prusse, du ^4 Juin 1753 au a janvier 1796. M. de Hahnke en a inséré huit dans son ouvrage, Elisabeth Christine, etc., p. 433—437.

•> Erésipèle. Voyei les lettres de Frédéric à son frère Ferdinand, du a4 avril et du ier mat 1774» et sa lettre à Voltaire , du 19 juin de la même année, t. XXIII , p. 280.

Le 29 décembre 1775.

Madame .

Vous voudrez bien recevoir les vœux que je fais pour votre conservation à l'occasion du renouvellement de l'année. Je vous souhaite, madame, toutes sortes de bénédictions, en vous priant d'être assurée de l'estime parfaite avec laquelle je suis, etc.

Le G juillet 1776.

Madame,

Le grand-duc sera le ai à Berlin. Le soir, il y aura cour et coucert; les autres jours, il y aura opéra, bal, comédie et fétes, soit au château, soit au théâtre, et comme l'occurrence le voudra. La princesse de Wurtemberg, son mari et ses fdles viendront le 19 à Berlin. Voudriez -vous bien les prier tous les jours chez, vous jusqu'au a4, car ma cuisine ne pourrait suffire à tenir tant de tables pour eux; comme j'ai un nombreux domestique qui accompagne le grand-duc, je ne pourrais y suffire. Quant aux détails , il m'est impossible d'y entrer à présent ; il faut se régler sur les fantaisies de nos hôtes. Je suis avec bien de l'estime, etc.

Le 16 (juillet 1776).

Madame ,

J'apprends que- vous êtes incommodée de la lièvre. Si vous croyez pouvoir vous remettre, vous me ferez plaisir de venir à

Berlin;» mais si vous étiez malade, il vaudrait mieux restera Schonhauscn, parce que je serais fort embarrassé où recevoir le grand -duc, et votre sœur, dans votre absence, pourrait faire les honneurs dans vos chambres; car si ce n'est pas là qu'on reçoit le grand -duc, je me trouverais fort embarrassé. Je suis avec bien de l'estime, etc.

Le i3 décembre 1776.

Madame,

Ouoiquc ma maladie soit passée, les forces ne me sont pas revenues; je ne saurais me tenir longtemps debout; je marche mal, et je ne saurais absolument monter les degrés. Cela m'oblige de différer d'une quinzaine de jours mon voyage à Berlin. Je suis avec toute l'estime , etc.

Madame,

Je vous suis fort obligé de la part obligeante que vous prenez à ma santé. Je fais ce que je puis, mais les forces me manquent encore. Ma sœur de Brunswic m'a alarmé sur la santé du Duc votre frère; je crains fort que nous ne le conserverons pas longtemps. J'espère que votre santé se remettra à présent , en vous priant de me croire avec toute l'estime possible, etc. b

* La Reine se rendit à Berlin le 9 1 juillet.

•> Cette lettre doit avoir été écrite entre le i3 décembre 1776 et le a3 janvier suivaut-

Le a3 janvier 1777.

Je vous suis très -obligé de la part que vous daignez prendre à ma vieille existence, qui, après tout, ne pourra guère durer. J'ai été bien aise de vous trouver également mieux après tout ce que vous avez souffert, et j'espère qu'à présent, à l'aide d'un peu de régime, vous pourrez encore vous soutenir. On dit et l'on m'écrit de Brunswic que le Duc va infiniment mieux , ce qui me fait plaisir. C'est en faisant des souhaits pour votre conservation que je vous prie de me croire avec toute l'estime possible, etc.

Madame,

Je vous suis fort obligé de votre souvenir. Nous sommes toujours en Bohème à guerroyer, sans avoir encore eu des succès bien brillants; il faut patienter et attendre de l'occasion le moment que la fortune aura marqué pour la décision de cette querelle. Comme je suis fort occupé, je me borne à vous assurer de toute l'estime avec laquelle je suis, etc.

(Breslau) a4 décembre 1778.

Madame ,

Je vous suis très- obligé des choses obligeantes que vous me dites au renouvellement de l'aimée. Je fais également des vœux

pour votre conservation et votre prospérité. Je me trouve actuellement si surchargé d'ouvrage , qu'il me reste à peine un moment pour moi; ce qui m'oblige de terminer ma lettre, en vous réitérant les assurances de la parfaite estime avec laquelle je suis, etc.

(Brcvlau) aa -janvier 1779.

Madame,

Je vous suis très-obligé de votre souvenir, et je vous en remercierais plus en détail, si maintenant la foule des affaires m'en donnait le temps. Le travail augmente tellement dans la crise présente,' qu'il ne me reste que de vous assurer de la parfaite estime avec laquelle je suis, etc.

(Rreslau) ce aa (mai 1779).

Madame ,

Tout est terminé pour cette fois heureusement, et après quelques affaires qu'il faut terminer ici , j'aurai, madame, le plaisir de vous voir le 28 ou le 29 de ce mois. *

» Voyrx t. XXIV, p. 3a3.

(Juillet 1779.)

Madame,

Si vous voulez bien vous en donner la peine , vous pouvez, marquer au prince votre frère qu'il me fera sûrement plaisir de venir ici, et que je serai bien aise de le recevoir.8 Je suis avec toute l'estime, etc.

(PoUdani) 3 août 1779.

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