‹ uvres de GressetChapitre 97 sur 215 · ACTE I, SCENE II. n · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. n

Comment , monsieur ! j'aurois , une fois en ma vie , Le plaisir de vous voir, en dépit des jaloux, De votre sentiment, et d'un avis à vous ?

GÉEOÏTE,

Qui m'en empêcheroit ? je tiendrai ma promesse ; Sans l'avis de ma sœur, je marierai ma nièce : C'est sa fille , il est vrai ; mais les biens sont à moi ; Je suis le maitre enfin. Je te jure ma foi Que la donation , que je suis prêt à faire , N'aura lien pour Chloé qu'en épousant Yalere : Voilà mon dernier mot.

LISETTE

Voilà parler, cela .'

GÉÎOHT.I.

Il n'est point de parti meilleur que celui-là.

LISETir.

Assurément.

GÉEOSTE.

C'étoit pour traiter cette affaire , Qu'Ariste vint ici la semaine dernière.

La ruere de Yalere, entre tous ses amis, Ne pouvoit mieux choisir pour proposer son fils. Ariste est honnête homme, intelligent et sage : L'amitié qui nous lie est, ma foi, de notre âge ; Il est parti muni de mon consentement , Et l'affaire sera -finie incessamment ; Je n'écouterai plus aucun avis contraire ; Pour la conclusion l'on n'attend que Yalere : Il a dû revenir de Paris ces jours-ci ; Et ce soir au plus tard je les attends ici.

LISETTE

Fort bien.

GÉEOSTE.

Toujours plaider m'ennuie et me raine ; Jjes terres du futur cette terre est voisine, Et confondant nos droits, je finis des procès

iid LE MÉCHANT.

Qui , sans eette union, ne finiroient jamais.

LISETTE

Rien n'est plus convenable.

Et puis d'ail leurs,ina nièce Ne me dédira point , je crois , de ma promesse , Ni Valere non plus. Avant nos différents , Ils se voyoient beaucoup , n'étant encor qu'enfants ; Ilss'aimoient; et souvent cet instinct de l'enfance Devient un sentiment quand la raison commence. Depuis près de six ans qu'il demeure à Paris Ils ne se sont pas vus : mais je serois surpris Si , par ses agréments et son bon caractère , Cbloé ne retrouvoit tout le goût de Valere.

LISETTE

Cela n'est pas douteux.

GÉRO NT E.

Encore une raison Pour finir : j'aime fort ma terre , ma maison Leur embellissement fit toujours mon étude. On n'est pas immortel : j'ai quelque inquiétuiCe Sur ce qu'après ma mort tout ceci deviendra : le voudrais mettre au fait celui qui me suivra , Lui laisser mes projets. J'ai vu naître Valere : .l'aurai, pour le former, l'autorité d'un père.

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