‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 2)Chapitre 17 sur 45 · BONDEL DE OLIVUEER DB LA MARCHE · texte numérisé non relu

BONDEL DE OLIVUEER DB LA MARCHE

Pour amour des dames de France, Je suis entré en Tobservance Du très-renommé saint François, Pour cuider trouver une fois La douce voje dalégeance.

Saint suis de corde de souffrance, 6oubs haire d*aigre désirance.

Plus qu*en mon Dieu ne me oongnois.

Pour amour des dames de France, Je suis entré en Tobseryance Du très-renommé saint François.

Soubrement vis de ma plaisance Et june ce que désir pense, Mandlant partout où je vois.

Je veille à conter par mes dois

132 RONBEL.

En quelque endroit et au besoing seoeoie Les senriteuis sabmis à robservanœ, Qaoyque souTent il leur tourne à grevanœ De non avoir leur plaisir à toute heure.

De long souffrir en pénible estrivance Naist aux souflhuis haute et riche observance Finablement qui les paye et honneure.

Après Taigret trouve-on la douloe meure Qui radoucit en leur propre savanœ Les serviteurs submis à Tobservanoe, Quoyque souvent il leur tourne à gprevance De non avoir leur plaisir à toute heure.

Les maulz que m'a fait espérance. Pour amonr des dames de France, Je snis entré en Tobservance Du tiès-renommé saint François.

SORBBL DB VAUXAMT.

Des alnooreux de robsenranoe Je sois le plus subgiet de France, Car je sers d'estre mandien Bt cberobe le coUdien ; Mais nul en mon sac rien ne lance.

R Aux frères Taumosne pour Bien! »

Tousjours vais criant d'huis en huis.

Las I charité ne trouve en lieu, Ne pitié ne scet qui Je suis.

Retourner m*en fault sans pitance ; Désir le ponryeur tance, Puis le beau père gardien ; * Pis suis que Boesme mendien :

L*ordre Teuil laisser sans doubtanee.

Des amoureux de Tobservance Je suis le plus subgiet de France, Car Je sers d^estre mendien Bt cherche le cotidien ; Mais nul en mon sac rien ne lance.

ThrAne asoié, merveilleaBe lumière, Befihmboyant de mainte fleur dorée, Noble maison françoise, coustumière De toute honneur, Bourse de foy première. Dont, soubs le ciel, la terre est plus parée, Jointe emprès Dieu, des autres séparée Par cas dlionneur, de titre et de louenge, Comme est sur terre un homme emprès un ange.

0 gbrieuse excellence royale,

Renommée batillière anchienne.

Du peuple Dieu championne loyale.

Bras renforchié de grftce espéciale

Pour envair mescréance païenne,

0 reluisant majesté terrienne.

Dont mal au vray peut s'exprimer la gloire :

I<7 tu livres un peu ton auditoire.

Tournant, Tirant toutes histoires saintes, BiUes, psaultiera, légendes, prophéties, Dont j'ay au cœur les substances empndntes, 0! quefay &it méditations maintes, NoUe maison, sur tes controversies, Qu*aprës honneurs et gloires infinies

' Publié d*aprè8 le ms. IdO de la BIbl. Laurentienne à Flore&oe.

131 LE THRONE ÂZUEE.

J'ay vu souffrir à ta noble natore Soubs le flayel de diyine battorel

Voyant déchoir ta hautesse fameuse, Ta digpité Tioler par injures.

Et d*une main vile homicidieuae, Persécuter ta hauteur glorieuse.

Par feu, par sang, par feunine et laidure. Qui soloyes les autruy fourfaitures Battre et punir toy-mesmes en tout lieu : Bien a droit-cy mirable œuvre de Dieu.

Et vraiement est bien l'œuvre admirable Et bien obscure h congnoissance humaine, - Quant tant d*annuy et de grief misérable , Fortune et Dieu comme desfavorable»

T*ont fiEUt souffrir par rigueur inhumaine. Dont il n*y a qu'un point qui me ramaine L'entendement de ce couvert mistère:

C'est que péchiô t'a fait ce vitupère.

Et soit péchié ou volonté divine

Qui t'a fait choir soubs ce glaive adversaire,

Et trébuschier à honteuse ruyne

Pour estre au loup engloutie rapine.

Serve et chambrière à tout villaîn hau8aire\

Au moins ton cœur par pité nécessaire.

S'est condolu aveucques ta souffrance,

Plorant sur toy, noble maison de France,

De qui les maulx et povretés extrêmes, Pertes, douleurs» confusions terribles,

> Eêësaire, mercenaire? On lit dans lfon8trélet(rV, p. 892] : « Ancons bauLBaires, tenans le parti dn roy Charles. » Cocrigei la note I, tome I«, p. 172.

LS THRONfi AZURÉ. 185

Oodsions, raTaUemess, bl8plièm«0% Pleura et dan^ura d'euhiifl, bonmieg et femioeSt Far feu, par sang, par famines lumribtoa. Sont & tout cœur à tout prendre imposaiblefl ; Car ne pourroit exprimer bouohe d'homme De ces mescbief s Tinnumérable somme.

