‹ uvres de GressetChapitre 175 sur 215 · SCENE VII. CLÉON, FLORISE · texte numérisé non relu

SCENE VII. CLÉON, FLORISE

Cf. É ON.

Vous venez à propos : j 'allois chez vous , madame .. . Mais quelle rêverie occupe donc votre aine? Qu'avez-vous? vos beaux veux me semblent moins

sereins ; Faite pour les plaisirs , auriez-vous des cbagrins ?

FLORISE

.l'en ai de trop réels.

CtÉOM.

Dites-les-moi , de grâce , Je les partagerai , si je ne les efface.

aïo LE MECHANT.

Vous connoissez...

horise, J'ai fait bien des réflexions , Et je ne trouve pas que nous nous convenions.

CLÉÛ5.

Comment , belle Florise ? et quel affreux caprice Vous force à me traiter avec tant d'injustice? Quelle etoit mon erreur ! quand je vous adorois , Je me croyois aimé...

FLORISE

Je me l'imaginois; Mais je vois à présent que je me suis trompée : Par d autres sentiments mon ame est occupée ; Des folles passions j'ai reconnu l'erreur, Et ma raison enfin a détrompé mon cœur.

CLÉOlf.

Mais est-ce bien à moi que ce discours s'adresse? A moi dont vous savez l'estime et la tendresse, Qui voulois à jamais tout vous sacrifier, Qui ne voyois que vous dans l'univers entier? Ne me confirmez pas l'arrêt que je redoute ; Tranqml lisez mou cœur: vous l'éprouvez, sans doute?

flo ris t.

Une autre vous auroit fait perdre votre temps, Ou vous amuseroit par l'air des sentiments ; Moi , qui ne suis point fausse...

c i. É o n , à genoux , et de l'air le plus affligé. Et vous pouvez, cruelle , M'annoncer froidement cette affreuse nouvelle?

FI.ORISE.

Il faut ne nous plus voir.

clé on, se relevant, et éclatant de rire. Ma foi , si tous voulez Que je vous parle aussi très vrai , vous me comblez. Vous m'avez épargné , par cet aveu sincère , le même compliment que je voulois vous faire.

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