PLINE L'ANCIEN
Racine, dans ses Remarques sur l'Odyssée (voyez ci-dessus, p. 56-164), a plusieurs fois cité l'Histoire naturelle de Pline, Nous avons dit qu'il faisait usage alors de l'édition in-folio de Lyon, 1563. Sa signature se trouve aussi sur un exemplaire que possède M. le docteur Desbarreaux-Bernard, de Toulouse, et qui est d’une autre édition. C’est un Elzévir de Leyde (1635), en trois petits volumes in-12. Cet exemplaire n’est pas annoté; mais le soin avec lequel il a été lu par Racine est attesté par les corrections qu'il a faites luimême d’un assez grand nombre de fautes typographiques.
Nous avons parlé ailleurs (p. 3 de ce volume) d’Extraits de Pline l’ancien que le cahier des Remarques sur Pindare renferme dans sa première partie, à la suite des Extraits de Virgile et d'Horace, et avant les Extraits de Cicéron. Racine a recueilli ces passages de Pline dans la Préface à Vespasien et dans les livres II, IT, IV, V et VII. Il les a accompagnés de quelques notes, dont plusieurs ne sont que des indications sommaires, par exemple, dans la Préface : « Cicéron. — (Caton le jeune. — Écrits. — Esprit agissant. — Veilles. — Citer ses auteurs. — Pédant orgueilleux. » Nous remarquons surtout, parmi les passages cités par Racine, celui où Pline parle des Esséniens (livre V, chapitre xvut) : ÆEsseni..… gens sola.... Tam fœcunda illis aliorum vitæ pænitentia est. Ces Extraits sans doute sont à peu près du temps où Racine traduisait quelques pages de Josèphe et de Philon sur ces mêmes Esséniens (voyez notre tome V, p. 532-558); il devait être alors curieux de tout ce qui avait été anciennement écrit sur ces solitaires.
Nous omettons quelques notes très-brèves; il suffit d’en recueillir un petit nombre qui sont un peu moins sommaires. Racine traduit çà et là des passages, et mêle à ses traductions quelques lambeaux du texte latin.
Livre VII, chapitre 11. Pyrrhus avoit un pouce, au pied droit, dont l’attouchement guérissoit les malades de rate; il ne put être brûlé avec le reste de son corps. — Il y a dans l’Inde des arbres si hauts qu’on ne les sauroit passer avec une flèche, et des figues si grosses, ut sub una ficu turmæ condantur equitum.
Ibidem, chapitre vu. De l’infirmité humaine. — C’est une pitié,
1. Racine indique lui-même ce chapitre d’après la division qui est celle des anciennes éditions, notamment de celle de Lyon (1563). Dans les indications de chapitres qu’on trouvera ci-après, nous continuerons à suivre cette même édition.