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Vous n'avez fons, ny occasion nulle.
Fors seule envie, ardant, ensouffroiée.
Qui par le monde univers vous recule ,
Vos faits, vos dits, vos œuvres dampne et brClle,
Et vous acquiert triste famé ombroiée.
Dont, quand la sauce aurez toute broiée,
Sy sauront bien tous ceux qui Tassaveurent ,
Quels mixtions et espices y cueurent.
Vous imputez charge et blftme importables.
Dont à Dieu seul on remet les vengeances ; Et aggrevez par dits très-lamentables Celui du monde où plus a biens notables.
Plus de vertus et moins de reprouvances.
Et qui pour cent non millions de Frances,
Non pas pour Dieu, ue pour son paradis, Faire voudroit dont il fust enlaidis.
Tournez, virez, perquirez ses légendes.
Le droit, Tenvers de sa vie honorée; Mais en fouillant ses fautes et amendes Retournez-vous sur vos propres kalendes , Là dont lecture est assez proférée.
L'on vous dit bien : Ciel et terre ont durée ; Mais plus possible est demain tous deux rompre Que son haut cœur de mauvaisté corrompre.
Ne tous vos clercs, ne toutes leurs contreuves, Ne tous les haidx engins qui vous soustiennent. Et fussent-ils plus abondans que fleuves.
Plus infinis que les gouttes des pleuves , Et plus subtils que ceux qui d'enfer viennent, Si contre honneur et vérité ne tiennent, Faire apparoir eux tous ils ne sauroient.
De quoy d'un grain sa gloire terniroient.
Mesmes le siècle et tout l'univers monde , Vous excepté, le tiennent à preud'homme.
Et n'a haut roy, ne prince autre en la ronde. Qui tout son temps ne Tait tenu la bonde Dont d'honneur vrai se trait la pure gomme.
Vous donc, hélas ! que le siècle tant nomme Haulx et fameux, et le juste aggravez !
! et pensez quel los propre y avez.
Lui mouvoir guerre, il vous est bien possible , Dont le pourfit glt celé* en fortune; Mais si la cause en est juste et loisible , Ne s'elie est moins à faire ou plus taisîble, Gela sçait Dieu qui règne sur la lune.
Mais soit ou claire ou noire ou toute brune, Quand tous viendrez pour sa hauteur confondre, Il est non roy, mais duc pour vous respondre.
Bien le pourrez molester et combattre, S^ainsi le veut fortune ou destinée ; Mais ne saurez , pour tout vostre débattre.
Son honneur pur infecter, ne rabattre.
De quoy sa vie en terre est couronnée ; Mais maugré vous, aura place ordonnée Tout au plus haut du triomphal paroir.
Là où honneur Tasserra son miroir.
Montez, r^ez , ampliez vos dostures ; Estendez mains en terre et en mer fières ' ; Faites sentir vos fers et vos armures , Trembler pays, peuples et fermetures.
Dont nous, com vous, savons bien les manières ; Mettez à Tair venteler vos bannières Et acquérez le monde en ceste queste; Mais de cestui n*atouchiez la conqueste.
Sept pieds sans plus de terre glorieuse
Lui garde honneur, plus dignes que couronne,
• Var : Git tel fois, ma. de Florence.
' Var : JSn ferre, en omvres fières^ ms. de Florence.
Là où fosse a d'œuvre mistérieuse»
Toute entaillée en pierre précieuse, Plus reluisant que le soleil au thrône , Lequel, s*envie ou serpent Tavironne , Trop bien crever et mourir y pourront, Mais atouchier jamais n'y oseront.
G'esircy Tacquest de ses longs jours félices; C'est le droit chier de tout son haut contendre*. Or, lui rostez puissances et délices, Quand vous pourrez, par forces et malices:
Au moins cecy ne lui pourrez reprendre; Car, quand voudriez venir à Tentreprendre , Et fussiez-vous cent empereurs de Rome , Il en fait figue' à fortune et à homme.
L'estrif m'ennuie et m'en cuert pitié seure '; L'argu aussy m'en tire à amertume.
Sy complains bien que né suis de telle heure, Qu'en propres yeux et larmes que je pleure , Baigner me faut ma douloreuse plume, Et que Sathan , qui tout ce feu allume , Tient de si près les cœurs de haute sorte, Qu'honneur s'y perd et raison y est morte.
Donc, pour conclure et fin mettre en mon œuvre. Qui aigre est plus que mauvaise en essence,
I Yar : De son très-hauli coniendre, nu. de Florence. * Faire Jigue, se moquer.
■ Seure, amèro.
Peur m'est, si Dieu les oœnrs tous ne vous œuvre
Et d'autre avis vous nourrisse et abeuvre ,
Que dure en fin n'en soit la conséquence,
Et que fortune et amère influence
Ne facent rapt final de ce royame.
Par nos péchés , chascun y pare une âme.
Felle jadis division murtriôre Le mena près jusqu'à la mort extrême, Dont, grftce Dieu ! la reboutant chartriëre.
N'a pas trois jours, par pitié descombrière , Lui restera et gloire et dyadème " ; Mais maintenant par ire et par blaphëme De Dieu lassus, arrière y est rentrée.
0! et com dure et maudite ventrée !
A Dieu lassus, à fortune et nature , A tous les cieux et célestes puissances , Et à toute humble et bonne créature, Puist pitié prendre et clameur haute et dure De cestes-cy murmures et meschances, En quoi ne vois, par toutes congnoissances. Que pleurs, douleurs d'amertumes farcies, Et fin prochaine en vieilles prophéties.
La vision du temps de Méronnée' Droit-cy me vient frapper au front subite.
* Var : Lui rescria sa gloire et diadème, ms. de Florence.
* Je ne sais ce que l'auteur entend par la vision de Méronnée. n y a Ici probiiblement quelque allnsion aux prophéties attribuées à Merlin.
TOI. TI. iO
2i2 TJS DIT DE VÉEITÉ.
y 0U3 qui avez nature eudoctrinéo , Notez que fat' et vieille destinée Par long déooors viennent k fin eserite.
Point sy n'en fut' la substance petite :
Donc, qui voudra savoir quelle est la chose , Demande aprto ou en quitoe la glose.
Dieu mène à mieux ce qui est mal en voie, Et mette en paix ce qui pend en discorde; Et à tous ceux qu'amour duit et convoie , Dieu, en Testroit de leur cas, leur envoie Honneur, salut, grftce et miséricorde.
Dont, au regard de ce que je recorde, Fruit y a povre, et encor moins délit'; Mais tel Tay fait, angoisseux» en mon lit.
I Fat CAïAim], destin.
> Var : Point n^ s^enJUt, ms. de Florence.
• Délit, plaisir.