Énéide, livre VII, vers
Mais Homère ne dit pas que ce fût pour éclairer; car il dit que ce bois brüloit au foyer :
USp pèv ë7” Éopapéguv péya xalero, for à ddr, ete. [Vers 59.1]
Il semble qu'Homère a voulu dire que cette île n’étoit habitée que de Calypso, car il ne parle point des habitants. Elle demande donc à Mercure ce qu’il veut : Car, dit-elle, vous ne veniez pas souvent ici. Elle le fait manger, et puis après il lui répond ainsi :
Etpur&s p’ EAGôvra, 0eù, Oeév. [Vers 97.]
Vous m'interrogez, dit-il, moi qui suis dieu, et vous déesse ; c'est-à-dire vous savez bien ce que j'ai dans l'esprit; car, comme il à dit devant que les Dieux se connoissent bien les uns les autres :
OÙ yép r dyvtés ve Deot SLotor réovrot [vers 70],
il veut dire ici qu'ils lisent chacun dans leurs pensées : c’està-dire, vous m'interrogez, moi qui lis dans votre âme, et vous qui lisez dans la mienne, et qui savez aussi bien que moi tout ce qui se passe entre les Dieux. Mais je vous le dirai pourtant, puisque Jupiter m'a donné cette commission bien malgré moi; car qui se plairoit à passer un si grand espace de mer, où il n’y a point d'hommes qui fassent des sacrifices ? On diroit que les temples fussent autant d’hôtelleries pour les Dieux, et que pour cette raison c’est autant que si Mercure disoit qu'il n’a bu ni mangé depuis qu'il est parti du ciel. Mais, ditil, il ne faut pas qu'aucun des Dieux ait la pensée de désobéir à Jupiter. On voit en plusieurs endroits de l’//iade combien Jupiter étoit absolu, et comme Junon et Neptune son frère l’appréhendoient. Et ainsi on peut dire que l'empire des Dieux étoit monarchique !.
I lui dit donc que Jupiter veut qu’elle renvoie Ulysse. Cette parole la fait tressaillir, féynoev [vers 116], ce qui marque qu'elle aimoit beaucoup Ulysse.
1. Isoerate, Wicocl. Aëyerar xat robe Oeods brd rod Atos Baarkebeodar. (Note de Racine.) — Voyez le Wicoclès d’Isocrate, chapitre vr, à la . page 32 de l'édition d'Henri Estienne (1593).
En effet, elle répond que les Dieux sont inhumains et jaloux plus que personne, puisqu'ils ne veulent jamais souffrir que les Déesses aiment des hommes :
Zyéthuol êore, Ocot, EnAtpoves Éoyov LA, Offre Oeus dydacde rap” dvôpdat edvéeclar Apoadlnv, % tue te plhov rovoer” &rolenv. [Vers 118-120.]
Ainsi, dit-elle, quand l’Aurore prit Orion pour mari, VOUS lui portâtes envie, jusqu'à ce que la chaste Diane l’eût tué de ses flèches. Ainsi, quand Cérès aux beaux cheveux coucha avec Jason pour satisfaire son amour :
7Q Ou d'Exou, lyn pÜérart no edvñ [vers 126],
Jupiter ne fut pas longtemps sans en être averti, et le tua d'un coup de foudre. Vous êtes fâchés* tout de même que j'aie auprès de moi un homme que j'ai sauvé de la mort, lorsque Jupiter brûla son vaisseau, où tous ses compagnons périrent ; car je le recueillis ici, et l’ai nourri avec grand soin, et l'ai aimé.
Thv pèv Eyd plhsév te zaù Etpepoy, AE Épaxov | Ohostv dévarov aa dyhpaov-Huata révra. [Vers 135 et 136.]
Mais puisqu'il n’est pas permis aux Dieux mêmes de dés- . obéir à Jupiter, eh bien! qu’il s’en aille; car pour le renvoyer je n’ai point de vaisseau, mais je l’assisterai de mes conseils. Mercure dit qu’elle fait bien, et s'envole aussitôt. Elle va chercher Ulysse, qu’elle treuve en cet état où il étoit, et qu'Homère décrit encore plus exactement :
Tov d do” x” durs edpe xadfuevov® oddÉ or’ Üooe Aoxpdopty TÉpoovro* rarel6ero DÈ Yhuxds alov Nôstov édupouévw, rel odxétt Hvdave Non.
AAN rot vüxTas LÈV ladeoxev at àvéyan © Ev oxésot Yhapupotor rap” oùx é0EAwV &0ekobon ’Hpora d dv rétenor ot iévesot xalQwv [vers 151-156],
et le reste de ce qu'il a dit auparavant.
Ses yeux, dit-il, n’étoient jamais secs, et les plus beaux de