‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 1 sur 379 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

I^iltRAIRIE HACHETTK RT C" RooiJtvAiin SAmT-GmMAiir, 79

ifSis-J^

AVERTISSEMENT*

Le tome I des Fables de la Fontaine^ sauf la Notice biographique^ était déjà tiré, et le commencement du second en épreuves, quand les funestes événements de 1870-71 sont venus tout interrompre et suspendre. Si nous n*avons pas, comme pour d'autres écrivains de la G>Uectioii, repris avec courage, dès le lendemain de nos désastres, la tâche commencée, c'est qu'il ne suffisait pas de publier le premier volume, il fallait aussi se préoccuper de la suite ; or, pour cette suite, nous nous étions trouvés arrêtés, même avant la guerre, par un empêchement qui nous a causé et nous laisse de vifs regrets : notre collaborateur si distingué, M. Julien Girard, aujourd'hui proviseur du lycée O)ndorcet, qui, il 7 a bien longtemps, du vivant de M. Louis Hachette, s'était diargé d'éditer le la Fontaine^ avait été enlevé à ce travail par d'autres devoirs, inconciliables, à la façon d<mt il les remplit, avec les soins d'une édition telle

I. Cet Jrertiêsememt ne te rapporte qa*aux tomet I et II, contenant les Fables, Les autres parties des Œuvres seront précédées chacune dn lenr ou d*une Notice qui 7 suppléera.

J. OB LA FomiXB. I c

AVERTISSEMENT

qa*il l'entendait faire. Heureusement il avait achève déjà son annotation des Fables : elle forme le fond de notre commentaire. Je dis le fond^ parce que M. Girard a bien voulu accepter, pour les notices et les notes des six premiers livres, mainte addition proposée par le directeur de la Collection, qui a pensé que, dans la notice dont est précédée chacune des fables, il convenait de développer l'indication des sources, les rapprochements intéressants, d y joindre les appréciations et les réflexions les plus remarquables, soit d'ensemble, soit de détail, dont beaucoup de fables avaient été Tobjet chez tel ou tel de nos bons auteurs. De même, dans le commentaire proprement dit, dans les notes au bas des pages, si, pour les livres de lecture plutôt que d'étude approfondie, le bon goût impose grande sobriété, il a paru qu'on pouvait, qu'on devait ici, vu le èaractère de la 0>llection, se renfermer dans de moins étroites limites pour les explications de choses et de mots, la langue, le style, les imitations voulues, et même les ressemblances fortuites, quand elles offrent quelque intérêt. Dans les livres vu et viu, l'extension, au sens^qui vient d'être dit, est, en grande partie, TcBUvre de M. Desfeuilles; dans les quatre derniers, ne à xn, celle du signataire de cet Avertissement^ qui a de plus revu, avec la constante assistance de son père, tout l'ensemble de cette seconde moitié.

Tai dit à quoi se réduit mon travail dans les deux premiers volumes : si l'on ne trouve pas cependant les noms de MM. Girard et Desfeuilles au titre des OEuçres^ c'est que, me sachant seul chargé de continuer l'édition, ib ont été d'avis qu'il n'y eût que moi de nommé.

AVERTISSEIIENT.

Ce qcd m'a décidé à ne pas refuser cet honneur, c^est l'impossibilité d'attribuer, dans le titre, à chacun sa part. Je viens d'ailleurs de la faire ici.

Nous expliquons plus loin (page 57, note a, de ce tome I) de quelle manière sont disposées les notices des Fables. On s'est attaché à les ranger dans un ordre clair et commode, permettant de les consulter avec choix, en se bornant a ce qu'on y veut trouver.

G>mme l'impression du tome I était achevée avant l'année 1870, le lecteur ne s'étonnera pas qu'il n'y soit pas fait mention, dans les notes et notices, de publications postérieures qu'il eât été parfois opportun de citer, entre autres, de la très-intéressante édition de M. Molandy pahUée de 187a à 1876. Un certain nombre de canons ont été faits; mais naturellement on s'est borné an strict nécessaire.

Notre texte est la reproduction, scrupuleusement exacte, en tenant compte des erraia^ du dernier texte des Fables publié du vivant de l'auteur et sous ses yeux, c'est-à-dire des impressions successives de 1678-167^ 1694- Seulement, au lieu de suivre la division» trèsconfbse, très-arbitraire, de ces impressions, nous avons adopté celle de l'édition de 1706 (Paris, H. Charpentier), où les livres furent pour la première fois numérotés depuis I jusqu'à xu. (Voyez Brunet, tome III, col. 75a.) Walckenaer expUque bien l'impossibilité de suivre le singulier mode de division de la Fontaine :

« Pour concevoir, dit-il*, combien ce changement était nécessaire, il faut savoir de quelle étrange manière

