‹ Œuvres de J. RacineChapitre 197 sur 390 · TITE-LIVE · texte numérisé non relu

TITE-LIVE

Nous avons parlé à la page 103, note 2, de notre tome V, d’un très-petit nombre de notes manuscrites sur Tite-Live. Elles sont d’une écriture qui n’est pas celle de la jeunesse de Racine; et comme d’ailleurs on les trouve sur un des feuillets de ses Fragments historiques !, elles paraissent être du temps où il écrivait ces Fragments, Elles peuvent faire conjecturer (et c’est le seul intérêt qu’elles offrent) que Racine, lorsqu'il s’occupait de ses travaux d’historiographe, relisait les historiens anciens, pour étudier leur style, comparer, par exemple dans l’expression des choses militaires, leur langue à la nôtre, recueillir quelques pensées à son usage, peut-être préparer certains rapprochements. Il indique lui-même dans ses notes deux des pages de l’édition dont il se servait, et cette indication se rapporte à une édition de Francfort-sur-le-Mein (Francoforti ad Mœnum, apud Joannem et Sigismundum Feyerabendt, M.D.LXXVTIT?). Les quelques expressions et les quelques faits qu’il a notés étant tirés de sept pages seulement de cette édition (400-406), on peut croire que nous n’avons là qu’un fragment d’extraits nombreux qu’il faisait alors du même historien. Nous ne nous exagérons pas l'intérêt d’un si court fragment, mais précisément parce qu’il est fort court, nouscroyons pouvoir le reproduire : « Moratores aut palantes. Tit. Liv. 3. C’est ce que nous appelons traïneurs#, — Intra bina castraÿ, en deux jours de marche, — Obsidionem sine certamine solvitS, fit lever le siége sans donner de combat, — Gens nata instaurandis reparandisque bellis 7. — Munierunt Romana imperiaS. — Quæs-

1. Au feuillet 197 recto du tome II des manuscrits de Racine conservés à la Bibliothèque impériale,

2. Cette édition est, dit-on, la répétition exacte de celle de 1568, publiée également à Francfort, chez les mêmes libraires, Racine a done pu se servir de lune ou de l’autre de ces éditions.

3. Page 400. Livre XXIV, chapitre xrx. Nous citons la page d’après l’édition de Francfort, mais le chapitre d’après l'édition Lemaire, le Tite-Live in-folio de 1578 n’étant pas divisé en chapitres.

4. À la suite de trafneurs, on peut lire, bien qu’ils soient effacés, les mots : « marauds de grande route. » Il y a dans le texte de Tite-Live : aut moratorum (qui peut venir ou de morator ou de moratus) aut palantium. Le latin morator est une des étymologies qu’on a proposées pour expliquer l'origine du français maraud, Est-ce pour cela que Racine avait rapproché les deux mots ?

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