Voyez ci-dessus, livre I, fable v, vers 3, et note i
7. C*est encore un tirait emprunté à Ésope : Ka\ Qokjdwç 6 EtdW^ IvcTn^YCTO. — Au reste, il est déjà question, âans hk Batraehomjromackie (▼ers 30 1 et 103) delà trompette des moucherons :
leivbv èffdl>j«YÇav noM{jLOu xtiStiov....
c Et alors les moucherons, ayant de grandes trompettes, sonnèrent le bruit terrible de la guerre. •
8. Une note manuscrite de M. Walckenaer veut que ces mots signifient, non pas tout tPabord^ en premier iieu, mais, pottr attaquer^ in eoneurtu» G*est une erreur : voyez au Lexique les divers passages où notre auteur a employé cette même locution.
9. c Mordant, dit le fabuliste grec, les parties sans poil de la facet autour des naseaux, » SdbcvcDV Ta 9csp\ ràç ^{voç oc^ou dCrpt^a xp^ouxs.
10. Les deux éditions de 1668 ont ici une faute très-gros&ière : » trouva f qui est reproduite par les impressions de 1669 et d'Amsterdam 1679.
F. IX] LIVRE II. i57
Le malheureux lion se déchire lui-même,
Fait résomier sa queue à Tentour de ses flancs,
Bat Tair , qui n'en peut mais *^ ; et sa fureur extrême
Le fatigue , Tabat : le voilà sur les dents.
L'insecte du combat se retire avec gloire " : 3o
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire".
Va partout Tannoncer, et rencontre en chemin
L'embuscade d'une araignée ;
n y rencontre aussi sa fin.
Quelle chose par là nous peut être enseignée ? 35
y en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis Les plus à craindre sont souvent les plus petits ^^ ; L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire, Qui périt pour la moindre affaire.
II. Qui n'y peut rien, n'y est pour rien, — Gerozez rapproche de ces mots le passage saWant de BonaTentnre des Perriers : c le ne crains que une chose : c'est que si Jupiter le -voit.... il n*en fouldroye et abysmetout ce poure monde icy, qui n'en peut mais • (Cjm- Mbh wuuuU, dialogue I, p. 81, édition d'Amsterdam, 1733); et répîthète qui commence cette phrase où JuTénal parle du peuple romain brisant les statues et les chars de triomphe de Séjan :
ImmeritU franguntur entra eahallis, {Satire x, vers 60.)
la. Chez Diodore de Sicile (livre III, chapitre xxii), la fable derieat histoire. Les lions qui infestent le pays des Rhizophages, en Ethiopie, s<Hit mis en fuite par les piqûres des moucherons et leur bourdonnement.
i3. Ésope dit de même : Ka\ 9aX3c(9tt(, xa\ lnv(xiov dfoac.
14. Brasidas dit, dans les Apophihegmet de Plutarque : c U n'est pobt d*étre si petit qui, osant se défendre contre ceux qui Tattaquent, ne puisse sauver sa vie ; » et Publius Syrus :
Inimieum quamvis humilem doeii est metuere,
^ Benserade termine ainsi son cxvi* quatrain :
Dans le monde il n'est point de petits ennemis.
i58 FABLES.
l'Inb charge d'épongbs, et l'anb charge di sil.
Ésope, fab. 354, 'Ovoc (Coray, p. i66 et 167; oonpsrez p. M, Mixf)£{A3Copo« xa\ X)vdEpiov). — Babrios, fiib. m, 'Ovoç Skx^ f^wv.— Faërne, £d>. 6, Mini duo,
Mfthologia msopiea Nepeleti^ p. 39$, p. BjB.
