DU ROT CHARLES VII
Yemeuil, jadis, Tenivrée sangsue Du sang frangoys et d^escosse armeresse, De mon bon cœur me rendy triste yssue. Non moins & toute escossoise noblesse.
Fortune avoit l'œuvre en ce point tyssue Que rien n'y fist vaillance, ne appresse ' ; La mort néantmoins m'y fust en gré reçue, Mais pité fut de tant de gentillesse.
LB CONTB DOUeLAS*.
Amour vers Dieu fit entrer en martire Les saints jadis pour la foy catholique, Et honneur fait aux nobles gens eslire Mort sans bargaing pour la chose publique. Honneste mort se convoite et désire.
Devant le vivre à honte et à réplique. Et ne doit nul plaindre son desconfire Pour commun bien dont l'œuvre est angélique.
Amour me fit entrer fier en bataille Pour rebouter force angloise ennemie.
Mais à fortune en plut tourner la taille En mon contraire et en' ma sorte amie. J'y reçus mort soubs le aubert de maille. Et maint noble homme en semblable escremie ; Si plaist à Dieu qu'à fruit telle œuvre vaille, La mort du corps, 6 roy, ne te plains mie.
LB SBiaNBUR DE GAMA0HE8 *.
Gagnant, perdant, Rome la glorieuse Longtemps branla soubs luctation dure,
* Yar. aspresse, * Archibald de Douglas, duc de Touraine. Tué à la bataille de Vemeuil. • De?
* Guillaume de Gamaches, l'un des plus vaillants compagnons de . Xaintrailles.
* Ayant touqours mon retour et rdaid A servir France en loyaolté estable, Aymant les bons, comprimant les mauTais Soubs une amour à justice prestable* Dont easajT pourroit concorde et paix, Après long cours de guerre détestable.
Je troUTay France en extrfime pitié, A toute foule et honte abandonnée ; Mais en après» par divine bonté.
Je la revis à joye ramenée.
Moy de ma part je me suys acquitté.
Pour luy muer sa dure destinée; J*ay fait mon mieux et Dieu y a bouté : A luy seul donc en soit gloire donnée I
XB BBIONBUB D*0BVAL'.
Duit au bamois dès ma jeune naissance.
L'avoir en dos m*a esté riche joye.
Et devant toute humaine esjouissanoe.
En cel endroit tout mon cœur je logeoye. Je m*y trouvay* de force et de puissance. Et pour gagner cœurs dlxommes je veilloye; Car là gisoit ma gloire et reluysance, Pour parattaindre aux fins ' où je songeoye.
Tard vins, à roy, pour estre mis en compte, Et que pis est, ma vie a esté briefve. Donc, pour m peu que mon povre &it monte, Ce n*est* besoing que foly e m'esliève ;
■ Arnaud d*Albret, seigneur d'Orval, capitaine de Ba^uz. Vof^eg ce qu'en dit Chastellain, t. IV, p. 275. ' Var. ioumaf.
• \«t, aux Jhiti.
* Var. Ne fait
DU BOT CHARLES YH. ISl
Trop biea j*ay craint encourir Uasme et honte» Ne dont reproche aucunement me siève.
En Gatheloig^e a^r p^é debte et moxite : Si Fàme est bien, la mort point ne me grieCre.
LB CONTB DU MAINBV
Sang, alliance, amour, pité, droiture, Un croistre ensemble en temps dVine venue, ITont fait tourner ma force et ma nature, Roy Charle, en toy dont ma vie est tenue. Porter constant molle et dure adventure, Et toute^estrange et perverse advenue.
Sans craindre mort, ne de péril pointure. D'où qu'elle fust en subit survenue.
En ta royal excelse girarcie.
Prochain de toy m*a donné résidence.
Là où touchant françoiise monarete.
Par ton plaisir j'ay cru la présidence. Si ta fortune y est si esdarcte.
Ce a fait ton sens, non la mienne prudence ; De tant dlraoneur. Dieu et toy je mensye : J*ay fait mon mieux selon ta confidence.
MB8SIBB PIBEBB DB BBBSZÉ*.
Là où Ton voit que force et effort faillent Et perdent temps les mains qui s*y emploient. Là convient bien, sans que cœurs en tressaillent. Que les vertus et les sens s*y desploient,
« Charles d'Anjon, comte dn Maine. Il prit part à la conquête de la Normandie.
* Pierre de Bresé, Villostre ami de Chastellain.
452 LA IfORT
Et qu^en dur cas où les hommea se baillent. Leur haut affaire ils ploient et reploient. Et vainquent ceux qui d'orgueil s*avitaillent\ Et enivrés de fortune foloient
Force estourdie et hors temps mise en œuvre Bend triste fin et foiblesse confuse.
Sy vaut tel fojs plus sens dont on se oeuvre Que vaillant bras dont sans fruit on abuse. Subtil eogin Dieu Teslargist et Teuvre ; 8*ainsi n'estoit, France en fust bien camuse. Là où sens a, là trouve-on beau receuvre : C'est un beau meuble à celuy qui en use.
Si titre avoit en moj de remembrance Et dont me pusse affiet de mérite.
Je disse ycy, et sans nul enoombranoe.
Qu'en temps aussy j'ay veillé en garite, Et que la main j'ay mis en Farbre et branche. Pour luy garder sa gloire drconscripte.
Gommé raison m'a- donné démonstrance Que je Tay dû ^jar loy d'honneur escripte.
En. temps de pleurs et d'affliction mainte, Naquis-je ô roy, ton humble et petit promme'. Par quoy m'a bien esté force et contrainte Qu'avecq tel temps je me soye fait homme. D'offrir mon corps à tous périls sans fainte Et non entendre à délit , ne à somme ; S'en ce t'ay plu et ta gloire ay attainte. J'en loue Dieu, et riche je m'en nomme.
* Vftr. se bataillent.
* Jean, bfttard d^Orléans, comte de Danois.
* Promme» parent.