Racine avait d’abord écrit : « Je fus le voir
1 nous fit nos dépèches fort gravement, et après, quittant un peu de cette gravité magistrale qu'on doit garder en donnant de telles ordonnances, ilnous demanda : « Quid novi°? Que dit-on de l'affaire d'Angleterre‘? » Nous lui dîimes qu'on ne savoit pas encore à quoi le Roi se résoudroit. « Le Roi, dit-il, fera la guerre assurément ; car il n’est pas parent du P. Souffren‘!. » Nous lui fîmes lors la révérence et je fis bien paroître ? que je ne l'étois pas non plus; car je le regardai avec un froid qui montroit bien la rage où j'étois de voir un si grand quolibetier impuni. Je n’ai pas voulu en enrager tout seul; j'ai voulu que vous me tinssiez compagnie, et c’est pourquoi je vous fais part de cette marauderie. Enragez donc, et si vous ne trouvez point de termes assez forts pour faire des imprécations, dites avec l’emphasiste Brébeuf :
A qui, Dieux tout-puissants, qui gouvernez la terre, A qui réservez-vous les éclats du tonnerre ‘#?
Si vous ne vous hâtez de m'écrire, je vous ferai enrager tous les voyages par de semblables nouvelles. Écrivez-moi donc si vous m'en croyez, et faites'* de ma part à Mile Lucrèce le compliment latin dont je vous ai parlé, mais que ce soit en beau francois.