‹ uvres de GressetChapitre 129 sur 215 · ACTE II, SCENE VII. s5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII. s5i

ClÉOÏ.

-.'on pis dans le moment , dans nne heure.

VALERE

A votre aise.

CLÉOÏ.

Il faut qne vons alliez retrouver votre chaise: Dans l'instant que Gtronte ici sera rentré, ( Car c'est lui qu'il nous faut ) je vous le manderai ; Et vous arriverez par la route ordinaire, Comme ayant prétendu nous surprendre et nous plaire.

VALERE

Comment concilier cet air impatient ,

Cette galanterie, avec mon compliment?

C'est se moquer de l'oncle, et c'est me contredire :

Toute mon ambassade est réduite à lui dire

Que je serai ^soit dit dans le plus simple aveu)

Toujours son serviteur, et jamais sou n*veu.

c t. e o ET.

Et voilà justement ce qu'il ne faut pas faire : Ce ton d'autorité ckoqueroit votre mère : 11 taut dans vos propos paroitre consentir , Et tâcher, d'autre part, de ne point réussir. Ecoutez: conservons toutes les vraisemblances; On ne doit se lâcher sur les impertinences Qne selon le besoin, selon L'esprit des gens; Il faut . pour les mener, les prendre dans leur sens: L'important est d'abord qne L'oncle vins déteste; Si vous y parvenez, je vou.; réponds dn reste : Or, notre oncle est un sot, qui croit avoir reçn Toute sa part d'esprit en bon sens prétendu ; De tout usage antique amateur idolâtre , De toutes nouveautés frondeur opiniâtre ; (tomme d'un autre siècle , et ne suivant eu tout Pourtonqu'ruvieux honneur, pour loi que le vieux

i5a LE MECHANT.

Cerveau des plus bornés, qui , tenant pour maxime Qu'un seigneur de paroisse est un être sublime , Vous entretient sans cesse avec stupidité De son banc , de ses soins , et de sa dignité : On n'imagine pas combien il se respecte ; Ivre de son cbàteau, dont il est l'architecte. De tout ce qu'il a fait sottement entêté, Possédé du démon de la propriété, Il réglera pour vous son penchant ou sa haine Sur l'air dont vous prendrez tout son petit domaine. D'abord, en arrivant, il faut vous préparer A le suivre par-tout, tout voir, tout admirer, Son parc , son potager, ses bois, son avenue ; Il ne vous fera pas grâce d'une laitne. Vous, au lieu d'approuver, trouvant tout fort commun, Vous ne lui paroîtrez qu'un fat très importun , Un petit raisonneur, ignorant, indocile, Peut-être ira-t-il même à vous croire imbécille.

TilERE.

Oh ! vous êtes charmant... Mais n'aurois-jepoint tort? J'ai de la répugnance à le choquer si fort.

c LÉ ON.

Eh bien ! ... mariez-vous... Ce que je viens de dire N'étoit que pour forcer Géronte à se dédire, Comme vous desiriez : moi, je n'exige rien; Tout ce que vous ferez sera toujours très bien ; Ne consultez que vous.

TilER E.

Ecoutez-moi , de grâce ; Je cherche à m' éclairer.

CLÉOS.

Mais tout vous embarrasse , Et vous ne savez point prendre votre parti. Je u'approuverois pas ce l'ébut étourdi Si vous aviez affaire à quelqu'un d'estimable ,

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