‹ uvres de GressetChapitre 105 sur 215 · FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

FLORISE, LISETTE

FLORISE

Eli bien , Cléou Paroitra-t-il bientôt ?

LISETTE

Mais oui , si ce n'est non.

FLORISE

Comment donc?

LISETTE

Mais , madame , au ton dont il s'explique, A son air, où l'on voit dans un rire ironique L'estime de lui-même et le mépris J'autrui , Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui? Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veut vous dire. Pour moi , j'aime les gens dont lame peut se lire, Qui disent bonnement oui pour oui , non pour non.

FLORISE

Autant que je puis voir, vous n'aimez, pas Cléon.

LISETTE

Madame, je serai peut-être trop sincère. Mais il a pleinement le don de me déplaire. On lui croit de l'esprit , vous dites qu'il en a Moi , je ne voudrois point du tout cet esprit là., Quand il seroit pour rien. Je n'y vois , je vous jure, Qu'un style qui n'est pas celui de la droiture ; Et sous cet air capable , où l'on ne comprend rien , S'il cacbe un bonuête homme , il le cacbe très bien.

FLORISE

Tous vos raisonnements ne valent pas la peine Que j'y réponde : mais pour calmer cette baine, Disposez pour Paris tout votre arrangement : Vous y suivrez Cbloé; je l'envoie au couvent.

Page 1