Délits contre fa personne et la réputation
Les idées qu'on attache à la dénomination d’injures lascives doivent varier beaucoup, selon que les mœurs du peuple sont plus ou moins .réservées. Les femmes couvrent différentes parties de leur corps avec une attention plus ou moins scrupuleuse en diffirents pays. En Asie, elles rendent toute leur personne comme invisible sous l’épaisseur du voile. A Sparte, les jeunes Biles parais.saient en public avec une robe ouverte et flottante. Parmi nous, les bienséances des habillements varient àans cesse comme les modes.
C'est une chose bizarre , mais prouvée par les récits des voyageurs, que les idées d'obscénité ne sont pas uniformes, et peuvent même changer enlièreineiit d’objet. A Otahiti, les faibles notions de pudeur tpi'on a pu y observer, ont paru transportées des fonctions qui perpétuent l'espèce à celles qui conservent l’individu.
Le voyageur Alkins observa la même chose dans une tribu de nègres ■ Toutes les fois que ■ le roi buvait, dit-il, deux de scs serviteurs » élevaient un voile au-devant de son visage, • aBn qn'on ne le vit pas boire. « Le vin ne s’accorde guère avec la modestie ; aussi quand le roi était ivre, on omettait celle marque de resmcct.
Barbeirac, dans ses notes sur Puffendorf <, cite plusieurs anciens voyageurs, qui attribuent ce genre sin^pilier de délicatesse à diverses peuplades africaines. Les habitants du Sénégal, disent-ils , ont la même ])udeur pour la bouche que pour quelque partie du corps
• V'ovn le léviti/fue, chap. xti, v. 19.
a Deul. XXI, V. 9, 10, II.
que ce soit, et ne la découvrentjamaUquepour manger. Cet usage peut tirer son origine de uelque superstition. Les habitants des MuU ives SC cachent soigneusement pour leurs repas. Ils craignent qu’on ne jette quelque charme sur leur nourriture.