INTRODUCTION LXXVII
C'est donc dans la littérature latine du moyen âge qu'il aura trouvé son récit des aventures de Thésée. Cependant, Ovide, dans lax« lettre des Hérotdes, traite de l'abandon d'Ariane par Thésée, Il est possible, par conséquent, que pour cet exemple encore, Machaut ait puisé à la source qui lui avait déjà fourni l'histoire de Didon et d'Énée.
i'^fjason et Médée (v. 2770-2804). Benoît jde Sainte- More, dans rintroduction de son Roman dp Troie ', avait le premier en France fait connaître les aventures merveilleuses de Jason à la quête de la Toison d'or ; mais, pressé d'arriver à son véritable sujetj il avait interrompu le récit avant le dénouement tragique des amours de Jason et de Médée^ se contentant d'en faire vaguement entrevoir la lameâtable issue. Plus tard, Jean de Meun à son tour avait raconté les exploits de Jason qui « conquit par Tart de Médée
tamorph,, VIIl, iSa ss.; Fastes, III, 459 ss.) ne pouvaient suffire à nos poètes du moyen âge. On trouve des récits plus d4taiUé8 chez les mythographes [Mythographi Vaticani, éd. Bode, 1834, I, 43; II, 134), dans le commentaire de Servius sur VÉnéide{J\\i 74; VI, 14; 28 ss.)> dans les Fables d'Hygin (N. 41 et 43). Cest de la version de ce dernier que le récit de Guillaume se rapproche le plus, quoiqu'il y. ait entre les deux quelques notables différences. Il faut remarquer que les Fables d'Hygin n'étaient pas tout à fait inconnues aux poètes français du moyen âge : Tauteur du Roman de Thèbes pourrait avoir exploité les fables 66 ss. et Benoit de Sainte-More paraît avoir puisé à la fable 93 des détails que ne lui fournissait pas sa source principale (voy. Grôber, Grundriss der roman, Phil.y II, 1, 583 et 84); Risop, dans Florimont, constate des emprunts faits à la fable 192 (Abhandlungen fur Tobler, p. 441, n. 3). Cependant, il n'est pas certain qu'il s'agisse là d'emprunts directs aux œuvres d'Hygin ; ils pourraient bien avoir passé par quelque intermédiaire médiéval. I. V. 715-3060 (éd. L. ConstanSf I, 1904).
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en Colcos la toison dorée ' ». Machaut a donc pu se contenter pour ce fait d'un court résumé de quelques vers. Pat- contre, il s'étend plus longuement, comme l'exigeait son sujet, sur la trahison de Jason et Fatroce vengeance de Médée que Benoît avait passées sous silence et que Jean de Meun n'avait traitées que très sommairement. C'est encore Ovide qui a fourni à Machaut tous les éléments de son récitl la xii« épître des Héroïdes (Médée à Jason) rappelle le meurtre du frère de la magicienne (v. ii3-ii6) et de Pélie (v. 129-130); elle cite le nom de Creusa (v. 53) ; elle fait connaître Pexistence des deux enfants de Jason (v. 192) et signale leur grande ressemblance avec leur père (v. 189). Le vu* livre des Métamorphoses complète l'histoire : le meurtre des enfants (v. 396), l'incendie du palais (v.. 395)/la fuite de la magicienne à l'aide de ses dragons ailés (v. 398), ses secondes noces avec Egée, roi d'Athènes, qui est « déçu » par elle, allusion évidente au meurtre que le roi, à l'instigation de Médée, allait commettre sur la personne de Thésée, son fils inconnu (v. 402 ss.j. C'est de la combinaison de ces deux œuvres du poète latin qu'est entièrement sorti r « exemple » de Guillaume.
^^^yrame et Thisbéj {y. 3171-79). L'histoire des deux amants de Babylone, telle que la raconte Ovide dans les Métamorphoses (IV, v. 5 5- 166), avait été traduite en vers français longtemps avant Machaut 7 Elle