LE MIROIR DE VIE
Car 8oy mirant en oeste olàre gemme.
Sa douloe ymage y demoara emprainte^
Ce cler miroir de vie intitulé Que de sa main le Créateur forma, Fut par Adam si très-fort maculé Que le Miroir de Mor^ Uxt appelé Jusques à ce qjne Dieu le reforma.
Cincq mil ans fut ce miroir efTacié, Tout ténébreux, privé de luminaire,
Tant qu'un très^saint pélican débonnaire Pour donner vie aux faons se greva Et de son sang ce miroir relava.
Quel sera donc ce miroir de vie? Quelles sont les vertus des. dames qu*il doit refléter?
L*humble regard, le tràs-doulx et simple œil, Le beau parler et le noble vouloir, Ce sont vertus pour se faire valoir.
Des amoureux qui font tant de folies Vous détenez les porlettes jolies Et diamans des gentils damoiseaux :
La plume aimez trop mieux que les oiseaux.
Eslargissez vos gros cœurs convoiteux ; Ouvrez le poing, estendez vostre main Pour secourir les povres disetteux.
Soyez castes comme la tourterelle ; Craindez Honte, Maie Bouche et Dangier.
Mirez vos pieds et les examinez :
Ils sont pesans trop plus que viôses malles Pour Dieu servir et à Téglise aller, Mais ils sont prests pour danser et baller.
lE MIROIR DE VIE. m
NoBtre miroir a Tertna et poissance
De donner vie aax corps mortifiés.
Bn mon dormant, J*en eus la oognoissaBoe ;
Je m*y miray ; Je revins à naissance.
Le cœur mary, en aobit je m'esyeille Poar de mon songe écripre la merveine,
Et le couchay en rime (Dieu sçait quelle I), Moy des facteurs le très-humble séquelle.
Chastellain, dans un de ses poSmes, appelle Molinet mon séquelle. (Test sans doute à Ghastellain, auteur du Miroir de Mort qu*il fait ici allusion en se déclarant : des f acteurs le trèshumble séquelle.
Ce poème de Molinet, aussi long que celui de Ghastellain, se trouve conservé dans le manuscrit 105 de la Bibliothèque de Toumay. tJne feuille en a été arrachée.