Devant tant, il y a trente, effacé
4. Tout ce passage a certainement été écrit dans la pensée que Racine montrerait cette lettre au Roi.
6 voyée. Jusque-là je ne puis rien vous dire sur mon départ. On me fait toujours espérer ici une guérison prochaine; et nous devons tenter le demi-bain, supposé que M. Fagon persiste toujours dans l'opinion qu’il me peut être utile. Après cela, je prendrai mon parti. Vous ne sauriez croire combien je vous suis obligé de la tendresse que vous m'avez témoignée dans votre dernière lettre : les larmes m'en sont presque venues aux yeux, et quelque résoluton que j'eusse fait * de quitter le monde, supposé que la voix ne me revint point, cela m'a entièrement fait changer d'avis : c’est-à-dire, en un mot, que je me sens capable de quitter toutes choses, hormis vous. Adieu, mon cher Monsieur. Excusez si je ne vous écris pas une plus longue lettre. Franchement je suis fort abattu ; je n'ai point d’appétit; je traîne les Jambes plutôt que je ne marche; je n'oserois dormir, et suis toujours accablé de sommeil. Je me flatte pourtant encore de l'espérance que les eaux de Bourbon me guériront. M. Amyot est homme d'esprit et me rassure fort. Il se fait une affaire très-sérieuse de me guérir, aussi bien que les autres médecins. Je n'ai jamais vu de gens si affectionnés à leur malade, et je crois qu'il n'y en a pas un d’entre eux qui ne donnàt quelque chose de sa santé pour me rendre la mienne. Outre leur affection, il y va de leur imtérêt, parce que ma maladie fait grand bruit dans Bourbon. Cependant ils ne sont point d'accord, et M. Bourdier lève toujours des yeux très-tristes au ciel quand on parle de bain. Quoi qu'il en soit, je leur suis obligé de leurs soins et de leur bonne volonté; et quand vous m'écrirez, je vous prie de me dire quelque chose qui marque que je parle bien d'eux. M. de la Chappelle Ÿ m'a écrit une lettre fort obligeante, et m’en-