‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 221 sur 379 · TESTAMENT EXPLIQUE PAR ÉSOPE · texte numérisé non relu

TESTAMENT EXPLIQUE PAR ÉSOPE

Phèdre, lirrc IV, hh* 5, Poeta, — On trourera dans V Appendice an récit en yen sur le même sujet, bien inférieur à celui de la Fontaine, mab à peu près contemporain, ce qui peut donner quelque mtérèt k la comparaison : il a été publié en 1670.

Mjrthoiogia msoplca Nepeleti^ p. 43o.

c Ce n'est point là une fable, dit Cbamfort; c*est une anecdote dont il est assez difficile de tirer une moralité. » — L*abbé Guillon, dans son lÎTre de U Fontaine et tous Us fabulistes (tome I, p. i34 et i35, édition de i8o3),-établit longuement que cette anecdote (Ai/- /00V, comme dit notre poète, plutôt qa^apolo^ue) a été imaginée par Pbèdre arec fort peu de Traisemblance; qu'en admettant qu*Ésope MÛt allé k Athènes (ce n'est pas la seule fois que Pbèdre Vy conduit : Toyez sa &ble n du Uttc I, les Grenouilles qui demandent un Hoî), il a'eàt pu, TU sa qualité d'étranger, parler dans l'assemblée du peopW, etc., etc. Le docte abbé ra jusqu'à promettre c un mémoire particnUer a sur cette question, promesse qu'il n*a pas tenue, que nous sachions : soit dit sans reproche ni regret.

Sî ce qu'on dit d'Ésope est vrai, C'étoit Toracle de la Grèce :

Lui seul avoit plus de sagesse Que tout l'Aréopage. En voici pour essai *

Une histoire des plus gentilles, 5

Et qui pourra plaire au lecteui*.

Un certain homme avoit trois filles, Toutes trois de contraire humeur :

I. Essaie échantillon, c petite portion de quelque cbo&e, dit TAca- ^éuàty qui sert à juger du reste. »

i€)^ FABLES. [r xx

Une baveuse, une coquette;

La troisième, avare parfaite'. 1 1

Cet homme, par son testament.

Selon les lois municipales *, Leur laissa tout son bien par portions égales,

En donnant à leur mère tant,

Payable quand chacune déciles t s

Ne posséderoit plus sa contingente part ^.

Le père mort, les trois femelles Courent au testament, sans attendre plus tard.

On le lit, on tâche d'entendre

La volonté du testateur; lo

Mais en vain ; car comment comprendre

Qu'aussitôt que chacune sœur ' Ne possédera plus sa part héréditaire,

n lui faudra payer sa mère?

Ce n'est pas un fort bon moyen i ^

Pour payer, que d'être sans bien.

Que vouloit donc dire le père?

a. Unam formosam^ et oculis venantem vlros; At alteram lanificam et frugi^ rusticam; Devotam vino tertiam, et turpistimam, (Ph^bm, yen 4-^0

3. A défaut de fils, l«t filles, à Athènes, succédaient & leur p^, par portions égales, au moins ab intestat, H paraît incontestable qae le père pouvait, dans son testament, faire d'arance le partage de io biens entre ses enfants de Tun ou de Tautre sexe. Avait-il en ootit le droit d'avantager on d*eux? On n'a que des renseignements conlid sur ce point. Un auteur qui a examiné la cpestion en ce qui toodie les fils, considère comme probable qu'il était permis au père de Cure k l'un d'eux un legs particulier par préciput. Voyez la Btvme hisfrîque de droit français et étranger^ Xill» année, p. a6a et a63, de < Réser9€ héréditaire chez les Athéniens^ par M. Boîssooade, agrégé i la faculté de droit de Paris.

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