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(Livre III, hïAt i.)
La oonnotManoe qa*aToit eue Racan avec M« de Mallierlie était lor8qn*il étoit page de la chambre ehe& M. de Bellegarde, âgé am phifl de dix-aept ans; c*egt poorqaoi il retpectoît toiqoan M. de Malherbe comme Km père, et M. de BCalherbe rrrcuf «Tec hi comme arec son fils. Cela donaa sujet à Racan, à son retour de Calais, où il fat porter les armes en sortant de page, de demander ayis à M. de Malherbe de quelle sorte il se deroît conduire dans le monde, et loi fit la déduction de quatre ou cinq sortes de TÎe qu'il pouToit ûûre. La première et la plus honorable étoit de soiTre les armes ; maïs d'autant qu'il n*y aroit alon point de guerre qu'en Suède ou en Hongrie, il n'avoit pas mo^ren de la oherdier si kn, à moins que de vendre tout son bien pour fiûre son équipage et les frais de son yoyage.
La seconde étoit de demeurer dans Paris pour liquider ses af> faires, qui étoient fort brouillées, et celle-là lui plaisoit le moins.
La troisième étoit de se marier, sur la créance qu'il avmt de trou- Ter un bon parti dans req>érance que l'on auroit de la succession de Mme de BeUegarde, qui ne lui pouYoit manquer : à cela il disait que cette succession seroit peut-être longue à Tenir, et que cependant, épousant une femme qui l'obligcroit, si die étoit de mauTaîie humeur il seroit contraint d'en souf&ir.
Il lui proposoit aussi de se retirer aux champs à faire petit pot : ce qui n'eût pas été séant à un homme de son âge, et ce n*eftt pas aussi été TiTre selon sa condition.
1. Ces Œuvres anonymes, dit Bruntt, dans le Maïuiel dm libraire ^omelT. col. i65), sont attribaées à Saint^ïlas, abbé de Saint-Ussans.
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Sur tontes cet propotitions dont Racan lui demandoît conseil, M. de Malherbe, an lien de Ini répoudre directement à sa demande, conunença par une fable en ces mots :
c n y avoît, dit-il, un bonhomme, âgé d*enYiron cinquante ans, qui aToit un fils qui n'en aToit que treize ou quatorze. Ils n*aYoient, pour tous deux, qu'un petit âne pour les porter en un long Toyage qu'ils entreprenoient. Le premier qui monta sur l'Ane, ce fut le père ; mais après deux ou trois lieues de chemin, le fils commençant k se lasser, il le surrit à pied de loin, et ayeo beaucoup de peine, oe qui donna sujet à ceux qui les voyoient passer de dire que ce bonhomme avoit tort de laisser aller à pied cet enfant qui étoit encore jeune, et qu'il eût mieux porté cette fatigue-là que lui. Le bonhomme mit donc ton fils sur l'âne et se mit à le snirre à pied. Gela fat encore trouré étrange par ceux qui les Tirent, lesquels disoieut que oe fils ét<nt bien ingrat et de mauTan naturel, d'aller sur l'âne et de laisser aller son père à pied. Us s'arisèrent donc de monter tous deux sur l'âne, et alors on y trouToit encore à dire : c Ils sont bien cruels, disoient € les passants, de monter ainsi tons deux sur cette pauTre petite c béte, qui à peine seroit suffisante d'en porter un seul. 1 Gomme ils eurent oui cela, ils descendirent tous deux de dessus l'âne et le touchèrent devant eux. Geux qui les Toy oient aller de cette sorte se moquoient d'eux d'aller à pied, se pourant soulager d'aller l'un ou l'autre sur le petit âne. Ainsi ils ne surent jamais aller au gré de tout le monde ; c'est pourquoi ils se résolurent de Csire à leur tolonté, et laisser au monde la liberté d'en juger à sa fantaisie. Faitesen de même, dit M. de Malherbe â Racan pour toute condnsion ; car quoi que vous puissiez fiûre, tous ne serez jamais généralement approuvé de tout le monde, et l'on trouTcra toujours à redire en ▼otre conduite, s
(Extrait de la Fie de Malliêrhe^ par Racan, tome I des Œuvres de Malherbe^ édition de M. Lalanne, p. lxxxi et Lxxxn.)
Robert (tome I, p. 168) cite cet élégant résumé, extrait de la Fie de Malherbe f de Caramud : Erant senex^puer et equtu. Si neuter equiiat, rident homines; si uterqucy occlamant: si puer solus, senis impruden-' tiam ; si setiex solus,patris inclementiam accusant; et inerimnantur quid-' quid fieret.
45a FABLES.