PLAINTE SVR LE TRB8PA8 DE FBT
Du sien sauoir.
Par eux peult on la congnoissance auoir, Et clerement lire, entendre, et sauoir Se ie dy vray, on l'ha peu pieça voir.
Plume dorée Auoit en main, digne d'estre adorée.
De sa façon gaillarde, est demoaree Mainte escriture, aussi bien labourée,
Que iamais l'eusse.
Pleust or à Dieu, qu'assez bonne ie leusse Et pour son loz tel œuuvro faire deusse, Qu'au mont Olympe introniser le seensse.
Clere bien lettré Et sage estoit, de langage accoustré Si prompt, que quand en propos fust entré Son dire Tenet tressauant demonstré.
Bon Grec parloit, Et beau Latin aussi quand il vouloit, Du maternel son escrit tant valoit, Qu'vn tout seul mot amender n'y failloit.
En chant ioyeux S 'esiouyssoit, et sons harmonieux.
Si voulentiers il chantoit, qu'en tous lieux, De ses ennuys se rendoit oublieux.
Flustes sonna Gaillardement, dont le son resonna Si gorgias, que bonne raison ha Dire que Pan au ieu le façonna.
Grand fut et droit.
Proportion ayant par tout endroit.
Zeuxis viuant, quand pourtraire voudrait Bel homme au vif, ie croy qu'il le prendroit.
Si gracieux,
VESSIES GVILLAVME DE BYSSIPAT. 139
Bon et honneste estoit, que tons ha cieux Homme ne scay, plus que luy soucieux Hanter le§ bons, et fojr vicieux.
Des armes prendre Ne luy failloit, fart militaire apprendre.
Le voir armé, sembloit bien au comprendre Homme de coeur, pour bon (1) œuure entreprendre.
Bruit et renom D'immortel loz, ne doit pas perdre nom.
C'est vn Guillaume, il en portoit le nom, Dont mieux l'aymoye, et estoit son surnom
De Byssipat.
Qui e'ust pensé, que Mort anticipast Ainsi sa vie, et si tost dissipast, Ou l'eust garde qu'il ne s'esmancipast ?
Faalse diablesse, Tu as occis vn fleuron de noblesse, Dont le remors en débile foiblesse Rend tous mes sens, en bonne foiblesse
Tant mon esprit, Qu'à bien peu près, il se perd et périt, Considérant en ce cours prétérit :
Homme élégant, si doit et si périt, .
Beau, ieune, et fort, Estre en fleur d'aage, atteint par tel effort, Bien doy or' estre en dolent desconfort, Et de regret faire piteux renfort.
Helas Viconte, Tant ie te plaings, de long temps ne vy Conte Duc, ou Marquis, plus digne d'estre en conte D'homme exaulcé, que toy sans nul mesconte.
(1) bonne (éd. 1516 et 1528).
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Lisfe (1) Chimère, Cruelle mort, quelle douleur amere Fais tu porter à sa dolente mère î Dame, il n'y ha parente ne commère,
Qui n'accompaigne Vous, et aussi la leale oompaigne.
Le cœur, et l'œil, de chacune se baigne En eaue de pleurs. Larmes de longue espargne
Faut qu'on distille, Et de plourer, apprendre nouueau stjle.
En maudissant le bras, et main hostile, Qui de sa vie ont rompu la bastille.
Tristes cœurs pleins De desconfort, plaingne* ce que ie plains.
Aigres clameurs iettes par champs et plains, Si que chacun entende noz complainte.
L'aduersité Du repentin cas fatal recité, Me rendit lors en la perplexité D'aspre despit : parquoy fus excité
Me mettre en couche :
Ou l'aguillon de dure et fiere touche, Les cœurs naurez si treffort pique, et touche, Que le plus sain, par tristesse en accouche. (2)
Ainsi resuant Sur ce propos, ma douleur agrauant, Deliberaj prendre dorenauant Noire couleur, et la mettre en auant,
(1) Liée (chienne) en éd. 1516 et 1528.
(2) C'est, sans doute, par de telles bizarreries qu'Est. Pssquier retrouve Guillaume Crétin dans Raminagrobis. V. Pantagruel III, 21 et 23.
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Pour à mon vueil Manifester l'excès de ce grief dueil, Plaindre du cœur, et fort larmoyer d'oui, Comme ie fusse enuiron le sercueil
Du trespassé.
Et lors qu'ainsi eus quelque temps passé, Sentant courroux sur tristesse entaseé, Par double ennuy aigrement compassé,
Là m'endormy, En regretant le mien teal amy :
Mais en l'instant d'vn moment et demy, Ma fantasie au loing vola parmy
Nymphes et Dieux, En vu mont haut, sur tous terrestres lieux, Ou celebroient l'obseque à qui mieux mieux, Chantant motetx de sons harmonieux,
Et doux accords Pour le defunct, dent ores fris records. (1) Si apperceu tout à lentour du corps, Là translatées les Muses sans discorda,
lettans leurs yeux Par fois sur luy, puis l'esleuoient aux cieux, Et d'vn vouloir honneste, et gracieux, Le gardoient, comme vn trésor précieux.
Or en ce mont, Dit Parnassus, ainsi que plusieurs m'ont Certifié, il y ha du bien moult Qui le regard et appétit semond.
En cedit lieu Estoit le Roy Iuppiter au mylieu,
(1) dont je parle maintenant.
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Séant en throne : et ainsi que de vœu (1) Fut là de tous adoré, comme Dieu
Souuerain père :
Auprès do luj estaient en ce repaire Grâce, Vertu, et Fortune prospère, Victoire, Honneur, Amour, qui tout tempère,
£t Renommée.
Phebus, Diane, Aurora bien amee, Vesta, Tethjs, Cybele, aussi nommée Mère des Dieux, et Isis tant famée :
Le grand Atlas, Mercure, Pan, Orpheus, non pas las, Dame Iuno, Venus, aussi Pal las.
Ne fust ce dueil, les voir m estoit soûlas.
Puis Eolus Chiron Centaure, et le doux Zephjrus, Auec Flora, Sjluanus, Neptunus, Père Liber, Bacchus, aussi Ianus.
Dieux, Demydieux, Nymphes, Tritons, sortirent de leurs lieux, Pour venir là, grans, petis, ieunes, vieux, Délibérez et bien fort enuieux
De satisfaire Au haut vouloir de Iuppiter, pour faire L'ouurage empris, et par amour refaire Ce que Discord, auoit osé deffaire.
Si fut mandé Et par le Roi enioint et commandé Que si le corps estoit recommandé D'aucuns des Dieux, par eux fust demandé
L'heur de sa queste.
(\) ex voto y comme par prières.
MttSlftB GVILLAUHK DE BYSSIPAT. 148
Les Muses lors, qui auoient fait l'enqueste De son sauoir, et songneuso conqueste, Vont suppliant, par treshumble requeste,
Palme et couronne *
De Laurier verd, pour leur fllz et alumne.
Et en blasmant, Mort diuerse et félonne, Certains dittez aur Marbrine colomne
Feirent grauer En lettre d'or, à fin de mieux prouuer Leurs intendis, et raisons approuuer.
Si fut contente à l'œuure se trouuer
Pour la première Dame Glio ouuriere coustumiere, Gestes et faits des preux mettre à lumière»
Du temps iadis, et de bonne manière
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