‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 45 sur 46 · BELLART · texte numérisé non relu

BELLART

Ce a3 messidor an III.

' On a fait de taines recherches pour connaître Touvrage d^ M. Bellort y dont cette lettre accompagnait Tenvoi. (Note de H Éditeur, )

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( Comté DB Marsiigo ) , Aigleville , i4 juillet 1818.

« Vénérable et bien cher Patriarche ,

» J'ai reçu ton affectueuse et aimable lettre avec la chanson des Carabas.., C'est un sage qui me donne des grelots de Momus. J'aime k rire dans les déserts comme à la. ville , et j'ai adopté depuis long-tems la philosophie de Nigodinos Démocrite; mais tu ne ris pas , mon vénérable ami , avec ta robuste et vieille sagesse de Caton... Que j'aime ta vertueuse colère , mon brave ami ! Tu croîs que ton tonnerre ne s'entend qu'au sénat... prends et lis un extrait de nos journaux libres et archilibres, et ils sont répandus ici comme là lumière du soleil.

» Finis lentement ta belle carrière , et consoletoi si les vingt-quatre lettres de l'alphabet peuvent librement circuler sous les yeux des pauvres humains (auxquels il faut apprendre à lire). C'est le projectile de la vérité , et la vérité conduira tôt ou tard les hommes , et ils seront libres ! ! !

» Tu vois sans doute souvent un autre vénérable, un autre patriarche, un autre bienfaiteur. Il a fait les merveilles que j'admire ici. Présente-lui l'hommage de mon respect , de mon admiration ,

de ma reconnaissance, et de tout mon dévoûment. Je n*ai pas besoin de te nommer le général Lai'.

)) Je suis pour vous deux , exemples de vertus et de patriotisme , le plus sincère et le plus dévoué de vos nombreux admirateurs et amis ,

J. PÉNIÈRES.

» P. S. Je ne te parle pas de notre jolie colonie : on a fait beaucoup de fautes, beaucoup de sottises, et de nombreux frelons ont sucé le miel des abeilles. Les Français sont fous partout... Si la hache et la pioche n'avaient rendu ma plume aussi lourde qu'une poutre , je te dirais mille choses qui te feraient rire ou pitié... il vaut bien mieux que je te prie de me rappeler au souvenir des respectables Manuel et Benjamin Constant , des braves Dupin , ïlaugergue, Dupont, etc., etc. Je me console en pensant qu'il y a en France un beau groupe de bons et estimables citoyens. La vie n'est rien , mais l'honneur et les vertus sont tout.

» Je ne te parle pas des honneurs, sans quoi je te dirais que je suis petit président de la petite assemblée coloniale ; mais garde-toi de me donner ce titre , tu me ferais rougir... Croirais-tu qu'on pensait à moi pour me faire grand-juge de ce comté ; mais je ne puis siffler la langue anglaise. Toute mon ambition se borne h la charrue que je conduis tout comme un autre , et je suis le premier menui-

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sier de ia colonie. Tu peux sans injustice me qualifier tel.

1» Adieu, mon très-bon et vénérable ami; un petit mot sur ta santé et celle de ta charmante famille , k qui je te [nrie d'offrir respects et amitié ' .»

Paris., le %o avril i$93.

<( Monsieur le Comte ,

» Je vous remercie de l'attention que vous avez eue de m'envoyer vos Études Biographiques et Littéraires. J'ai reçu cet ouvrage il y a deux jours, et je me suis empressé de le lire.

» Dans vos écrits comme dans vos discours , quand vous défendez le Port-Royal , comme quand vous luttiez contre le 3 1 mai , à rassemblée constituante et k la convention, coQime au sénat conservateur et k la chambre des pairs, vous êtes toujours l'apôtre de la liberté , de la vérité et de la justice. J'apprends avec plaisir, par l'avis placé en tête des Études Biographiques , que vous allez

' Penières , auteur de cette lettre , était Tun des conventionnels proscrits par la loi du 13 janvier 1816.

DE J.-D. L\NJUINÀIS. 459

publier rëdition générale de 'vos ouvrages. Ce sera un monument élevé aux saines doctrines en politique ,. en religion et en morale.

» J'ai rhonneur d'être , etc. »

M. Foy.

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