DE RACINE A L'ABBÉ LEVASSEUR
A Usez, le 28. mars 1662.
JE ne veux pas manquer à la parole que je vous ai donnée ‘ de vous écrire aujourd'hui, mais aussi je ne vous entretiendrai pas longtemps. L'incertitude où Je suis de la santé de M. l'Avocat fait que je ne sais de quelle façon vous parler ou comme à un homme triste, où comme à un homme de bonne humeur; et l'idée que j'ai toujours présente de la tristesse qui paroissoit dans votre dernière lettre m'empêche de vous en faire aucune qui soit tant soit peu enJouée. J'en ai recu une de M. Vitart cette semaine, et je viens * de lui écrire aussi. Il m'a envoyé une Lettre de M. de Luines pour les pairs *, que nous avions déjà vue en ce pays, et je suis toujours des derniers à savoir les nouvelles, quoique j'aie une correspondance aussi bonne que la vôtre. On ne parle en cette ville que de la merveilleuse conduite du Roi, du grand ménage de Colbert‘, et du procès de M. Fouquet, qu'on dit avoir été interrogé par
Lettre 26 (revue sur l’autographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — 1. Voyez ci-dessus la lettre 24, à la page 449.