Tome V
aïo VENCESLAS,
THÉODORE
Quel?
ALEXANDRE
Croyant que Gassandre étoit de la partie.
THÉODORE
A peine deux momens ont suivi sa sortie.
ALEXANDRE
Et sachant à quel point ses charmes lui sont doux , Je l'avois averti de se rendre chez vous, Pour vous solliciter vers l'objet qu'il adore D'un secours que je sais que Ladislas implore. Vous connoissez le prince, et vous pouvez juger Si sous d'honnêtes lois Amour le peut ranger : Ses mauvais procédés ont trop dit ses pensées; On peut voir l'avenir dans les choses passées. Et juger aisément qu'il tend à son honneur , Sous ces offres d'hymen, un appas suborneur. Mais, parlons pour le duc : si je vous sollicite De la protection d'une ardeur illicite, N'en accusez que moi; demandez-moi raison Ou de son insolence ou de sa trahison. C'est moi , ma chère sœur , qui réponds à Cassandre D'un brasier dont jamais on ne verra la cendre. Et du plus pur amour de qui jamais mortel Dans le temple d'hymen ait encensé l'autel. Servez contre une impure une ardeur si parfaite.
THÉODORE, s' appuyant sur Léonor.
Mon mal s'accroît, mon frère; agréez ma retraite
(Elle sort avec Le'onor.) ALEXANDRE.
O sensible contrainte ! ô rigoureux ennui ! D'être obligé d'aimer dessous le nom d'autrui !