A MONSIEVR MAISTRE FRANÇOIS LE ROUGE
Conseiller ordinaire, et maistre des Requestss d$ la Royne nostre sonusraine Dams.
En la an de mon troisième liure des Illustrations de France, iay bien voulu à la requeste et persuasion daucuns mes bons amis, adiouster les œuures dessusecrites. Et mesmement les communiquer à la chose publique de France, et de Bretaigne : à fin de leur monstrer par especiauté, comment la langue Gallicane est enrichie et exaltée, par les œuures de monsieur le trésorier du boys de Vincennes, maistre Guillaume Crétin : tout ainsi comme la Musique fut ennoblie par monsieur le trésorier de saint Martin de Tours, Ockeghem, mon voisin, et de nostre mesme nation. Et pource que Rhétorique, et Musique sont vne mesme chose, et que le langage Latin, Toscan, et François, se rapportent lun à lautre, tout ainsi comme vne petite trinité : et quen ces trois expériences, et en toute autre literature ta doctrine est experte, et indifférente oultre le tien langage naturel de Bretaigne Armorique (laquelle est vray Troyen, comme ie puis imaginer) à ceste cause pour lhonneur et reuerence que ie doy à ton humanité, ie désire que la vérité soit congnue par toutes nations Gallicanes ; et non seulement pour ceste cause, mais à fin que par le tien moyen et bonne ayde ie puisse paruenir à description et illustration de Bretaigne Armorique, laquelle est vne