‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 3)Chapitre 49 sur 54 · TOM. VI · texte numérisé non relu

TOM. VI

450 LAVORT

Aysnt tomjmiTB mon retew et relais A servir Fvanee en loyâulté estable»

Aymant les bons» comprimant les mauvais Soubs une amour à justice prestable, Dont ensuyr pourroit oonoorde et paix, A|irès long cours île guerce détestable.

Je trouva; France en extrême pitié, A toute foule et honte abandonnée; Mais en après» par divine bonté.

Je la revis h joye ramenée.

Moy de ma part je me suys aoQuitté, Pour luy mtier sa dure destinée^ J*ay £ût mon mieux et Dieu y a bouté :

A luy seul donc en soit gloire donnéel

LB 8BIQMBUB d'0BVAL\

Duit au hamois dès ma jeune naissance, L*avoir en dos m*a esté riche joye.

Et devant toute humaine esjouissance, En cel endroit tout mon cœur je togeoye.

Je m*y trouvay' de force et de puissance.

Et pour gagner coeurs dliommes je veilloye; ,Car là gisoit ma gloire et reluysance.

Pour parattaindre aux fins ' où je songeoye.

Tard vins, 6 roy, pour esflre mis en eompte, Et que pis est, ma vie a esté briefve.

Donc, pour si peu que mon povre fait monte.

Ce n^est^ besoing que folye m'esliève;

« Arnaud d'Albret, seigneur d'Orval, capitaine de Bsyeux. Vope^ oe qn*en dit Ctaastellain, t. IV, p. 275.

" Var. toumap,

* Var. auw faits,

* Var. m /ait.

BU ROT CHâRLES Yll. 131 .

l>ep Uea j>y endnt encourir Uatnn et honte, Ne dont repioehe aucunement me sière.

En Catheloigne ay« payé debte et monte :

€i r&me est bien, la mort point ne me griefs

LX CONTB DU MAINB^.

Sang, alliance, amour, pité, droiture.

Un croistre ensemble en temps d*une venue, ITont fait tourner ma force et ma nature.

Boy Charle, en toy dont ma vie est tenue, Porter constant molle et dure adventure.

Et toute estrange et perverse advenue, Sans craindre mort , ne de péril pointure.

D'où qu'elle fuet en subit survenue.

En ta royal oxoelse girarcie.

Prochain de toj m*a donné résideiioe ,

Là où touchant françoise monareie.

Par ton plaisir j*ay eu la présidence.

Si ta fortune y est si e^clarde.

Ce a £ût ixm sens, non la mienne prudence ;

De t^t d*honneur. Dieu et toy je mercye :

J*ay fait mon mieux selon ta confidence.

HBSSmB PIBBBB OB BBBSZé^

Là où Ton voit que force et effort fiûllent Et perdent temps les mains qui s*y emploient. Là convient bien, sans que cœurs en tressaillent, Que les vertus et les sens s'y desploient,

1 Charles d*AnJou, comte du Maine. Il prit part à la oODSinête de la Normandie.

* Pierre de Bresé, llUostre ami de Chastellain.

Et qu*eii dur cas où les hommes se baillent.

Leur haut affaire ils ploient et reploient.

Et vainquent ceux qui d'orgueil s'avitaillentS Et enivrés de fortune foloient

Force estourdie et hors temps mise en oeuvre Rend triste fin et foiblesse confuse. Sy vaut tel foys plus sens dont on se oeuvre Que vaillant bras dont sans fruit on abuse.

Subtil engin Dieu l'esla^gist et Teuvre ; 8*ainsi n'estoit, France en fust bien camuse. Là où sens a, là trouveK)n beau receuvre :

C'est un beau meuble à celuy qui en use.

LB COMTB DB DUNOTS'..

Si titre avoit en moy de remembrance Et dont me pusse afiSer de mérite.

Je disse ycy, et sans nul encombrance, Qu'en temps aussy j'ay veillé en garite, Et que la main j'ay mis en Farbre et branche, Pour luy garder sa gloire oiroonscripte, Ck>mme raison m'a donné démonstrance Que je r«y dû par loy d'honneur escripte.

En temps de pleurs et d'a£3.iction mainte, Naquis-je 6 roy, ton humble et petit promme'. Par quoy m'a bien esté force et contrainte Qu'avecq tel temps je me soye fait homme.

D'offrir mon corps à tous périls sans fainte Et non entendre à délit , ne à somme ; 8'en ce t'ay plu et ta gloire ay attainte.

J'en loue Dieu , et riche je m'en nonune.

• Vw. se àtUaillent.

* Jean, bâtard d^Orléans, comte de Danois.

■ Promme, parent.

DU RaY CHARLES VII. 4^

Page 1