‹ Œuvres de J. RacineChapitre 374 sur 390 · DE RACINE A BOILEAU · texte numérisé non relu

DE RACINE A BOILEAU

A Paris, ce 17. août [1687].

J'aczar hier au soir à Versailles, et j'y allai tout exprès pour voir M. Fagon, et lui donner la consultation de M. Bourdier. Je la lus auparavant avec M. Félix, et je la trouvai très-savante, dépeignant votre tempéra- ‘ment et votre mal en termes très-énergiques ; J'Y croyois trouver en quelque page : }Vumero Deus impari gaudet*. M. Fagon me dit que du moment qu'il s’agis-

Lerrre 74 (revue sur l’autographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — 1. « La Divinité aime le nombre impair. » (Virgile, églogue var, vers 75.) Bacine à bien écrit impari, au lieu de impare. — « On peut présumer, dit Berriat-Saint-Prix dans une note sur

soit de la vie et qu’elle pouvoit être en compromis, il s’étonnoit qu'on mît en question si vous prendriez le demi-bain. Il en écrira à M. Bourdier, et cependant 1l m'a chargé de vous écrire au plus vite de ne point vous baigner, et même, si les eaux vous ont incommodé, de les quitter entièrement, et de vous en revenir. Je vous avois déjà mandé son avis là-dessus, et il y persiste toujours. Tout le monde crie que vous devriez revenir, médecins, chirurgiens, hommes, femmes.

Je vous avois mandé qu'il falloit un miracle pour sauver M. Hessin ? : il est sauvé, et c’est votre bon ami le quinquina qui a fait ce miracle. L'émétique l’avoit mis à la mort; M. Fagon arriva fort à propos, qui, le croyant à demi mort, ordonna au plus vite le quinquina. Il est présentement sans fièvre : je l'ai même tantôt fait rire jusqu'à la convulsion, en lui montrant l'endroit de votre lettre où vous parlez du bachelier, du curé et du barbier*. Vous dites qu'il vous manque une nièce. Voudriez-vous qu’on vous envoyàt Mile Despréaux “? Je m'en vais ce soir à Marly. M. Félix a demandé permis-

la lettre de Boileau en date du 23 août 1687, que Bourdier insistait sur les jours intercalaires (les 3e, 5e, ge, 13e, r9°....), jadis si accrédités en médecine. »

2. Racine, d’ordinaire, écrit Hessin; mais ici, et dans la suite de cette même lettre : Hessins. Boileau écrit toujours Æessein.

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