INTRODUCTION
La biographie de GuCtave Crauk \ devant etre écrite, une simple introduction nom a paru convenir d cette publication ou nom avons réuni un choix des principaux ouvrages pouvant le mieux caractériser cet œuvre considérable, qui témoigne de qualités si diverses.
Lue science impeccable ne fut pour G. Crauf qu’une grammaire lui gardant la mesure, le haut Chyle, sans jamais entraver l’efor d’une production eféentiellement vivace, qui révélé, avec la puiflance des grandes conceptions, la fécondité la pim variée <ZT les qualités toutes françaises de décorateur (â>" de portraitiCie .
Le groupe Bacchante & Satyre, envoi de Rome, eCt la première manifestation de GuCtave Crauf vers le retour aux souples & vivantes traditions de l’art national, aufii mérita- t-il les reproches des clafiques exclusifs dans le rapport qui en fut fait.
Un grand marbre en eft exposé en i8yy; et, au Salon suivant, 1861, Le Faune à l’Amphore a raison de cette opposition A conquiert la première médaille, renouvelée en 18 63 pour la Statue de Saint Jean-Baptiste.
Un 1864, paraît La Victoire couronnant le Drapeau français, un des plus grands sucées artistiques de cette époque. Tous les critiques d'art la célèbrent; Paul de Saint -Victor l'appelle «un des chefs-d'œuvre de l'art contemporain qu Athènes aurait pu dre fier sur un socle de ses Propylées » . «Création originale, dit Urne fi Chesneau, en meme temps qu'œuvre d'art des plus belles, achevée, complété, correspondant au temps présent; elle refiera a l'honneur de notre époque A pour la plus grande gloire du nom de son auteur, Guftave Crauf v
Des son retour de Rome, ses bufies, aux Salons de 1861, 1862, 1863, font sensation; ils sont les premiers qui émancipent complètement le portrait sculptural de la convention clafique, pour le ramener a la avivante souple fée du modelé des maîtres du xvnf siecle. Sincère devant la nature, Guftave Crauf ne ceféa cependant pas de la traduire sous son aspeft le plus élevé; la longue série de ses bufies en fait foi. Il s'inspirera de ce meme efpnt dans ses fiatues hiftonques ; le c ara Itéré de l époque, la uérité du coftume, d'une exécution souple (A ferme,
l’exprefiion generale les placent au premier rang. Les figures de La Comtesse Marguerite de Flandre (xnï siècle), Robert Sorbon (xnf siècle), Claude Bourgelat (xvnf sieclef L’Intendant d’Etigny {xvme sîe clef Montahvet ( premier Empire ), la figiire agenouillée du Cardinal Giraud, celle toute moderne Edmond About, etc., en demeurent des témoignages; non moins ses Hatues militaires, dont plusieurs sont de vivants portraits faits d’apres nature, comme celles du Duc de Malakoff, du Maréchal Niel, du Maréchal de Mac-Mahon, du Général Faidherbe. Et de poétiques tombeaux : la Hatue de La Douleur sur celui du consul Béclard, une touchante Figure de jeune fille voilée Et Le Génie qui pleure sur le peintre charmant Jules Machard.
Lorsque Guftave Craifi fait œuvre plus particulièrement clafiique, c’eft que le sujet logiquement l’impose, comme, par exemple, dans l’allégorie antique, Et il n’y retrouve pas sans joie le souvenir des premières traditions qui ont guidé ses études.
Décorateur, il se révéla des ses premiers efials : ses frontons, ses figures du théâtre du Balais de Compïègne, ses cariatides en témoignent tout d’abord; son Groupe des Tritons qui arrête l’ admiration de Lhihppe Burty Et3 inspire une si belle page a P. de Saint- J/itlor; nom y relevons ces lignes : «... Ce groupe
triomphal qui rappelle la sculpture hydraulique des Cou flou & des Cep autre , dont l; originalité eft dans un mélange chaleureux de maniéré moderne Sx3' de style antique; V arrangement eft d’un goût superbe; rien de joyeux de hardi
comme l’élan du couple aquatique dre fiant en l’air son trophée. . . » Ces qualités décoratives se retrouvent pleinement dans l’ ordonnance des deux plus importants monuments exécutes par Guftave Craukç : celui si populaire de l’amiral de Cohgny (cA le mausolée élevé a Carthage au cardinal Lavigene; le sculpteur s’y eft élevé a la plus haute exprefiion du sujet. Le premier a doté Paris — dit a maintes reprises la critique d’art — «de l’un des plus beaux , s’il n eft le plus beau monument de Paris». Et le grand public a ratifié ce jugement.
