‹ uvres de GressetChapitre 7 sur 215 · SCE\E III · texte numérisé non relu

SCE\E III

ALZONDE, AMÉLIE.

ALÎOS I) F.

Tout est prêt, tu le vois. Une crainte nouvelle

Me détermine à fuir cet asile infidèle.

On a vu, d'un des miens si j'en crois le rapport,

Arondel cette nuit arriver en ce port ;

En Norvège souvent cet Arondel m'a vue ;

S'il étoit en ces lieux , j'y serais reconnue.

Le temps presse, il faut fuir: men.v'eonslesinsfants;

Ce jour passé , pent-être il n'en seroit plus temps.

AMEHE.

Mais ne craignez-vous point d'obstacle à votre fuite?

iL7,OH»E.

Sous le nom d'Aglaé dans ce palais conduite , On me croit Neustrienne, on ne soupçonne rien. Appui des malheureux, Yorcestre est mon soutien ; Il permettra sans peine , exempt de défiance , Que je retourne enfin aux lieux de ma naissance. Je viens ponr ce départ demander son aveu , Et je croyois déjà le trouver en ce lien ; Mais, s'il faut t'achever un récit trop fidèle, Le ponrras-tu penser? quand le trône m'appelle, Quand l'Ecosse gémit, quand tout me force à fuir, Prête à quitter ces lieux je tremble de partir.

io EDOI *.RD III.

Qui peut vousarréter?commentpourroit vous plaire Ce pa .us décoré d'uni' pompe étran|

Tout ici vous présente nu spectacle odieux:

Cr trône annonce on maître, et le votre en ce* lieux;

Ces palmes d'un vainqueur retract-ut In conquête ,

L'oppresseur de vos droits , 1 usurpateur... a i.z on i) t.

Arrête :

Tu parles d'un héros l'honneur de l'univers , l.t tu peins un t\ r.tn. Dans nus affreux revers J'accuse le destin pins qnc ce prince aimable,

I t mon (nui est bien loin de le trouver coupable.

Etends] j'en rougis. Vois tout mon désespoii i Sur ces murs la vengi anee a >rai é mon devoir .

.le le sais ; niais tel est mon destin d -plomb le ,

Qn'à La bon te, aux malheurs dn revers <|ui m'accable ,

II devoil a j eu ter de coupables douleurs,

l.t joindre l'amour même à mes autres fureurs.

J'arrivois en courroux , mais mou ame charmée

A I aspecl il Edouard se sentit désarmée.

Sans d mte que l'amour jusqu'au sein des malheurs

S 'ou\ re par nos peu. liants Le chemin de nos co un:

Connoissant ma fierté, mon ardeur pour la gloire,

11 prit pi mr m 'attendrir la voix de la victoire ;

11 me du qu'enchaînant le plus grand des guci i ut.s ,

Qui partageoil son cœur partageoit ses lauriers.

On commaude L'amour il n'est plus d'autres maitres:

J'étouilai dans mou sein la voix de mes ancêtres ;

Je ne vis qu'Edouard : captive sans ennui ,

Des chaînes m'arrêtoient , mais c'étoil près de lui.

Pourquoi me rappeler la honte de mou ame .

Kl toutes les erreurs ou m'eutrainoit ma Hausse ?

I u plus beureux objet a fixé tous ses voeux :

C'en est fait , ma licite doit étouffer mes leux : Les foibles sentiments que l'amour u >us u

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