Hellas ! quelle est la douleur oompaïaUe A ton souffrir, glorieuse auriflamme.

Que au droit nombril de ton thrône honnorable Voir tout énorme obprobre inséparable, Verser ton peuple et mettre tout h flamme, Et qui plus est, piteusement en blasme Estre enchâssée & honte et & péril.

Hors de ton propre en souffraiteux exil.

Tant qu'il sembloit à ceux qui te veoient , Que Dieu te volt lors estre exterminée. Et mesmes ceux qui en tes plours rioient. Les faulx tirans, leurs cœurs glorifioient D'avoir ainsy ta hautesse muée, Guidant que Dieu f eust toute abandonnée A leurs pouvoirs et vouloirs inhumains, Pour demeurer tousjours ferme en leurs mains.

Mais Dieu piteux de fons et de racine. Provident juge et bénigne en ses faits. Jamais un arbre, ainsy je Timagine, Dont il congnoist s'il est bon d'origine. Ne veut souffrir Famortir par tors feits; Mais pour venir aux nouveaux firuits paifluts, Souvent permet l'cscoroe an dehors muire*. Pour meilleur fruit de tronc battu produire.

> Muir99 meoie.

Ainsy je croy certes et ainsy juge

De toy, o digne excellente plantore.

Dieu a souffert desriyer ce déluge

De tous meechiefis sur toy et ton reffdge,

Point, pour ta mort, mais certes pour botture;

Car luy voyant bonne estre ta nature,

Ta corrigée atout Tare en sa corde,

Mais point jeté hors de miséricorde.

Ses dignes nuûns, sa sainte providence, Furent de toy primiers planteurs en terre. Et choisirent le fruit de ta semence Entre autre fruit par très-haute excellence, Comme il appert à qui s'en seult enquerre ; Sj cuide voir, et ne croy pas que j*enre, Qu*en la vertu du vieu fruit trespassé Cil d'aïqourdliuy a son maleur passé.

Bien a paru à oeste oduvre présente

Où Dieu t'a fait jà restitution

De la plus part de ta gloire excellente,

En ramenant Normandie dolente

Hors de servage à sa rédemption,

Dont en fureur et en contention

Tous &UX Anglois, d'humain sang enyvrés,

S'en vont confus commeà la mort livrés.

Dieu a sa gbire en toy revertuée.

Et ta vertu a reprinse vigueur.

Tu as esté dessoubs les pieds ruée; .

Hais à présent fortune, a remuée

En pitié firesche, enviellie rigueur.

Tu as ressourse après griefTC langueur ;

Tu as ta gloire arrière en ton recœuvre :

Ce sont beaux dons, qui bien les met en couvre.

Ton glaive point, tonespée retrence.

Ton bras roidist, ton hamoia refflamboye,

Ton eur revit, ta gloire recommence.

Ton fruit sourt grant hors d*im fonlé semence.

Ton vergier secq reflorist et verdoyé,

Tu viens arrière en Tancienne voye

De ton triomphe à grant félicité :

Dieu, et quel joye en tant d'adversité !

Le vray soleil de justice étemelle

Ta respurgié ton fhrône de bruine.

Et a réduit ta vertu naturelle

 toute aigreur et fierté corporelle,

Pour relever ton los mis & ruine,

Yeant ton cœur au plus bas de sa mine,

En qui Ton peut par temps grans faits attendre,

Far quoy en toy tu y dois bien contendre.

Poursieu ton coup, tout Ânglois s'espoente Devant ton bras qui fait trembler le monde. En eux n'a plus courage qui se vante : Dix de tes gens sont bons pour leur soixante. Il n'est François qu'un sept n'en confonde; Le juste Dieu veut que sur eux redonde L'énonnité de leur conqueste indue :

Terre à tort prise, à droit se voit rendue.

Dieu a sa face inclinée vers toy Et affichié ses yeux en ton emprise; Sa sainte main a rebaillié convoy.

Sens, industrie et courage à ton roy, Pour toy remettre en liberté aprise.

Donc, s'en toy est ceste bonté bien prise. Tu en dois bien grant louenge & sa face D'avoir tels biens en Tan joyeux de grâce.

Ne il n*en chaut à ces haulx hommes, Qui du roy ont les grosses sommes, L*or et Targent et les g^rans terres.

Par iceux sont menés les guerres, Qui au payer sont les premiers Et au besoing sont les derniers.

Mirez-vous icy, ducs et roys, Qu*en la fin n'oyez le sourdois ^ Et s*en la guerre allez tel erre, Seurs soyez que vous perdrez terre , Car bien payer acquiert amis.

Mal payer acquiert ennemis.

Laissez bois, laissez rivières, Prenez lances, levez bannières.

Fuyez les faux, suivez les sages.

Allez aux champs, yssez les cages.

Ou vous avez honneur perdue; Et sy vous dis bien sur ma teste, Qu'on vous tiendra trèstous pour beste : Je parle au duc, je parie au roy, Et sy suis mu de bonne foy.-

' 8<mrdaii^ ce qni se dit & roreille.

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