‹ uvres de GressetChapitre 139 sur 215 · ACTE III, SCENE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI. i

Sans être interrompu par la mère et la fille , Et nous voir assiégés de toute une famille ; Comme il est mon ami...

ARISTE

Lui?

VALERE

Mais assurément.

ARISTE

Vous osez l'avouer?

VA LE RE

Ah ! très parlaitement :

C'est un homme d'esprit , de bonne compagnie , Et je suis son ami de cœur et pour la vie. Ah ! ne l'est pas qui veut.

ARISTE

Et si l'on vous montioit Que vous le haïrez?

VA I, E R E

On seroit bien adroit.

Si l'on vous faisoit voir que ce bon air, ce.s grâces , Ce clinquant de l'esprit, ces trompeuses surfaces, Cachent un homme affreux, qui veut vous égarer, Et que l'on ne peut voir sans se déshonorer?

VA T. ERE

C'est juger par des brui ts de pédants, de commères.

ARISTE

Non , par la voix publique ; elle ne trompe gueres. < ri route peut venir, et j<.' n'ai pas le temps De \ nus instruire ici de lous mes seul uncnls : Biais il faut sut < Iléon que je \ '>n< eut retienne , Après quoi choisisses son commerce ou sa haine. Je sens que je vous- lasse , el je m'apperçois bien, A \ us dis! ractîons , que vous ne croyez rien : Mais, maigre vos mépris, votre bien seul m'occupe; 11 seroit odieux que vous fussiez sa dupe.

166 LE MÉCHANT

L'unique grâce encor qu'attend mon amitié,

C'est que vous u'alliez point paroître si lié

Avec lui : vous verrez avec trop d'évidence

Que je n'exi;,'eois pas une vaine prudeucp.

Quant au ton dont il faut ici vous présenter,

il ien , je crois , là-dessus ne doit m'inquiéter ;

^ 0u$ avez de l'esprit , un heureux caractère ,

De l'usage du monde , et je crois que pour plaire,

Vous tiendrez plus de vous que des leçons d'autrui.

Géronte vient; allons...

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