‹ Œuvres de J. RacineChapitre 71 sur 390 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

Vous voulez que vos habits soient bien propres quand vous paroissez en public. Tout de même j'ai cinq frères qui sont bien aises quand ils vont au bal d’avoir des habits honnêtes ; j'ai soin de tout cela, dit-elle; car elle n’ose pas nommer le nom du mariage :

Qc Épar': aldero yap Oakepby yéuov Aovoutivar art pl: 6 DÈ révra véer. [Vers 66 et 67.]

Mais il se douta bien de tout, et commanda qu’on lui attelât un chariot, ce qui est exécuté, et sa mère lui met des viandes dans une corbeille, et du vin dans une peau de chèvre, et lui donne aussi de l'huile dans une lampe d’or, afin qu’elle se frottât elle et ses servantes. Elle monte sur le chariot, prend‘ les rênes et le fouet; ses mulets courent aussitôt, et elle arrive aux bains, où ses servantes laissent paître les chevaux le long du rivage. Cependant elles lavent tous leurs habits dans le bain, qui étoit de l’eau du fleuve, et après les étendent au soleil sur le gravier du rivage. Elles se lavent et se frottent d'huile, et dinent ensuite. Après elles jouent à la balle; c’est comme aujourd’hui à la raquette : elle jetoit une balle, et c’étoit à qui la retiendroit. Cependant on chantoit, et il semble que l'on jouât à la cadence; car il dit que Nausicaa commença la chanson, et il la compare à Diane. Telle qu'est Diane, dit-il, qui se plaît aux flèches sur une montagne, ou sur le haut Taygète ou sur l’Érymanthe, se plaisant à poursuivre les chevreuils et les biches légères. Et autour d'elle les Nymphes champêtres, filles de Jupiter, se jouent :

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Ilasdwv à bnèo ye xdpn yet AO LÉTUTE,

Peta d Spryvorn Réetor, xahal dé te nâoa. [Vers 10-108.

Voilà la traduction de Virgile, au [livre] r. de l’Énéide? :

Qualis in Eurotæ ripis aut per juga Cynthi Exercet Diana choros : quam mille secutæ Hinc atque hinc glomerantur Oreades; illa Pharetram

1. Racine par mégarde a écrit : prenne, au lieu de prend. 2. Vers 498-503.

Fert humero, gradiensque Deas supereminet omnes ; Latonæ tacitum pertentant gaudia pectus :

Talis erat Dido.

Il faut que ce soit de cet endroit que parle Pline, p. 630 : [Apelles| pinxzit Dianam sacrificantium virginum choro mistam, quibus vicisse Homeri versus videtur idipsum describentis\.

Os Fy° dupirédotor perérpere rapÜévos dus. [Vers 109.]

Mais lorsqu'elle étoit prête à s’en aller, Minerve, voulant qu'Ulysse s’éveillât et qu’il vit cette belle fille, eè4m19x xoUpnv?, afin qu'elle le conduisît à la ville, s’avisa de cette invention. La princesse jeta la balle à ses servantes: mais elle les manqua, et la balle tomba dans le fleuve. Ces filles firent un grand cri, et Ulysse s’éveilla. 11 songe d’abord en quel pays il est venu : il ne sait s’il est parmi des barbares et des insolents, ou des hommes civils aux étrangers et craignant Dieu. Il ne sait non plus s’il a oui la voix des Nymphes ou de quelques filles. Pour s’en éclaircir, il va droit à elles, et arrache quelques branches pour couvrir sa nudité.

Il s’en va vers elles comme un lion farouche, épes{rpoyos#, et hardi, & reroibus, qui, après avoir enduré le vent et la pluie, s’en va tout furieux chercher à manger :

“Ocr’ eto” béuevos a Sfuevos - 2v DE of Dose

Aalerar- aôtèp 6 Bouoly Érépyerar, Aéteoatv,

PHÈ per’ &ypotépas Evous - x£Xetar dé E YasThp,

Mhluv rephoovra ol &ç nuxuvby dépov EXDetv. [Vers 131-134.]

Ainsi vint Ulysse parmi ces filles, tout nu qu’il étoit, car la nécessité l’y forçoit; mais il leur parut terrible, étant tout couvert de l’écume de la mer. Et elles s’enfuirent toutes, qui decà, qui delà, le long de la rivière. La seule Nausicaa demeura ferme :

1. Livre XXXV, chapitre x (dans d’autres éditions, chapitre xxxvi). La page indiquée par Racine nous fait connaître l’édition dont il s’est servi : c’est l’édition in-folio de Lyon, MDLIIT.

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