Li Livres dou Trésor^ éd. Chabaille (i863), p
3. Voy. les Œuvres de Watriquet de Couvin, éd. Scheler (1868), p. 283 ss. Ces poèmes étaient assez répandus dans les cours princières du commencement du xiv« siècle (vpy. Grôber, Gnindriss der roman, PhiL, II i, 85 1), et Machaut pouvait les connaître. Mais on ne saurait relever dans Toeuvre de Guillaume aucun rapport direct avec celle de Watriquet dont les tendances littéraires suivaient une tout autre directioa.
INTÏ^ODUCTION WXXV
qui es^ frappé de folie ne se sentent-^eUes vraiment que pendant le court instant qui marque la trai^sition de l'état de santé à i'éiat de la maladie? Non, réplique le poète, la cause première, celle qui occasionne la maladie, est bien plus terrible et plus douloureuse. Et, comme preuve, il cite le cas du chien enragé dont la maladie est causée par un ver qui « la langue li perse », Les bestiaires, ici encore, font défaut, et ce n'est que dans un passage interpolé d'un manuscrit de Brunetto Latini qu'on lit : « Par dessous la langue dou chien gist aucuns vermissiaus qui le fait enragier, et qui le puet oster, il le garist de la rage » ' . (t'était bien là une opinion Jipépandue autrefois notamment dans les cercles de chasseurs que certaine partie cartilagineuse de la, langue du chien, de la forme d'un ver, était la cause de la rage, et on croyait en effet préserver les chiens de Va-t trocç maladie, en leur enlevant cette partie que le. langage populaire appelle le ver sublingalJQx Ma-ç chaut, précisément dans notre poème^ se présente commoversé dans Tart de la vénerie/ de même quc^ dans le Dit de VAlerion^ il se montreiconnaisseur de la chasse au vol.' Habitué des cours, il fréquentait le monde des chasseurs et était au courant de leurs usages. C'est donc ainsi qu'il a eu connaissance de la croyance qui lui sert d'argument contre ses adversaires. Quant à rhistoire même qu'il raconte à ce propos, du chien instantanément gu^ri par l'opération et léchant les mains de l'opérateur en signe de reconnaissance^ il Ta peut-être trouvée dans quelque ouvrage de médecine ou de vénerie; mais il se pourrait aussi qu'il s'agît là de quelque anecdote qui circulait oralement dans les milieux où se mouvait le poète.