Dans la fable de Faême, il y a deux ânes, comme dans cdk de U Fontaine ; dans les fables grecques, il n*y a qu'on âne on qu*» mulet cbargé successivement de sel et d*éponges. Montaigne (jKimû, lirre II, cbapitre xii, tome II, p. 310) rapporte en ces termes, coaae preuTC de Findostrie des animaux, la même bistoirCy en y laisaot, d*après Plutarque {de F Industrie des animaux ^ cbapitre xt), interrevr Thaïes : c De subtilité malicieuse, en est il une plus expresse qae celle du mulet du philosophe Thaïes? lequel, passant an tnnen d*une riuiere, chargé de sel , et, de fortune, y estant brunché, li que les sacs qu*il portoit en feurent touts mouillez, s*estant apperœo que le sel, fondu par ce moyen, luy auoit rendu sa charge plv legiere, ne faiUoit ianiais, aussitost qu'il rencontroit quelque raifseau, de scplonger dedans auecques sa charge ; iniques à ce que son maistre, descouurant sa malice, ordonna qu'on le chargeait de laioc (et itéponges, ajoute Plutarque); à quoy, se trouuant mesoonté, cessa de plus user de cette finesse. > Voyez aussi Élien, de la Hatare des animaux, lifre VII, chapitre XLn.
Un Anier, son sceptre ^ à la main, Menoit, en empereur romain, Deux G)ursiers à longues oreilles.
L'un, d'épongés chargé, marchoit comme un courrier;
I . Cmnme dit ailleurs notre poète, dans un passage que Gemzex cite â propos :
.... Que coiite-t -il d'appeler Le9 choses par noms honorables?
(Livre XII, fable xxrr, Ters 7 et 8. )
r.z] LIVRE II. iSq
Et Tautre, se faisant prier, 5
Portoit, comme on dit, les bouteilles ' : Sa charge étoit de seK Nos gaillards pèlerins,
Par monts, par vaux, et par chemins.
An gué d'une rivière à la fin arrivèrent.
Et fort empêchés se trouvèrent. i o
L*Anier, qui tous les jours traversoit ce gué-là.
Sur TAne à Téponge monta.
Chassant devant lui Tautre béte,
Qui voulant en faire à sa tête,
Dans un trou se précipita, 1 5
Revint sur Teau, puis échappa ;
Car au bout de quelques nagées,
Tout son sel se fondit si bien
Que le Baudet ne sentit rien
Sur ses épaules soulagées. ~ ao
Camarade épongier' prit exemple sur lui, Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui ^. Voilà mon Ane à Teau; jusqu'au col il se plonge,
Lui, le conducteur et Téponge.
Tous trois burent d'autant * : TAnier et le Grison a 5
Firent à Téponge raison.
Celle-ci devint si pesante,
a. ExpTetttonproTerbiale : marchait lentement, comme on marcbe quand on craint de casser ce qa*on porte. Voyez M. Taine, p. 3oi.
3. ff Mot créé par la Fontaine, mais employé si heurensement qii*on croirait qu'il existait ayant lui. » (Champoit.) — • De même Phitarqne, i Tendroit mentionné ci-dessus, se sert d*an mot unique poor désigner les mulets porte-sel : tS&v Sihipçiâ^t i)(udv<iiv aTç.
4* Allusion aux montons de Panurge; Toyez Rabelais, Uttc IY, cbapitre tih, tome II, p. 19.
5. ff On dit : boire tt autant ^ pour dire : boire beaucoup. Cette Ciçon de parler est du style familier. > (^Dictionnaire de V Académie^ 1694.] Voyez le Lexique. — Faëme (yers 10) dit de même des éponges :
•. Spomgiis aquam usque combibentibus.
i6o FABLES. [r. i
Et de tant d*eau s'emplit d*abord, Que TAne succombant ne put gagner le bord.
L'Anier Tembrassoit, dans Fattente 3o
D'une prompte et certaine mort.
Quelqu'un vint au secours : qui ce fut, il n'importe; C'est assez qu'on ait vu par là qu'il ne faut point
Agir chacun de même sorte *.
J'en voulois venir à ce point. 3 s