‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 199 sur 379 · Voyez ci-dessus, livre I, fable v, vers 3, et note i · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, livre I, fable v, vers 3, et note i

7. C*est encore un tirait emprunté à Ésope : Ka\ Qokjdwç 6 EtdW^ IvcTn^YCTO. — Au reste, il est déjà question, âans hk Batraehomjromackie (▼ers 30 1 et 103) delà trompette des moucherons :

leivbv èffdl>j«YÇav noM{jLOu xtiStiov....

c Et alors les moucherons, ayant de grandes trompettes, sonnèrent le bruit terrible de la guerre. •

8. Une note manuscrite de M. Walckenaer veut que ces mots signifient, non pas tout tPabord^ en premier iieu, mais, pottr attaquer^ in eoneurtu» G*est une erreur : voyez au Lexique les divers passages où notre auteur a employé cette même locution.

9. c Mordant, dit le fabuliste grec, les parties sans poil de la facet autour des naseaux, » SdbcvcDV Ta 9csp\ ràç ^{voç oc^ou dCrpt^a xp^ouxs.

10. Les deux éditions de 1668 ont ici une faute très-gros&ière : » trouva f qui est reproduite par les impressions de 1669 et d'Amsterdam 1679.

F. IX] LIVRE II. i57

Le malheureux lion se déchire lui-même,

Fait résomier sa queue à Tentour de ses flancs,

Bat Tair , qui n'en peut mais *^ ; et sa fureur extrême

Le fatigue , Tabat : le voilà sur les dents.

L'insecte du combat se retire avec gloire " : 3o

Comme il sonna la charge, il sonne la victoire".

Va partout Tannoncer, et rencontre en chemin

L'embuscade d'une araignée ;

n y rencontre aussi sa fin.

Quelle chose par là nous peut être enseignée ? 35

y en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis Les plus à craindre sont souvent les plus petits ^^ ; L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire, Qui périt pour la moindre affaire.

II. Qui n'y peut rien, n'y est pour rien, — Gerozez rapproche de ces mots le passage saWant de BonaTentnre des Perriers : c le ne crains que une chose : c'est que si Jupiter le -voit.... il n*en fouldroye et abysmetout ce poure monde icy, qui n'en peut mais • (Cjm- Mbh wuuuU, dialogue I, p. 81, édition d'Amsterdam, 1733); et répîthète qui commence cette phrase où JuTénal parle du peuple romain brisant les statues et les chars de triomphe de Séjan :

ImmeritU franguntur entra eahallis, {Satire x, vers 60.)

la. Chez Diodore de Sicile (livre III, chapitre xxii), la fable derieat histoire. Les lions qui infestent le pays des Rhizophages, en Ethiopie, s<Hit mis en fuite par les piqûres des moucherons et leur bourdonnement.

i3. Ésope dit de même : Ka\ 9aX3c(9tt(, xa\ lnv(xiov dfoac.

14. Brasidas dit, dans les Apophihegmet de Plutarque : c U n'est pobt d*étre si petit qui, osant se défendre contre ceux qui Tattaquent, ne puisse sauver sa vie ; » et Publius Syrus :

Inimieum quamvis humilem doeii est metuere,

^ Benserade termine ainsi son cxvi* quatrain :

Dans le monde il n'est point de petits ennemis.

i58 FABLES.

l'Inb charge d'épongbs, et l'anb charge di sil.

Ésope, fab. 354, 'Ovoc (Coray, p. i66 et 167; oonpsrez p. M, Mixf)£{A3Copo« xa\ X)vdEpiov). — Babrios, fiib. m, 'Ovoç Skx^ f^wv.— Faërne, £d>. 6, Mini duo,

Mfthologia msopiea Nepeleti^ p. 39$, p. BjB.

