Racineӎcrit fonds
12. On voit par ce passage que Parthénice était le nom poétique donné à Mlle Lucrèce, ainsi que nous l'avons dit dans la Notice sur les Stances à Parthénice, tome IV, p. 44.
des affaires d'importance pour vous, sans doute que vous n’oseriez VOUS y appliquer si souvent qu'aux autres, pour ne pas contrevenir aux ordres de vos médecins. D'ailleurs je vois bien que votre Aurore ne vous a pas donné peu d’occupations : vous vous en souvenez trop souvent pour ne me pas faire croire que vous êtes bien avant dans ses belles chaînes. Car quoique je ne sache pas précisément quelles elles sont, je sais assez qu'il n’y en eut jamais de laides. C’est un quolibet que je déguise ‘?. Il seroit pourtant à souhaiter que tous les quolibets fussent aussi beaux que celui-là. Il n’y auroit point d’empêchement qui privät les quolibetiers du bénéfice du jubilé ** : ce que je puis dire des bagateliers, si toutes les bagatelles étoient aussi belles que les vôtres. Pour revenir à vos amours, avouez, Monsieur, que vous êtes pris, et que vous laisserez bientôt votre pauvre cœur à Bourbon, puisque vous en devez si tôt partir, si vous n’en êtes déjà parti. Je vois bien que ces eaux ont la même force que ces fameuses eaux de Baïe : c’est un lac célèbre dans l'Italie, quand il ne le seroit que par les louanges d'Horace et des autres poëêtes latins. On y alloit en ce temps-là, et peut-être y va-t-on encore, comme vos semblables vont à Bourbon et à Forges. Ces eaux sont chaudes comme les vôtres, et il y a un auteur qui en rapporte une plaisante raison. Je voudrois, pour votre satisfaction, que cet auteur fût ou vénitien ‘ ou espagnol; mais la destinée a voulu encore que celui-ci
13. Le quolibet, ou proverbe que Racine a déguisé, doit être celui-ci : « Il n’y a pas de belles prisons ni de laides amours. »
14. « Le 29 (du mois de mai) se fit ici (à Paris) l'ouverture du jubilé qui a été accordé par Sa Sainteté, pour obtenir l’assistance du ciel en la guerre des princes chrétiens contre les infidèles. » (Gazette du 4 juin 1661, p. 532.)
15. Vénitien est écrit à la suite d’italien, effacé. L'original a, dans les lignes précédentes, diverses autres traces de tâtonnements.
füt latin !$. Il parle donc du lac de Baie, et voici ce qu'il en dit à peu près ‘? :
C'est là qu'avec le dieu d’amour Vénus se promenoit un Jour.
Enfin, se treuvant un peu lasse, Elle s’assit sur le gazon,
Et voulut aussitôt faire seoir Cupidon;
Mais ce mauvais petit garcon,
Qui ne peut se tenir en place, Lui répondit : « ÇCà, Votre Grâce, Je ne suis point las comme vous. »
Vénus se mettant en courroux,
Lui dit : « Petit fripon, vous aurez sur la Joue‘. » Il fallut donc qu'il filât doux, Et vint s'asseoir à ses genoux.
16. Nous ne croyons pas douteux que Racine n’ait eu en vue Regianus, à qui l’on attribue cette épigramme :
Ante bonam Venerem gelidæ per litora Baiæ.
Tlla natare lacus cum lumpade jussit Amorem.
Dum natat, algentes cecidit scintilla per undas. Hinc vapor ussit aquas : quicumque natavit, amavit.
« Avant la bonne Vénus, sur les rives de Baïes les eaux étaient froides. La Déesse ordonna à l'Amour de nager sur le lac en tenant sa torche. Pendant qu'il nage, une étincelle tombe dans les ondes glacées. Depuis lors une chaleur ardente pénétra ces eaux; quiconque y nagea, s’enflamma d’amour. » P. Pithou (Epigrammata et poematia vetera, 1 volume in-12, Paris, 1590) a donné l’épigramme sur les eaux de Baïes, à la page 73 de son livre Il, comme étant de Regianus; de même Burmann, dans son Anthologie latine (tome I, P- 476, épigramme xxvin du livre III), mais ce dernier avertit, dans une note, que l’auteur est nommé Regilianus par Saumaise.
17. Racine avait, comme on va le voir, beaucoup développé les quatre vers du poëte latin. De son imitation très-libre nous n'avons que le commencement, la fin de sa lettre s’étant perdue.
18. Le vers qui devait rimer avec celui-ci a été omis dans l’autographe. Quelques éditeurs ont ajouté avant le vers qui suit :
Tout en faisant un peu la moue.
JT. RACINE. vi 26
Cependant tous ses petits frères,
Les Amours qu'on nomme vulgaires, Peuple qu’on ne sauroit nombrer, Passoient le temps à folâtrer.
Ce seroit le perdre à crédit, que m'amuser à vous faire le détail de tous leurs jeux et de toutes leurs postures : vous vous imaginez bien quels peuvent être les passe-temps d'une troupe d'enfants qui sont abandonnés à leur caprice.
Vous jugez bien aussi que les Jeux et les Ris, Dont Vénus fait ses favoris,
Et qui gouvernent son empire, Ne manquoient pas de jouer et de rire“.