ACTE II, SCENE VI. y
Vous suivrez de sang-froid dans leur fatal courage Ces héros insensés...
si D N El
Ce courage n'est rien :
.le suis mal où je suis, et je veux être bien ; Voilà tout : je n'ai point l'espoir d'être célèbre, Ni l'ardeur d'obtenir quelque éloge funèbre.; Et j'ignore pourquoi l'on vante en cerlains lieux Un procédé tout simple à qui veut être mieux : D'ailleurs que suis-je au monde? une loible partie Peut bien sans nuire au tout en être désunie : A la société je ne fais aucun tort , Tout ira comme avant ma naissance et ma mort ; Peu de gens, selon moi, sont d'assez d'importance Pour que cet univers remarque leur absence.
HAMIITOK.
Continuez , cruel! calme dans vos fureurs, Faites-vous des raisons de vos propres erreurs : Niais l'amitié du moins n'est-elle point capable De vous rendre la vie encore désirable?
si d « E i.
Dans l'état où je suis on pesé à l'amitié ; Je ne puis désirer que d'en être oublié.
HAMII-TOW.
Vous m'offensez, Sidnei, quand votre ame incertaine Peut douter de mon zèle à partager sa peine ; Mais cette Rosalie, adorée autrefois, Sur ce jour qui vous luit n'a-t-elle point des droits? Sont-ce là les conseils que l'amour vous inspire. ' Que ne la cherchez- vous? sans doute elle respire , Sans doute vous pourrez la revoir quelque jour.
si DM El.
Ah ! ne me parlez point d'un malheureux amour ; Je l'ai trop outrage; méprisable, infidèle, Quand je la re verrou, suis-je eacor digne d'elle? Et les derniers soupirs d'un cœur anéanti
<,<; SIDNEI.
Sont-ils faits pour l'amour qu'autrefois j'ai senti? Témoin de mes erreurs , vous n'avez pu comprendre Comment j'abandonnai l'amante la plus tendre; Le savois-je moi-même? égaré, vicieux, .Te ne méritois point ce bonheur vertueux, Ce cœur fait pour l'honneur comme pour la tendresse, Que j'aurois respecté jusque dans sa foiblesse : Lui promettant ma main, j'avoisfixé son cœur; Je la trompois : enfin , lassé de sa rigueur, Lassé de sa vertu, j'abandonnai ses charmes, .l'affligeai l'amour même : indigne de ses larmes, Je promenai par-tout mes aveugles désirs : J'aimai sans estimer; triste au sein des plaisirs, Errant loin de nos bords, j'oubliai Rosalie: Elle avoit disparu pleurant ma perfidie. Hélas ! peut-être, ami , j'aurois causé sa mort. Depuis que je suis las du monde et de mon sort, Au moment de finir ma vie et mon supplice , J'ai voulu réparer ma honteuse injustice : Pour lui donner mes biens, comme vous savez tout, Je l'ai cherchée à Londre, aux environs , par-tout ; Mais depuis p)us d'un mois les recherches sont values.
H A M IL TON
Du soin de la trouver fiez-vous à mes peines.
SIDNEI.
Non, quand je le pourrois je ne la verrois plus ; Mes sentiments troublés, tous mes sens confondus, Tout me sépare d'elle, et mon ame éclipsée, De ma fin seule, ami , conserve la pensée : Je ne voulois savoir sa retraite et son sort Quepourlarendreheureuseaumoinsaprèsmamort ; Et ne prétendois pas à reporter près d'elle Un cœur déjà frappé de l'atteinte mortelle.
H A Mil. TON.
Ello'oublicra vos torts en voyant vos regrets ;