‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 178 sur 465 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

Que vous m'avez promise et que j'ai poursuivie.

(A part.)

Au défaut de celui qu'on te refusera , J'ai du sang , cher amant , qui te satisfera.

VENCESLAS

Vous ne pouvez douter, duchesse, et vous, infante,

Que, père, je voudrois répondre à votre attente :

Je suis par son arrêt plus condamné que lui ,

Et je préférerois la mort à mon ennui :

Mais d'autre part je règne, et , si je lui pardonne,

D'un opprobre éternel je souille ma couronne;

Au lieu que , résistant , à cette dureté

Ma vie et votre honneur devront leur sûreté.

Ce lion est dompté : mais peut-être, madame.

Celui qui , si soumis , vous déguise sa flamme ,

Plus fier et violent qu'il n'a jamais été ,

Demain attenteroit sur votre honnêteté ;

Peut-être qu'à mon sang sa main accoutumée ,

Contre mon propre sein demain seroit armée.

La pitié qu'il vous cause est digne d'un grand cœur;

Mais, si je veux régner, il l'est de ma rigueur :

Je vous dois malgré vous raison de votre offense.

Et, quand vous vous rendez, prendre votre défense.

Mon courroux résistant, et le vôtre abattu,

Sont d'illustres effets d'une même vertu.

i66 VENCESLAS,

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