SCENE VII. CLÉON, FLORISE
Cf. É ON.
Vous venez à propos : j 'allois chez vous , madame .. . Mais quelle rêverie occupe donc votre aine? Qu'avez-vous? vos beaux veux me semblent moins
sereins ; Faite pour les plaisirs , auriez-vous des cbagrins ?
FLORISE
.l'en ai de trop réels.
CtÉOM.
Dites-les-moi , de grâce , Je les partagerai , si je ne les efface.
aïo LE MECHANT.
Vous connoissez...
horise, J'ai fait bien des réflexions , Et je ne trouve pas que nous nous convenions.
CLÉÛ5.
Comment , belle Florise ? et quel affreux caprice Vous force à me traiter avec tant d'injustice? Quelle etoit mon erreur ! quand je vous adorois , Je me croyois aimé...
FLORISE
Je me l'imaginois; Mais je vois à présent que je me suis trompée : Par d autres sentiments mon ame est occupée ; Des folles passions j'ai reconnu l'erreur, Et ma raison enfin a détrompé mon cœur.
CLÉOlf.
Mais est-ce bien à moi que ce discours s'adresse? A moi dont vous savez l'estime et la tendresse, Qui voulois à jamais tout vous sacrifier, Qui ne voyois que vous dans l'univers entier? Ne me confirmez pas l'arrêt que je redoute ; Tranqml lisez mou cœur: vous l'éprouvez, sans doute?
flo ris t.
Une autre vous auroit fait perdre votre temps, Ou vous amuseroit par l'air des sentiments ; Moi , qui ne suis point fausse...
c i. É o n , à genoux , et de l'air le plus affligé. Et vous pouvez, cruelle , M'annoncer froidement cette affreuse nouvelle?
FI.ORISE.
Il faut ne nous plus voir.
clé on, se relevant, et éclatant de rire. Ma foi , si tous voulez Que je vous parle aussi très vrai , vous me comblez. Vous m'avez épargné , par cet aveu sincère , le même compliment que je voulois vous faire.