I. Préface sur lu Fables de la Fontaine (tome I, p. gxl et czu, de rédition de 18S7).

AVERTISSEMENT

Touvrage était divisé dans la dernière édition donnée par Fauteur. Les deux premiers volumes contiennent les six premiers livres, et forment la première et la seconde partie ; et les trois derniers livres, que renferme la deuxième partie, sont intitulés livres iv, v et vi : de sorte que, pour cette partie du recueil, les numéros des livres se suivent. Dans les deux volumes suivants, qui forment la troisième et la quatrième partie, la série des nombres recommence; dans le troisième volume ou la troisième partie sont les (nouveaux) livres i et ii, et dans le quatrième volume ou la quatrième partie sont les (nouveaux) livres in, iv et v : de sorte que la série des chiffres ne correspond ni à Tensemble du recueil, ni à chacune des parties ; car pour cela on aurait dû recommencer à compter livre i au commencement de chaque partie. Le fait est que la Fontaine avait publié deux recueils de fables à un assez long intervalle de temps, et le numérotage des livres se rapportait à cette division en deux recueils; mais, quand il les fit réimprimer ensemble, il ne fit mention de cette division en deux^recueils que dans sa préface du second; il ne l'indiqua point sur les titres et dans la table, et tout fut brouillé. Ce fut encore bien pis lorsque le cinquième ou le dernier volume parut longtemps après. La Fontaine le destinait sans doute à former un sixième livre à son second recueil, afin de le rendre, sous ce rapport, égal ffu premier, qui était aussi divisé en six livres; mais, par une distraction inconcevable, il intitula ce nouveau livre Iwre septième^ au Heu de Iwre sixième; et cette erreur de liçre vu se retrouve à chaque page dans le titre courant. »

AYERTISSl^MENT.

Les Tariantes qu*oii peut attribuer à lauteur lui-même, c*est-&-dire que founiit la comparaison des éditions venant de loi, antérieures à sa dernière, sont peu nombreuses, et, la plupart, peu importantes. Si, avant la publication première, il corrigeait très-soigneusement ses fables, s* appliquait à faire disparaître jusqu'aux m<Hndres fautes typographiques, substituant même des cartons aux pages qui en offraient de trop choquantes, il ne leur a fidt subir que peu de changements après qu'elles eurent vu le jour.

Yœd ane indication sommaire, suffisante ici, des édi* tîons que nous avons rapprochées, en relevant les différences, du texte définitif (la Notice bibliographique donnera les titres complets et les détails utiles sur chacune d'elles) :

Pour les six premiers livres, les deux éditions de Parb, 1668, Tune in-4®, en 1 volume, l'autre in-ia, en a volumes; et une réimpression, 1669, de cette seconde.

Pour les huit fables suivantes : vu, 8, vni^ 3, vm, 9* n, 4f 1X9 9« DL, 16, IX, 17, IX, 18, l'édition de Paris, 1671, où elles parurent pour la première fois avec un grand nombre d'autres morceaux.

Pour tout Tenseinble des onze premiers libres, à l'édition définitive de Paris, dont les tomes I à III sont de 1678, le tome IV de 1679, nous avons comparé la réimpression de Paris, 168:2, et une autre de 169a, fimssement datée de 1678- 1679. Afin de distinguer la véritable édition de 1678 de la réimpression avec fiiusaes dates, nous avons désigné la première par 1678 A, la seconde par 1678 B.

AYERTISSEMBNT.

Pour le lîrre xii, nous n^avons pas de texte antérieur à comparer à celui de Paris, 1694.

Outre ces textes, les seuls dont la minutieuse comparaison fftt nécessaire, nous avons collationné, toutes deux à cause de leurs dates anciennes, et de plus la seconde pour le soin avec lequel elle a été exécutée, Tédition d* Amsterdam, 1679, et celle de la Haye, 1688, avec annexe d*un tome de 1694 contenant le livre XII.

Au siècle suivant, nous avons tenu compte de Téditionde Londres, 1708; et de celle de Paris, 1729, de k Compagnie des libraires, qu*il ne faut pas confondre, comme on pouirait le faire malgré le titre, avec le recueil des OEwfres diverses publié la même année par les mêmes éditeurs, et qui ne contient ni les Fables ni les Contes.

Enfin nous avons marqué çà et là des différences relevées dans telle ou telle autre édition postérieure à la mort de Fauteur, lorsqu*il nous a paru qu*il y avait quelque intérêt à les signaler.

On sait quelles sont les règles d'orthographe suivies dans la O>llection. Nous nous bornerons à dire un mot de notre emploi des majuscules dans les Fables. Nous écrivons par une capitale, comme formant une sorte de nom propre, tout nom qui désigne un acteur de la fable, homme, animal, plante, etc., soit acteur principal, soit y jouant un rôle quelconque et ayant une personnalité individuelle et distincte; dans tout autre cas, les noms d*animaux, etc., demeurent noms communs, et naturellement nous les commençons par des minuscules.

Nous sommes heureux d'avoir, en terminant cet Ai^er*

AYBRTISSEMENT.

UssemerUj à remeraer, pour la Notice biographique qai le fuit, notre ancien maître M. Paol Mesnard. Cest ce qne nous faisons, non pas seulement en notre nom, mais encote au nom de MM. Hachette et du directeur de la Collection. Le lecteur pourra reconnaître dans ces pages Tauteor de la biographie de Mme de Sévigné, de Fëdition de Racine, et des Notices que doit déjà à M. Mesnard notre édition de MoUère, en attendant qa*il y ajoute une Vie de notre grand comique, telle que nous nous la promettons de lui.

Henri RsGNiBa.

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