Le mausolée du cardinal Lavigerie, dans la basilique de Saint -Louis de Carthage , a mérité cet éloge du cardinal Perraud{'] : C’ eft toute l’hiftoire d’une mémorable exiftence écrite en un poeme de marbre, de pierre <SfA de bronze. . . »
Peu apres l’éreétion de ce mausolée, c’eft l’ achèvement du groupe colofial du Combat du Centaure, œuvre de puifiance, ou l’aftion la plus violente ne
(l) Le ceièbre évêque d’Autun, membre de V Académie française, mort en lyoé.
compromet pas un inftant l’harmonie; résume des qualités, de la science d une grande école, par excellence œuvre didaéhque de la fin du xixe siècle que Gustave Craup voulut léguer d la sculpture française.
Il fit des œuvres de pure beauté, dans lesquelles le sujet eft toujours un poeme (fix les te tes, de vivants portraits ; la virtuosité des lignes, le pur defiiny sont des régals délicats : La Jeunesse & l’Amour, Le Baiser, Amour & Folie, <àx, comme une gerbe de cet idéal féminin cherché, le groupe des Grâces portant l’Amour 5 elles ont été célébrées par les critiques d’art fix les poetes.
Les Statues drapées abondent dans cet œuvre immense dont le seul Musée Guflave Craifi, d Valenciennes, peut donner l’idée ; prodigieuse fécondité : près de trois cents ouvrages sortis des mains d’un homme qui n eut jamais recours a aucun subterfuge, n admettait aucune négligence (fix ne se fit jamais aider.
Parmi les ftatues figirrant dans cet A. Ibum, qui décorent les églises fix autres monuments fifX jardins publics, nous ajouterons d celles déjà citées les figures de saint Auguftin, saint Joseph, le groupe du Crépuscule fix le groupe colofial de Notre-Dame de la Paix avec l’Enfant, don du sculpteur au Sacré-Cœur de Montmartre , enfin la Statue Le Matin.
L 'œuvre qui devait etre terminée le jour meme ou le vaillant fix généreux
sculpteur quitta son atelier -pour n’y pim revenir, le j novembre 190 j, efl un b u fie du Christ j il y pensa longtemps, s’en pénétra & donna a la divine image une expre félon profonde, surnaturelle, de bonté, de tri fie fée, de miséricorde, qui frappa les moins religieux; elle a été la dernière manifestation de cette grande âme d’ artiste & son viatique suprême.
Ajax défendant le corps de Patrocle.
(Premier Grand Prix de Rome, 1851.)
Bas-relief À la mémoire de Pradier.
(Envoi de Rome, 1853.)
Gustave
Crauk.
Bacchante et Satyre.
Groupe marbre, destiné au Musée Gustave Crauk. (Envoi de Rome, 1854.)
Omphale.
Groupe marbre. (Cour du Louvre.)
Victoire aptère.
Statue pierre. (Cour du Carrousel, à Paris.)
L’Élégie.
Statue marbre. (Envoi de Rome, 1855.) Musée G. Crauk, Valenciennes (Nord).
Le Faune À l’amphore.
Statue marbre. — Musée G. Crauk, Valenciennes (Nord).
La Peinture.
Statue pour le Palais des Beaux-Arts.
(Exposition universelle de 1889.)
Robert Sorbon.
Statue pierre xiufi siècle.
(Amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris.)
Fronton de la Manufacture de porcelaine de Sèvres. L’Art grec et la Renaissance.
Figures décoratives. (Théâtre du Palais de Compiègne.)
Figures décoratives. (Théâtre du Palais de Compiègne.)
Statue marbre. — Son tombeau dans la cathédrale de Cambrai (Nord).
Bronze. (Fontaine de la place Médicis, à Paris.)
Bronze. (Fontaine de la place Médias, à Paris.
La Comtesse Marguerite de Flandre.
Statue marbre (xiiic siècle).
Fondatrice de l’hospice de Séclin (Nord).
La Prudence.
Statue pierre.
Eglise de la Trinité, Paris.
Cariatides.
Théâtre de l’Opéra de Paris (loge du Gouvernement).
La Médecine.
Cariatide.
Ecole de Médecine de Paris (boulevard Saint-Germain).
Jacques Gondoin
Membre de l’Institut
Archite&e de l’Ecole de Médecine de Paris & de la Colonne Vendôme.
La Chirurgie.
Cariatide.
Ecole de Médecine de Paris (boulevard Saint-Germain).
Les Grâces portant l’Amour.
Groupe marbre.