‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 331 sur 379 · LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE · texte numérisé non relu

LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE

Phèdre, Ihrre IV, fab. 91, Mont parturiens, — Romnhis, Ihre II, fij>. 5, Mont parturieiu. — Haudent, i^» partie, fab. iSi, det Mouiaigntt en/Uet, — Corroset, fid>. 11, itf tenfamUment éot Montmigmet, <— Bourtanlt, Ut Foèiot JTttope, acte Y, scèce nr, la Momtmgm fi accouché, — Le Noble, fab. 81, ^ /!s Montagne qm accomcko. Vmot'

Mythologia tÊtopica NefeUd^ p. 441, p. 5o4.

M. le oomte de Larde nous a obligeamment ocnnmiiniqiié on teile manuacrit de cette ftJ>Ie, qu'il croit autographe.

La fable ett résumée dans ce vers grec (Érasme, ChiUades det pto» vertet, col. 666, Genève, 1606) :

1Û$ivsv ol^, sTra {luv àxixuxei,

— Le roi d*Égypte Tachos, étonné à la rue de la petite taille d*Agé« filas, qui loi amenait des auxiliaires, Taccueillit par ces mola :

c La montagne était en tniTail, et Jupiter avait peur; elle enfimti une aooria. • Entendant ces mots, Agésilas irrité lui dit : ^snnfo^ |Aa( aol xoTS xa\ Xjniv, c Je te paraîtrai aussi lion quelque jour. > Voyez Athénée, livre XIV, $ 6 (p. 616 D). — Lucien, dans son traité Je la Manière d'écrire thistoire^ 3 ^^ (édition Ldimann, tome IV, p. 194)» compare de maigres histoires commençant par de longs et solennels débuts à des Cupidons portant de grands masques d'Hercule ou de Titan ; quand on entend de tels débuts, dit-il, oa s^écrie : ''Û^ivev dpoç. — Rabelais (livre IH, chapitre xxiv , tome I, p« 445) applique de même l'apologue à une narration difluse consacrée par Enguerrand (de Monstrelet) à un fait insignifiant : c La mocquerie est telle, dit-il, que de la Montaigne d'Horace, laqoelk crioit et lamentoit enormanent, comme femme en trauail d'enbnt A son cry et lamentation accourut tout le voisinaige, en expectatioB de veoir queloque admirable et monstreux enfiuitement ; mais cdûi ne nasquit d'elle qu'une petite souris. » — Nodier cite une élégame

F. x] LIVRE V. 3^7

imitadoo du poète allemand Hagedom Ddtalée : la Momtagne et le Poète {Œuvres poétiques^ ^1^9* >* partie, p. 97), et il eo donne cette tradoction partielle et libre : • Dieux, secourez-nous ; hommes, fuyez! mie Montagne en travail va accoucher; elle jettera autour d'elle, avant qu*on ne soit sur ses gardes, et le sable et les rochers. Suffénus ' sue, il rugit, il écume, il frappe du pied, il grince des dents ; Soffénus est en fureur. U rime, il vent oouTiir Homère de honte. Qu'arriTe-t*il? Suffénus enfante un sonnet, et la Montagne une souris, t — Un autre poëte allemand, Gieim (livre IV, fable m), a traité le sujet en six vers d'un tour très-piquant. — Dans Tune des deux vieilles fiibles données par Robert, celle d*Tsopei 11^ la Montagne menaçante est un volcan :

.... Une grant Montaigne Dont sonnent naist fumée.

— UJmonjrme de Nevelet (p. 5o4) intitule la sienne : tle Terra tu» mente, — Le Romulus de Nilantius (fahle xxii) substitue ridiculement à la Montagne un Homme {Homo parturient)^ dont la grossesse contre nature excite Tattente et l'effroi. — Le Noble, soucieux des bonnes mosurs, fait précéder raocouchement d'un hymen de Mon-

Deux Montagnes un jour, s'entend mâle et femdle, Un Grec les nommeroit Hémus et Rhodopé,... Scellèrent d'un hymen leur ardeur mutuelle.

— Voyez les vers d'Horace et de Boileau cités dans la dernière note.

Une Montagne en mal d'enfant Jetoit* une clameur si haute, Que chacun, au bruit accourant, Crut qu'elle accoucheroit sans faute D'une cité plus grosse que Paris : 5

Elle accoucha d'une Souris '.

I . Nom d'un mauvais poëte raillé par Catulle dans sa xxn* poésie, 3. Dans le manuscrit de M. le comte de Lurde : c poossoit. »

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