SCENE IX
SIDNEI, DUMONT.
SIOÏEI.
Es-tu prêt?
DUMONT
Oui, tout prêt à rester.
SIDNEI.
Comment?
DUMONT
.l'ai réfléchi... d'ailleurs l'inquiétude... Et puis de certains bruits sur votre solitude...
SIDNEI.
Quoi! que t'a-t-on dit? qui?
DUMONT
.le ne cite jamais ; Il suffit qu'à vous voir triste dans cet excès , Et changé tout-à-coup de goût et de génie , Ou vous croiroit brouillé, monsieur, avec la vie : Vous ne venez, dit-on , ici vous enfoncer Que pour vous y laisser lentement trépasser.
SIDNEI.
Où prends-tu cette idée ?
DUMONT
Il est vrai quelle est folle ;
8a SIDNEI.
Mais la précaution n'est pas un soin frivole : La vie est un effet dont j e fais très grand cas , Et j'y veille pour vous, si vous n'y veillez pas.
SIDNEI.
Duroont, à ce propos , s'aime donc bien au monde?
DUMOST.
Moi, monsieur? mon projet, si le ciel le seconde, Est île vivre content jusqu'à mon dernier jour. On ne vit qu'une fois ; et puisque j'ai mon tour. Tant que je le pourrai je tiendrai la partie. J'aurois été héros sans l'amour de la vie ; Mais dans noire famille on se plait ici-bas : Vous savez que des goûts on ne dispute pas. Mon père et mes aïeux des avant le déluge Etoient dans mon système, autant que je le juge, Et mes futurs enfants, tant gredins que seigneurs, Seront du même goût, ou descendront d'ailleurs. Les grands ont le brillant d'une mort qu'on publie; Nous autres bonnes gens nous n'avons que la vie : Nous avons de la peine, il est vrai ; mais enlin Aujourd'hui l'on e--t mal, on sera mieux demain : En quelque état qu'on soit, il n'ett rien tel que d'être...
SI Bit El.
Laisse-là ton sermon, et va porter nia lettre.
D0IOÏT.
J'en suis fâché, monsieur, cela ne se peut pas.
si D If El.
De vos petits propos à la fin je suis las : .1 aime assez quand je parle à voir qu'on obéisse ; Et quand un valet fat montre quelque caprice, .le sais congédier.
D1HOIT.
Ayez des sentiments !
Voilà tout ce qu'on gagne à trop aimer les gens ! Est-ce pour mon plaisir, j'enrage quaud j'y pense,