‹ uvres de GressetChapitre 131 sur 215 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

CHLOÉ, LISETTE

CHIG É.

te le répète, oui, c'est lui que j'ai vu ;

Mieux encor que mes yeux mon cœur

l'a reconi

C'est Valere lui-même : et pourquoi ce mystère t Venir sans demander mon oncle ni ma mère , Sans marquer pour me voir le moindre empressement !

Ce procédé m'annonce un affreux changement.

LISETTE

Eh ! non , ce n'est pas lui ; vous vous serez trompée.

CHLOÉ

Non , crois-moi; de ses traits je suis trop occupée Pour pouvoir m'y tromper; et nul autre sur moi N 'auroit jamais produit le trouble ou je me voi : Si tu le connoissois, si tu pouvois l'entendre , Ah! tu saurois trop bien qu'onne peut s'y méprendre; Que rien ne lui ressemble , et que ce sont des traits Qu'avec d'autres , Lisette, on ne confond jamais. Le doux saisissement d'une joie incpT-évue , Tous les plaisirs du cœur m'ont remplie à sa vue : .Vai voulu l'appeler, je l'aurois dû, je crois ; Mes transports m'ont ôté l'usage de la voix,

Page 1