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aux coutumes de Tépoque, qui servent à donner au récit un caractère vraisemblable et pitt«resque\ C'est, par exemple, Técuyer qui doit appeler Guillaume auprès de la dame et qui, pour TefFrayer, s'amuse à lui annoncer qu'il aura à faire un voyage de trois jours, alors que sa maîtresse se trouve à quelques pas de là; ce sont les assauts de politesse entre Guillaume et la dame, et plus tard entre la dame et le roi de Navarre; c'est encore la gradation savante avec laquelle la dame fait entendre à Guillaume les reproches qu'il a encourus, le remplissant d'une vague inquiétude; c'est l'attitude des interlocuteurs qui se parlent à Toreille ou se coupent brusquement la parole, etc. Tout cela donne à cette fiction le caractère d'une aventure réelle!]
La question litigieuse, dans le Jugement dou Roy de Navarre^ est débattue avec plus d'ampleur que dans le Jugement dou Roy de Behaingne qui est plus court de moitié. Malgré son étendue, le dit offre, comme le précédent, une unité d'idée et d'action presque complète. Les digressions inutiles et n'ayant pas de rapport avec ce qui est l'objet même du débat sont /rares, sans toutefois faire complètement défaut. Ce sont encore à notre avis les descriptions qui ont entraîné le poète au delà des limites permises. Mais il faut se rappeler que le public de l'époque en jugeait autrement et goûtait fort des digressions de ce genre. D'un autre côté, Machaut semble avoir mis un soin tout particulier à préparer et à motiver les événements dont il nous entretient, ayant surtout à cœur de justifier sa défaite finale. C'est ainsi que, presque dès le début, il fait prévoir Tissue du procès qui tournera à son désavantage, en déclarant : a Je ne sui mie si fors... que je ne puisse estre veincus;... se je ne puis (vaincre), je
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soufferray»; ou bien il a soin de nous faire savoir que le clerc d'Orléans n'a pas lu à haute voix la lettre qui causa sa folie, lettre qui contenait plusieurs secrets sur lesquels il ne nous renseigne pas; or, ce sera là un des principaux arguments de ses adversaires et la cause de Tune de ses condamnations. ^omme les auteurs ~> dramatiques, Machaut se montre maître consommé dans l'art des préparation^^ L'unité de composition du j poème n'en est que plus solide.
'Dans la discussion même, Machaut fait entrer uq \ ' nouvel élément, inconnu au dit précédent : ce sont les 1 a exemples », c'est-à-dire des récits, empruntés de pré*/ férence à la Bible ou à la littérature gréco-romaine, destinés à servir de preuves aux assertions du poète? ) C'est dans le Dit de l'Alerion que Guillaume en use pour la première fois ; depuis lors, il n'écrira, plus de poème où ces exemples n'occupent une place considérable ; on a vu qu'on les retrouve jusque dans le Pro^ logue. Des poètes contemporains de Machaut nous renseignent sur l'importance qu'on accordait alors à ces récits aussi amusants qu'instructifs, qui, dans les discussions et disputes, étaient des arguments de haute valeur *. Machaut tire ses exemples de sources diverses : ^ La plupart en sont empruntées à la mythologie et à l'histoire de l'antiquité. Ce sont les récits suivants :
I. Voy. par exemple Watriquet de Couvin, dans le Dit de la Noix (y, 3-4) :
On doit toaz jours son sens moustrer Par biaux examples demoastrer,
et Jehan Lé Fevre, dans les Lamentations de Matheolus (fl, V. 2675-76) :
Poar ce, qui veult a droit plaidier, D'exemples se convient aidier.