Il étoit extrêmement maigre. (Note de Louis Racine
5. Jusqu'au lundi 26 mai. Ce fut en effet ce jour-là que le Roi partit de Luxembourg. Voyez le Journal de Dangeau, à la date du lundi 26 mai 1687. Berriat-Saint-Prix dit ici, dans une note, que ce passage montre « que la lettre a été écrite au moins trois jours avant celui qu’on avait fixé pour le départ du Roi... Il est donc clair, ajoute-til, qu’elle est non du 24, mais du 22. » Berriat se trompe : la date écrite de la main de Racine sur l’autographe n’est pas, comme il le croit, fautive, Racine dit que « le voyage est prolongé de trois jours,» parce qu’on avait d’abord annoncé le départ pour le 23. On lit dans le Journal de Dangeau : « Vendredi, 23 (mai 1687), à Luxembourg. M. le comte de Toulouse a la rougeole, et le Roi ne partira que lundi. Il est bien aise de voir la place à loisir, » |
l'examiner tout à loisir. Il a déjà considéré toutes les fortifications l'une après l’autre, est entré jusque dans les contre-mines du chemin couvert, qui sont fort belles, et surtout a été fort aise de voir ces fameuses redoutes entre les deux chemins couverts, lesquelles ont tant donné de peine à M. de Vauban. Aujourd'hui le Roi va examiner la circonvallation $, c'est-à-dire, faire un tour de sept ou huït lieues. Je ne vous fais point ici le détail de tout ce qui m'a paru ici de merveilleux : qu'il vous suffise que je vous en rendrai bon compte quand nous nous verrons, et que je vous ferai peut-être” concevoir les choses comme si vous y aviez été. M. de Vauban a été ravi de me voir, et, ne pouvant pas venir avec mol, m'a donné un ingénieur qui ma mené partout. Il m'a aussi abouché avec M. d'Espagne”, gouverneur de Thionville, qui se signala tant à Saint-Godard *, et qui m'a fait souvenir qu'il avoit souvent bu avec moi à l’auberge de M. Poignant ‘, et que nous étions, Poignant et moi, fort agréables avec feu M. de Bernage, évêque
6. « Samedi 24, à Luxembourg. Le Roiï fit le tour des lignes de circonvallation que le maréchal de Créqui avoit fait faire durant le
siége. » (Journal de Dangeau.) — Nous avons là une preuve irrécusable que Racine a daté sa lettre très-exactement. Voyez la note précédente.
7. Racine a écrit ferai peut-étre au-dessus de dépeindrai, qu’il a effacé.
8. Ce M. d’Espagne servait (à Saint-Gothard), comme major, dans le régiment de la Ferté, infanterie. (Wote de l'édition de 1807.) ‘— Suivant une note de Cizeron-Rival, c'était un « célèbre officier dans le corps du génie. »
9. La Gazette de 1664 suit partout pour ce nom la même orthographe que Racine : Saint-Godard, au lieu de Saint-Gothard. — Le combat de Saint-Gothard (petite ville de la basse Hongrie) fut livré le zer août 1664. Les Impériaux, grâce aux Français qui combattaient À côté d'eux comme auxiliaires, y défirent les Turcs.