TOI. VII
LE CIEL
Il a fait pénitence dure.
LA.TBPBB.
Il a fait secrète abstinence.
Il a eu fort l'Église en cure
Et le Saint-Siège en révérence.
LE CIEL
Ses vœux a tenu sans rompture.
LA TEEBB.
Ses griefs a pris en patience.
Ses vertus ont monstre saudure
De prince de grant excellence.
(Icy emmenée me prière à Dieu.)
Sire, s'il a esté pécheur, Non tout songnejix soUcftçur
De ton honneur, De propre salut oublieur, Par povreté et par folleur Ou par dol du faux ennemy, Sire, il souviengne à ta hauteur Comment tu es vray pardonneur,
Piteux de cœur, Et comment luy, ton serviteur,
N'a point esté ton négateur Mais de ton sang Tas rédemy '.
Hélas ! où est le voyageur Qui devant toy venra sans peur,
Astutet sceur, Non maculé, non offenseur ?
Entre cent mille le meilleur, Suant, tremblant dira : ay my ! J David, ton saint prophétiseur, Pécha griefment, fu murdrisseur,
Faux déèhepveur ; Plorant depuis fut repenteur : De quoy comme humble exaûditeur Tu luy fus pardonneur amy.
Sire, ne vise à son offence, A sa faute, à sa négligence, / A l'imprudence
De mainte dolent incidence, Et en quoy il convient dispence Selon fragilité humaine*.
Souviengne-toy dé ta clémence, De ta sainte bégnivolence
Et excellence, Et à cuy par magnificence Il duit mercy et indulgence Par clain qui à pité le maine.
Miséricorde est de l'essence De ton éternel providence
Et sapience.
Rédemy (du latin redemptus}^ racheté.
Cf. plus haut, p. 197, Ters 16.
Yoy. plus haut, pp. 224 et 226.
Il y a eu sa confidence, Sire, et en telle obédience Ne le fourclos de ton demaine.
S'il a péchié en ce ou en ce, Bien, Sire, il est de la semence Qui souvent glence '> Il a en luy mainte existence D'autre bonté, dont la présence Le peut et doit sauver de paine.
LA TBBRB.
Hà! Sire, il est ta créature; Il est ton œuvre,. il est facture
De ta main pure.
Tu luy as preste nourriture, Honneur, gloire et haute aventure Et dont il t'a rendu les grâces.
Sire, en ta sainte humble nature Ne luy monstre sentence dure
Qui toujours dure; Ains en vertu de ta droiture Pardonne-luy sa fourfaiture, Car tu seul les péchiés effaces.
Pleine est de toy Sainte Escripture ; Ciel, terre et mer font l'ouverture,
Hympnes, lecture De ta promission future.
Sire, en ta royal couverture Ne peut avoir nulles fallaces.
Regarde donc ta plasmature s, Lisant en close sépulture
En terre obscure,
1 Glence (anglais : to glance), jeter un rapide éclat.
1 Ta plasmature (du grec : xX*rp*)> l'œuvre de tes mains.
Et te souviengne en ta closture Qu'en vain n'as fait la producture, La fourne des humaines faces.
Miséricorde est conveignable, ' Nécessaire et préordonnable,
Aeomplissable , Et n'est riens si abhominable Que de celle estre deffiable Ou qu'en toy Ton se désespère.
Mesmes par ta justice estable1, Par ton équité pardurable,
Immansurable, Constraint tu es vray pitoyable Et de clémence incomprenable; Car par ce tu te monstres père.
C'est le haut point tout permanable En quel nature raisonnable
Et d'ange affable Te loent, chantent plus loable, Plus glorieux, plus exaltable, Et dont pleine est du ciel la sphère.
Qui doncques ef tout véritable, Tout léal, tout incommutable,
Tout délutable1, Il te plaise, 6 roy héritable, Recepvoir rame contristable Du serf de ta bénigne mère.
{Icy parle un nouvel personnage sans nom et clos dedens le ciel sans estre vu.)
Le Dieu d'éternel charité Qui a créé l'humanité,
1 astable pour stable.
a Délutable (du latin : deluto), qu'on peut apaiser.
Qui règne en son éternité,
Un glorieux en trinité,
Vit permanable en équité
Soubs piteuse fécondité,
Celuy en la perplexité
Où il vous voit ses suppliant
Vous mande paix et sanité.
Tenez tant de sa vérité
Que nuls bons il n'est oublians.
Il congnoit bien que vertu monte,
Et comment l'homme à mal s'affronte»
Sa rigueur ne fera nul honte,
A sa pitié qui deux surmonte.
De sa facture il rendra compte,
Soit roy puissant, soit duc, soit comte,
Et quittera et debte et monta
Là où luy plaist et quant il veut.
Suffisse-vous ce que j'en conte.
Il est celuy qui l'enfer dompte,
Et qui cieux clore et ouvrir peut.
Vous, ciel, vous, terre, anges et homme», Venons tous à notre devoir.
LA TBBBB.
Dansons, chantons-cy où nous sommes, D'un nouvel prince recevoir.
LES ANGB8.
Plus riches sommes que cent Hommes D'honneur, de sens, de tout avoir,
D avoir la fleur de tous preudommes, Régnant sur nous, vray et vif hoir.
LE CIEL
Bien veignant l'honneur séculier, Le dévoureur des oliphans !
Bien veigniez par multiplier Cent mille fois nos dits et chants !
LE CIEL
Moy, ciel, je vous paroffre honneur, Faveur et bénédiction.
LA TEBEE.
Moy, terre, vous rechoy, seigneur, Pillier de ma salvation.
Moy, anges, seray ministreur, Vous gardant en perfection.
Et moy les hommes fournisseur - De vostre noble affection.
LES AK0BS.
Nos cœurs, nos âmes, nos racines, Clamans à vostre entrée à gorge.
m> la won dc dcc pmuppE.
LK CIEL
Les hautes rertus séraphinss Vous préparent plus <Tor que forge.
Prenez en gré nos humbles mines :
Ils sont du mesmes à la forge.
LA TEBBS.
Ce dit Tostre humble Valenchines, Par la bouche de vostre George.