iKJem^ p. 33 1 et 33a
ccii NOTICE BIOGRAPHIQUE
simples changements, et c'est quelquefois de vërîtables métamorphoses qu'elle fait^ i> Avouons-le, ce passage n'est à citer que comme un témoignage des mortifications de la Fontaine, et Ton pouvait, à cette date surtout, s'attendre à quelques paroles plus émues. Mais Boileau, qui était pourtant un grand cœur, sacrifiait peu à la sensibilité. Il n'y a plus, dans la suite de sa lettre, qu'un souvenir de la Fontaine. Il avait souvent loué Boileau pour cette périphrase de la première Épttre au Roi :
Et nos voisins firnstrés de ces tributs senriles Que payoit à leur art le luxe de nos villes**
Boileau se rappelait avec plaisir qu'il avait trouvé la Fontaine homme de goût, et il aimait à le proclamer : c'était sa manière, un peu trop personnelle, d'honorer la chère ombre.
Fénelon jeta plus de fleurs, et des fleurs charmantes, sur la tombe du poète qu'il avait si bien réussi à faire aimer du duc de Bourgogne. Il avait autrefois, pour les faire servir d'exercice au jeune prince, traduit en prose latine un grand nombre des fables des huit premiers livres*. U kd proposa de même comme sujet de version, après la mort du fabuliste, une sorte de poétique élégie latine, à laquelle il ne manque que le rhythme des vers *. U y exprime ses vifs regrets, et y parle OHnme la
I. Lettre du sg avril 169S, OBwrês Je BoiUau^ tome IV, p. 63 et 64. — Noos donnons le texte de Pautographe, non celai de U copie corrigée plus tard par Boileau. Le style est devenu plus cliitié, après ces corrections \ mais on n*a plus le premier mouvement de U pensée.
s. Vers 141 et i4i.
3. Voyez les Lettres et opuscules inédits de fénelon^ Paris, Adrien le Clère, iS5o, p. 387-394. — Fénelon laissait de côté certains petits scrupules, jusqu'à étonner un peu aujourd'hui. Parmi ces tcT' sions piéparëes pour Téducation de son élève, il a même admis la fable U Curé et le Mort^ et le prologue du livre VII à Mme de Montespan (ad Dominam MoHtespiutam)^ où il s'est contenté d'introduire un petit contre-sens volontaire aux vers 17 et a8, qui font allusion à l'amour de Louis XIV.
4. On la trouvera dans VAppemJwe^ p. ooxi, à la suite des Pièces justifiemtins.
SUR LA FONTAINE. cciii
postante de l'îiiimitable gënie que venait de perdre la France. Cest un bel hommage, purement littéraire, auquel il n'a rien Toolu mêler des sentim^its chrétiens dont la fin édifiante du poète avait assurém^it touché son cœur.
La veuve de la Fontaine vécut encore quatorze ans après lui. Ces ans de son veuvage n'ont point laissé de souvenir. On a l'acte de son inhumation ^ à Château-Thierry, qui est daté du 9 novembre 1709.
L^ir fils, Charles de la Fontaine, mourut en 1723, laissant un fils et trois filles, qui n'étaient pas encore nés, quand mourut leur illustre grand-père. Aujourd'hui la postérité de la Fontaine est éteinte. Elle avait le plus souvent été pauvre. La protection bienveillante des descendants de Louis XIV lui montra, en plusieurs circonstances, que la France n'oubliait pas le grand poète*.
P. Mesnabd.
I. Voyet aux Pièces justificatives^ n» yiii. — Nous aurions touIu donner aossi Pacte de décès de Clande de la Fontaine : nous ne TaTiHis pas trourë. On croit que ce frère de notre poète lui sur- ▼ëcat. On a bien voulu mettre sous nos yeux une pièce que possède M. Podquet; c'est ime déclaration des divers biens de Claude de la Fontaine, datée du a janvier i683. Ils étaient nombreux, et le total nous a semblé assez important pour causer quelque étonnement. U paraîtrait qu*il avait beaucoup plus attentivement et heureusement que son frère administré sa fortune.
s. On trouvera ci-après, p. cc.mi et suivantes, dans VJppendice^ une note sur Us Descendants de la Fontaine,
FIV Dl LA VOTIOB BIOGHAPHIQUl.