ACTE I, SCENE I. i.î
Les rapports fout toujours plus de mal que de bien : Et de tout le passé je ue sais jamais rien.
LISETTE
Cette méthode est bonne, et j'en veux faire usage. A dieu, monsieur l'rontin.
FROWTIN.
Quel est donc c« langage ?
Mais, Lisette, un moment.
LISETTE
Je n'ai que faire ici.
F RONTIN.
Ait u donc oublié , pour me traiter ainsi ,
Que je t'aime toujours, et que tu dois m'en croire?
LISETTE
.le ue me pique pas d'avoir de la mémoire.
F ronti w.
Mais que veux-tu?
LISETTE
.le veux que , sans autre façon , Si tu veux m'epouser, tu laisses là Cléon.
FRONTI N.
Oh ! le quitter ainsi , c'est de l'ingratitude : Et puis, d'ailleurs, je suis animal d'habitude. Où trouverois-je mieux?
LISETTE
Ce n'est pas 1 embarras.
Si, malgré ce qu'on voit, et ce qu'on ne voil pas, Lu noce en question parvenoitàse faire.
Je pourrois, par Cbloé, te placer chez Valere. Mais à propos de lui , j'apprends avec douleur Qu'il connoît lort ton maître, et c'est un graud
malheur.
Valere, à ce qu'on dit, est aimable, sincère . Plein d'honneur, ..uuonçant le meilleur caractère ; Mais, séduit par l'esprit ou la fatuité. Croyant qu'on réussit par la méchanceté .
n4 LE MÉCHANT.
Il a choisi, dit-on, Cléon pour son modèle ;
Il est son complaisant, son copiste fidèle...
FRONTIK.
Mais tu fais des malheurs et des monstres de tout. Mon maître a de l'esprit , des lumières , du goût , L'air et le ton du monde ; et le bien qu'il peut faire Est au-dessus du mal que tu crains pour Valere.
LISETTE
Si pourtant il ressemble à ce qu'on dit de lui , Il changera de guide ; il arrive aujourd'hui : Tu verras-; les méchants nous apprennent à L'être ; Par d'autres , ou par moi , je lui peindrai ton maître : Au reste , arrange-toi , fais tes réflexions : Je t'ai dit ma pensée et mes conditions : J'attends une réponse, et positive, et prompte. Quelqu'un vient, laisse-moi... Je crois que c'est
Géronte.
Comment! il parle seul !