Dans la fable de Faême, il y a deux ânes, comme dans cdk de U Fontaine ; dans les fables grecques, il n*y a qu'on âne on qu*» mulet cbargé successivement de sel et d*éponges. Montaigne (jKimû, lirre II, cbapitre xii, tome II, p. 310) rapporte en ces termes, coaae preuTC de Findostrie des animaux, la même bistoirCy en y laisaot, d*après Plutarque {de F Industrie des animaux ^ cbapitre xt), interrevr Thaïes : c De subtilité malicieuse, en est il une plus expresse qae celle du mulet du philosophe Thaïes? lequel, passant an tnnen d*une riuiere, chargé de sel , et, de fortune, y estant brunché, li que les sacs qu*il portoit en feurent touts mouillez, s*estant apperœo que le sel, fondu par ce moyen, luy auoit rendu sa charge plv legiere, ne faiUoit ianiais, aussitost qu'il rencontroit quelque raifseau, de scplonger dedans auecques sa charge ; iniques à ce que son maistre, descouurant sa malice, ordonna qu'on le chargeait de laioc (et itéponges, ajoute Plutarque); à quoy, se trouuant mesoonté, cessa de plus user de cette finesse. > Voyez aussi Élien, de la Hatare des animaux, lifre VII, chapitre XLn.

Un Anier, son sceptre ^ à la main, Menoit, en empereur romain, Deux G)ursiers à longues oreilles.

L'un, d'épongés chargé, marchoit comme un courrier;

I . Cmnme dit ailleurs notre poète, dans un passage que Gemzex cite â propos :

.... Que coiite-t -il d'appeler Le9 choses par noms honorables?

(Livre XII, fable xxrr, Ters 7 et 8. )

r.z] LIVRE II. iSq

Et Tautre, se faisant prier, 5

Portoit, comme on dit, les bouteilles ' : Sa charge étoit de seK Nos gaillards pèlerins,

Par monts, par vaux, et par chemins.

An gué d'une rivière à la fin arrivèrent.

Et fort empêchés se trouvèrent. i o

L*Anier, qui tous les jours traversoit ce gué-là.

Sur TAne à Téponge monta.

Chassant devant lui Tautre béte,

Qui voulant en faire à sa tête,

Dans un trou se précipita, 1 5

Revint sur Teau, puis échappa ;

Car au bout de quelques nagées,

Tout son sel se fondit si bien

Que le Baudet ne sentit rien

Sur ses épaules soulagées. ~ ao

Camarade épongier' prit exemple sur lui, Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui ^. Voilà mon Ane à Teau; jusqu'au col il se plonge,

Lui, le conducteur et Téponge.

Tous trois burent d'autant * : TAnier et le Grison a 5

Firent à Téponge raison.

Celle-ci devint si pesante,

a. ExpTetttonproTerbiale : marchait lentement, comme on marcbe quand on craint de casser ce qa*on porte. Voyez M. Taine, p. 3oi.

3. ff Mot créé par la Fontaine, mais employé si heurensement qii*on croirait qu'il existait ayant lui. » (Champoit.) — • De même Phitarqne, i Tendroit mentionné ci-dessus, se sert d*an mot unique poor désigner les mulets porte-sel : tS&v Sihipçiâ^t i)(udv<iiv aTç.

4* Allusion aux montons de Panurge; Toyez Rabelais, Uttc IY, cbapitre tih, tome II, p. 19.

5. ff On dit : boire tt autant ^ pour dire : boire beaucoup. Cette Ciçon de parler est du style familier. > (^Dictionnaire de V Académie^ 1694.] Voyez le Lexique. — Faëme (yers 10) dit de même des éponges :

•. Spomgiis aquam usque combibentibus.

i6o FABLES. [r. i

Et de tant d*eau s'emplit d*abord, Que TAne succombant ne put gagner le bord.

L'Anier Tembrassoit, dans Fattente 3o

D'une prompte et certaine mort.

Quelqu'un vint au secours : qui ce fut, il n'importe; C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point

Agir chacun de même sorte *.

J'en voulois venir à ce point. 3 s

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