SCÈNE III
SIROÈS, PALMIRAS, PHARNACE, MARDESANE, SARDARIGUE, Gardes.
SIROÈS
Le voici. Tout son crime est l'orgueil d'une mère , Et mon ressentiment soutient mal ma colère.
(A Mardesane.)
Enfin , vous avez mal observé mes avis , Prince ; il vous seroit mieux de les avoir suivis ; Voyez comme du sens l'ambition vous prive ; Je vous ai bien prédit ce qui vous en arrive , Et qu'il vous importoit de ne m'épargner pas , Si, de ses faux brillans goûtant trop les appas, Vous vous laissiez gagner aux conseils d'une mère.
396 ' COSROÈS,
Qui, pour vous trop aimer, ne vous oblige guère; Enfin suis -je avec droit d'un empire jaloux , Et le sceptre de Perse est -il un faix bien doux?
MARDESANE.
Pour avoir pu goûter la douceur qui s'y treuve , Il en eût fallu faire une plus longue épreuve.
SIROÈS
L acceptant , vous deviez vous consulter un peu.
Ne vous doutiez -vous pas qu'un sceptre é'toit de feu ,.
Et qu'y portant la main il vous seroit nuisible ?
MARDESANE.
En effet , cette épreuve en vous-même est visible , Quand pour l'avoir touché vous brûlez de courroux.
SIROÈS
Mais par quel droit encor vous en empariez - vous ?
MARDESANE.
Par droit d'obéissance , et par l'ordre d'un père.
SIROÈS
Contre un droit naturel quel père m'est contraire ?
MARDESANE.
Quel ? le votre et le mien qui , juge de son sang , A selon son désir disposé de son rang.
SIROÈS
Il a fondé ce choix dessus votre mérite.
MARDESAWE.
Je n'ai point expliqué la loi qu'il m'a prescrite.
SIROÈS
Vous exécutez mal la foi que vous donnez ; Je vous la tiendrai mieux que vous ne la tenez.